« Le non-sens pédagogique des classes préparatoires aux écoles dites ‘grandes’ », par Jean-François Minot et Bernard Frouin

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Paris, avril 2009

Pour avoir pu être une bonne idée lors de leur création, certaines structures deviennent avec le temps néfastes. Il convient alors de les réformer ou de les remplacer. Nous allons étudier ici le cas des classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE).

L’institution militaire fut la première, sous l’Ancien régime, à mettre en place des concours pour l’accès au Génie, à l’Artillerie et à la Marine. L’idée était d’améliorer le recrutement en sélectionnant les jeunes gens par le mérite. Les écoles et leurs préparations se développèrent et le terme de « grande école » apparut pendant la Révolution française. Par principe, les concours sont largement ouverts, ce qui donne plus de chance de garder les meilleurs. Ils sont fondés sur un programme de connaissances ou d’aptitudes auquel il convient de se préparer. D’où les classes préparatoires.

Aujourd’hui, ce système est devenu nocif pour des raisons à la fois individuelles et collectives.

Raisons individuelles :

Il est évident que les concepts éducatifs ont évolué depuis un siècle. On s’est aperçu que l’enfance et la jeunesse sont des moments éducatifs déterminants et que l’on ne peut pas faire n’importe quoi. Rechercher l’émulation chez l’enfant est une bonne chose, organiser une compétition à outrance est une erreur qui devient inacceptable au moment où les jeunes gens sont de plus en plus précoces. Les conséquences s’échelonnent sur trois niveaux : appauvrissement durable des sensibilités dû à l’abrutissement pendant deux ou trois ans sur des matières trop spécialisées ; infantilisation prolongée due au parcage des CPGE dans les lycées ; traumatismes psychologiques provoqués par la difficulté excessive, le surmenage et les échecs ; égotisme conformiste exacerbé des gagnants et rancœur sclérosante des perdants.

Le principe des CPGE est un sacrifice des plus belles années de la jeunesse et du souci d’autrui en échange d’une hypothétique rente de situation. Les conséquences psychologiques pèseront sur l’existence entière. C’est Faust inversé : je vends ma jeunesse pour devenir vieux ! L’Etat n’a pas à organiser cette aliénation consentie (mais plus ou moins imposée dans certains milieux) au moment du passage à la majorité de 18 ans.

Tout au long du cursus scolaire, la dépréciation des uns versus la valorisation des autres est devenue une regrettable fatalité. On ne peut pas exister sans avoir droit à un épanouissement qui lui-même n’est pas possible sans une image positive de soi. L’actuelle généralisation de la compétition est une aberration car elle crée des victimes définitives : d’une part, celles et ceux qui ont été exclus de cette compétition ; d’autre part, celles et ceux qui y ont participé mais s’y sont brûlés les ailes.

Raisons collectives :

Le problème majeur des CPGE est l’inégalité d’accès. Les journalistes Thomas Lebègue et Emmanuelle Walter décrivent l’édifice actuel dans Grandes écoles : la fin d’une exception française. Au lieu de participer à la démocratisation de l’enseignement, les CPGE sont devenues des chasses gardées. Les milieux aisés ou bien renseignés ont compris que c’était un excellent moyen de se réserver les hautes rémunérations et il en a résulté un quasi-système d’initiés : il ne s’agit pas seulement de s’inscrire à une CPGE, mais d’être dans un lycée qui prépare aux CPGE, puis d’intégrer les meilleures CPGE. Du même coup, les universités deviennent le parent pauvre de l’Education Nationale. Moins de moyens sont accordés par étudiant et les débouchés restent limités, voire inexistants selon les domaines. C’est toute la relation au travail qui est fragilisée : qu’ils soient originaires d’une autre culture, d’un milieu défavorisé ou d’un groupe aisé, maints jeunes gens, conscients de l’absurdité de la compétition à outrance génératrice d’un élitisme désincarné, perdent tout esprit d’émulation.
Les CPGE induisent inévitablement un système à deux vitesses non-démocratique. A tel point que l’Europe ne s’oriente en aucune façon vers celui-ci. D’aucuns disent que les CPGE disparaîtront à terme du fait des Directives européennes instituant le cursus LMD (Licence, Master, Doctorat).

Un autre problème est la déperdition considérable dans le domaine des sciences et des lettres. L’appauvrissement individuel entraîne un appauvrissement collectif. Les lettres disparaissent au profit des sciences et une grande partie des meilleurs jeunes gens scientifiques – qui feraient d’excellents chercheurs – est happée par la finance et le management où les rémunérations sont nettement plus élevées.

Combien de temps cela va-t-il durer ? Changer une institution nationale est très difficile car, avec le temps, elle a fini par imprégner toutes les mentalités. Les résistances sont à la hauteur des enjeux économiques. En attendant, les souffrances individuelles et collectives s’accroissent, le fil se tend de plus en plus dangereusement entre deux mondes contradictoires : une minorité uniformisée enfermée dans sa tour d’ivoire, une majorité multiple désinvestie.

Analyse politique :

Il semble que la gauche en général et le parti socialiste en particulier n’aient jamais posé le problème de ces écoles et réfléchi à une alternative qui serait davantage en accord avec les principes qui doivent nous guider collectivement : égalité des chances, équité, respect de la personne humaine.

Bizarrement, nous renforçons, par un discours conformiste, un système que nous devrions dénoncer et auquel nous devrions tenter d’apporter des solutions. Nous approuvons l’existant comme si nous le considérions comme nécessairement immuable. L’entrée des diplômés des grandes écoles dans la gestion du Parti socialiste fut même l’un des leviers de la conquête du pouvoir en 1981. On s’étonne ensuite que nous soyons coupés des classes populaires !

Avec le LMD (Licence, Master, Doctorat), l’université française s’est mise aux normes des universités européennes, et il est à présent beaucoup plus facile pour un étudiant d’aller étudier à l’étranger et de faire reconnaître ses diplômes.

L’ironie de l’histoire est que les passerelles deviennent presque plus faciles à franchir à l’intérieur de l’Union Européenne qu’au sein même de notre propre système franco-français d’enseignement supérieur compartimenté.

Comment accepter, pour des socialistes, un protocole qui creuse les inégalités et favorise un élitisme fondé sur les mathématiques et la perspicacité parentale ? Comment pouvons-nous nous contenter de la proposition de montages sans concours pour permettre à quelques jeunes issus de zones défavorisées d’entrer dans des institutions auxquelles ils n’avaient pas accès auparavant ? Le succès du plus grand nombre doit-il être sacrifié sur l’autel de la réussite d’une minorité devant lequel nous allons nous prosterner mais qui ne justifiera pas le formidable échec dans les autres lieux de savoir qui n’auront pas reçu le soutien nécessaire.

On remarquera d’ailleurs que cet élitisme de sortie d’études s’inscrit dans une inégalité qui commence dès le début de la scolarisation. On sait maintenant que les jeunes enfants de deux ou trois ans qui ne vivent pas dans une pratique familiale du français oral risquent d’être définitivement défavorisés pour l’acquisition de l’écrit. L’écrit s’acquiert à partir d’un minimum de maîtrise du vocabulaire parlé.

Au moment où la droite s’attaque à la recherche et aux chercheurs, au moment où elle tente de transformer les universités en entreprises gérées davantage par des présidents-patrons plus soucieux de la réussite financière que de la réussite humaine et intellectuelle de l’ensemble du pays, la gauche n’a pas le droit de se taire et d’accepter des systèmes qui écrasent et divisent, qui sont source de toutes les inégalités, et qui relèvent d’archaïsmes au regard des évolutions pédagogiques en Europe.

Accepter le système actuel avec la bonne conscience que l’on s’accorde, en donnant quitus à la discrimination positive d’inspiration sarkozyste, c’est se voiler la face et se dédouaner de toute réflexion globale sur notre système d’enseignement supérieur. Ne pas poser le problème d’une grande université française rassemblant tous les savoirs, toutes les compétences et tous les jeunes sortant du lycée avec le baccalauréat, c’est s’éloigner de l’idée que tout socialiste doit avoir de l’enseignement prodigué au plus grand nombre pour une plus grande égalité des chances.

Le morcellement actuel de notre enseignement universitaire est source d’inégalités : inégalités de moyens, inégalités de niveaux, inégalités de diplômes et finalement, inégalités devant l’avenir pour des centaines de milliers d’étudiants qui, tout comme ils n’affichent pas la bonne adresse familiale, ne peuvent arborer, sur le plan académique, l’adresse qui leur permettra de décrocher l’emploi qu’ils seraient en droit d’obtenir à niveau égal.

Le parti socialiste se doit d’ouvrir ce débat en son sein, puis dans la société afin, à la fois de stopper cette course effrénée vers un élitisme délétère et de revenir au principe essentiel de l’égalité devant l’accès au savoir et aux métiers, sans privilèges ni discriminations quels qu’ils soient.

Jean-François Minot, Biophysicien, Section PS 12ème arrdt

Bernard Frouin, Université Paris 12, Section PS 12ème arrdt

 

Sur cette thématique, voir aussi l’article d’Annie Kahn sur le site du Monde : « Dans les grandes écoles, mieux vaut être boursier que fille » (6 mars 2010).

    19 commentaires à l'article “« Le non-sens pédagogique des classes préparatoires aux écoles dites ‘grandes’ », par Jean-François Minot et Bernard Frouin”


    1. leuck olivier

      Bonjour,
      que de clichés !! Je vous invite à quitter la sphère parisienne, à venir en province (à Belfort plus précisément) pour rencontrer ces jeunes étudiants qui en ce moment s’abrutissent en suivant des cours de mathématiques, physique, science de l’ingénieur, français …

      Vous ignorez sans doute qu’il existe des CPGE ailleurs que le 5 ième arrondissement de Paris.
      Je vous demande de venir tout simplement exposer vos arguments dans une prépa de province d’un lycée technique et pas simplement d’accumuler les clichés et autres affirmations gratuites.

      Très cordialement
      Un enseignant qui est ravi de constater que son travail se résume à un abrutissement d’élèves hyper favorisé.

    2. Saudrais

      Bonjour,

      vous faites état de conséquences psychologiques graves sur les élèves de CPGE (« traumatisme psychologique »). Vous êtes des universitaires rigoureux, je n’ose imaginer que vous vous borniez à reportez de simples rumeurs; pourriez-vous précisez sur quels types d’établissements vos enquêtes ont porté ? Sur quels types de CPGE (sciences, lettres, HEC) ? Combien d’élèves vous avez interrogé ?

      Je serais intéressé de lire la « matière première » qui a servi à l’élaboration de votre texte, car je n’y reconnais pas du tout le vécu des élèves que j’ai eu l’occasion d’encadrer depuis le début de ma carrière en CPGE.

      Cordialement et dans l’attente de vous lire

      E.S.

    3. Olivier V

      Bonjour,

      J’abonde dans le sens des réponses précédentes: que de clichés! Combien de vérités assénées sans aucun fondement. Le fait que des journalistes aient écrits sur la non-équité des CPGE ne constitue pas par essence une preuve de cette non-équité… Vous semblez ignorer que depuis leur création (le 18ème siècle d’après vous) le contexte des CPGE a énormément évolué, pour aujourd’hui faire partie d’un système parfaitement républicain, proposant un concours identique pour des élèves venus de tous horizons (de toutes classes sociales, de toutes nationalités).
      - Au lieu de parler des échecs traumatisants vécus en CPGE, pourquoi ne dites-vous pas que ce taux d’échecs est le plus faible de toutes les formations supérieures? (sous-entendez-vous par ailleurs que les échecs dans les autres sections sont moins traumatisants??)
      - Vous pourrez également préciser que le nombre de places disponibles en écoles d’ingénieur est environ égale au nombre d’élèves de classes préparatoires. Celles-ci vont seulement orienter les meilleurs éléments vers les écoles les plus compétitives;
      - Les CPGE constituent un ascenseur social des plus efficaces, regardez pour cela le pourcentage d’élèves boursiers dans ces sections! Et si malheureusement beaucoup d’élèves se limitent en ne choisissant pas de CPGE pour leur cursus, vous écrivez vous-même que la « sélection » des élèves se fait par eux-même, bien avant le choix de formation à faire au baccalauréat. Vous confondez cause et conséquence.
      - Les CPGE en tant qu’ascenseur social fonctionnent, le problème est que peu de monde ose le prendre (l’ascenseur…) par manque d’information, et notamment par des propos comme les vôtres qui entretiennent l’image d’une formation ante-diluvienne, ultra élitiste, ce qu’elle n’est plus, depuis longtemps;
      - Il est évident que pour accéder à des métiers comme ingénieur ou pilote d’avion, le niveau d’investissement après le baccalauréat est important (investissement en terme de travail, vous l’aurez compris, puisque les études en CPGE sont gratuites). Au lieu de stigmatiser les CPGE, apprenez d’abord à nos jeunes à avoir de l’ambition, à croire en eux;
      - Et enfin, vous parlez « d’abrutissement » des élèves, ce qui est extrêmement désobligeant à leur égard, ainsi que pour leurs enseignants. Encore une fois, jetez un donc œil sur les programmes des CPGE, et sur les choix d’orientation possibles: on peut privilégier la technologie, la physique, le français, l’économie, les maths, pour choisir sa CPGE, et ce choix étant fait, la formation comporte encore 6 ou 7 disciplines mêlant sciences « dures », littérature, etc… Acquérir des connaissances fondamentales dans un domaine de prédilection, tout en entretenant un intérêt fort pour d’autres disciplines, c’est à peu près l’inverse d’un abrutissement des étudiants.

      Quelle déception pour moi, ayant voté aux primaires, choisissant votre candidat, de voir que vous fassiez preuve d’autant de démagogie. Bref, rendez-vous sur le terrain, rencontrez les enseignants de CPGE (dont je fais partie, vous aurez compris), qui chaque année vont dans les lycées, des grandes villes comme de banlieue, pour promouvoir leur formation dans toutes les classes sociales de la société. Et vous verrez qu’ils sont nombreux, qu’ils agissent, alors ne reniez pas leur travail que vous ne connaissez manifestement pas, ni plus que leurs élèves.

      PS: vous avez mon mail, n’hésitez pas à me contacter si vous désirez approfondir vos connaissances sur cette formation.

    4. Pierre Escudé mcf UT2

      Bonjour,
      se mouvoir dans la pensée complexe demande plus de doigté.
      Les classes prépa appartiennent à la matrice de l’élitisme républicain. Les casser permettra un temps d’assouvir la soif de vengeance sociale de certains, mais un temps seulement. Après? casser toutes les grandes écoles d’Etat? oui : de manière à ce que le privé s’empare de l’aubaine d’une école de qualité dont toute société a besoin. Messieurs, lisez vite un peu de Michéa (L’enseignement de l’ignorance, 1999) l’enquête de Lubianski sur la privatisation du système scolaire européen (« Do quasi-market Foster Innovation in Education? », 2009) ainsi qu’une louche des recherches de Richard Hatcher. Il est navrant de lire dans votre texte la chose suivante : « Les CPGE induisent inévitablement un système à deux vitesses non-démocratique ».
      Oui, le système à deux vitesses, c’est étudié pour : c’est ce que l’on nomme l’élitisme républicain; « non démocratique » : tant de choses ne le sont pas si l’on estime que la démocratie est que tous soient comme chacun pose la question de l’étymon : comme qui? Il faudrait alors raser Paris puisque la ville de Province ou que la banlieue ne bénéficie pas de tous ses avantages, etc etc. La suite est un aveu de naïveté qui fait mal au coeur :  » A tel point que l’Europe ne s’oriente en aucune façon vers celui-ci. » Ce n’est pas pour des raisons philanthropiques mais bien parce que l’Etat n’est pas la solution mais bien le problème. Tout donner au marché privé, de la maternelle à l’université.
      Quelle est la ligne de pensée et d’action du PS à ce sujet? Bref , apporter de la justice sociale, oui; briser les niches d’injustice, oui; mais casser les Classes Prépa sans autre enjeu et avec des arguments aussi faibles, surement pas. La pensée complexe peut sans doute
      tenter d’accorder l’un et l’autre : une classe prépa + une université et non l’une contre l’autre. J’ai bien peur qu’on ne puisse faire de toutes nos universités de gigantesques classes prépa. Bref, ce que je lis ici me rappelle le départ des ballons d’essai en 2005 juste avant la démolition des IUFM : inutiles, infantilisants, non-professionnalisants. Ne cassez pas le jouet!
      Le débat peut commencer, j’y adjoins un mot (que j’apprécie!) d’un des co-signataires au sujet de l’école : on y retrouve presque mot pour mot ce qui ici est reproché aux classes-prépa!

      « Ce n’est pas parce qu’ils disent qu’ils s’ennuient que l’enseignement est mauvais.
      Il faudrait donc que les enseignants s’adaptent plutôt que ce soient les élèves qui le fassent.
      L’école c’est aussi l’école de la rigueur, du sérieux et de l’apprentissage de la vie, qui n’est pas toujours un jeu.
      Le 4/10/2011 à 14:01
      Bernard FROUIN »

    5. Clément P

      Bonjour
      Je recommanderais à un élève de fin de terminal qui voudrait faire des études universitaires de commencer par faire une classe préparatoire : le risque qu’il y essuie un échec est beaucoup plus faible que s’il va à l’université, et il y acquerra des bases très solides. S’il y a eu à long terme une chute des effectifs en première année d’université dans les sciences dures et en mathématiques (alors que les effectifs de CPGE se sont maintenus) c’est parce que de nombreux élèves fuient les premières années d’université et les risques qu’elles représentent.
      Quand un enseignant de classe préparatoire s’investit dans son travail, son principal retour et sa principale motivation sont la réussite de ses étudiants. Quand un enseignant-chercheur de l’université est évalué, c’est avant tout sur son travail de recherche.
      Pourquoi seraient-ce aux classes préparatoires (dont les avantages ne sont plus à démontrer) de se plier au moule de l’université ? Les CPGE ont beaucoup évolué au cours de leur histoire. Elles n’ont pas nécessairement besoin de disparaître dans le modèle unique d’une université dont le premier cycle est en crise.
      Quant aux méthodes des auteurs de cet article essayant de diaboliser des études prétendument traumatisantes en CPGE, ces méthodes sont caricaturales. Je ne les commenterai pas.

    6. G Hannachi

      Bonjour,

      je suis professeur en CPGE depuis environ 15 ans dans un lycée dit de province. 15 ans de bons moments partagés par moi et mes élèves, des moments d’effort j’en conviens, cela semble vous gêner. Je viens de lire cette succession d’insultes pour les CPGE : Nefaste, nocif,approvissement durable des sensibilités, abrutissement. J’ai rarement lu un article aussi agressif à notre sujet. Vous imaginez bien entendu que je ne m’y reconnais dans aucun point, et les messages déjà écrits expliquent mieux que moi mes pensées. Sans doute est il écrit par des EXPERTS de l’éducation nationale. J’aime ce moment ce mot, experts économiques, experts politiques.
      Sachez tout de même que votre message m’a tout de même atteint, mais il ne changera rien à mes opinions et convictions EDUCATIVES…….
      Mon parcours scolaire : Ancien élève INTERNE en CPGE au lycée Pierre de Fermat à Toulouse EN FRANCE. Ceci a permis à mes parents de pouvoir FINANCER des études de haut niveau et m’a permis d’obtenir l’agrégation de mathématiques. J’en conviens nous parlons d’un ancien temps!

      G Hannachi

    7. Bernier

      Bonjour,
      je suis tout à fait indigner de la vision si fataliste et offensive que vous portez sur les CPGE.
      Je suis dans une CPGE commerciale de province et je peux vous assurer qu’il n’est nullement question de milieux favorisés ou je ne sais quoi. Beaucoup de prépa nous sont offertes par l’Etat et gratuites ce qui permet donc de laisser sa chance à quiconque pense avoir les capacité d’étudier cinq ans. Pour ce qu’il en est du financement de la « grande école », il en est du ressort de l’étudiant de vivre à crédit puisque les études ne sont en réalité qu’un investissement à moyen terme.
      Une fois de plus je suis scandalisé par la vision si pessimiste qu’on porte à ces CPGE qui à mon sens sont justifiées et légitimes. On ne doit pas remettre en cause son existence.
      Cordialement

    8. Djamila

      Bonjour,

      Je comptais voter socialiste mais croyez-moi, vous n’aurez pas ma voix ! Hors de question que je vote pour des Djanov qui empêcheront mon enfant de recevoir un enseignement d’une grande qualité, que j’ai moi-même reçu avant d’aller en fac où de très nombreux étudiants se plantaient parce qu’ils étaient fort mal encadrés. Le problème n’est pas les classes prépa mais l’Université où les étudiants coûtent si peu chers à l’Etat. Voilà le projet des socialistes ! Payer le moins possible pour tous les étudiants ? Je vais faire connaître votre texte et vous faire une sacré pub ! Comme en 2007, les profs iront voter Bayrou ou s’abstiendront pour vous empêcher de passer. Incroyable, même Sarko n’est pas aussi djanovien. Vous voulez mettre les intellectuels dans les rizières ?

    9. Fabien

      Tout comme Djamila, je comptais voter socialiste mais après ce que je viens de lire je vais me raviser. Je suis enseignant en CPGE et la réalité que je vis au quotidien n’est pas celle décrite. Je suis moi-même fils d’ouvriers et grâce à la CPGE j’ai pu faire des études gratuites, passer l’agrégation d’anglais et devenir enseignant d’abord en ZEP, puis en lycée et puis en CPGE. Je ne comprends pas comment on peut se dire socialiste et vouloir détruire ce formidable outil d’ascension sociale. Demandez à tous nos élèves boursiers en CPGE – commerciales ou autres. Pourquoi les Socialistes en veulent-ils tant aux CPGE? C’est de l’acharnement thérapeutique ( à la différence que celui-ci se base sur des données scientifiques….)

    10. Catherine

      Comme tous les commentateurs précédents, je suis scandalisée par les idées émises dans ce texte. Comment peut-on prétendre défendre la jeunesse et la décourager de s’instruire. Travailler, étudier, se former avec d’excellents professeurs des matières que l’on a choisies, qu’elles soient scientifiques ou littéraires n’est ni un sacrifice, ni un abrutissement. Il y a dans toute la France des classes préparatoires dans des établissements publics donc ouvertes à tous qui offrent à des jeunes de toutes les catégories sociales l’opportunité de recevoir une excellente formation et d’accéder à une carrière qu’ils méritent. On peut simplement regretter que certains jeunes qui en auraient pourtant les capacités ne puissent y accéder faute effectivement d’informations sur ces filières. Dans ce cas, c’est cet aspect des choses qu’il faut modifier, aider à y accéder les jeunes qui ont les capacités et veulent le faire. Quel est le projet socialiste pour la jeunesse , on peut se le demander. Au lieu d’aider les jeunes à accéder à des formations de qualité, on supprime ces formations !!!!! Ne pensez vous pas que si les formations données en faculté de débouchent pas sur des emplois à la hauteur des espérances de ceux qui les suivent, ce sont ces formations qu’il faut modifier, plutôt que de supprimer des formations qui elles débouchent sur des emplois ? Car comme l’a dit un des commentateurs précédents tous les jeunes qui sortent des classes préparatoires entrent dans une école de commerce ou une école d’ingénieur et une grande majorité d’entre eux trouve un travail à l’issue de leur formation. Par ailleurs, les auteurs de ce texte mélangent tout : en quoi la suppression de ces classes permettra aux enfants qui n’ont pas toutes les chances d’en avoir de meilleures. Pitié : arrêter de confondre égalité des chances et égalitarisme. Vous pensez que si tous ne peuvent pas atteindre le sommet alors personne ne doit monter la côte ! A part la basse satisfaction de voir que tout le monde est au même niveau, au fond à qui cela rend-il service? Il faut au contraire encourager tout le monde à essayer d’arriver le plus haut possible en fonction de ses aspirations et de ses capacités. Je veux croire que des gens raisonnables sauront empêcher cette folie.

    11. Benoît

      Le programme socialiste de monsieur Hollande semblait pourtant bien en beaucoup de point de vue, mais je viens d’y découvrir un vide sans nom, celui laissé au niveau de l’éducation. Je suis, comme l’intégralité des personnes ayant commenté cet article, assez choqué de voir ce que les français pensent (si du moins ces « sages » paroles sont bien représentatives de ce que pensent les français) du système dans lequel j’étudie. Je suis étudiant en CPGE et j’avoue ne pas vraiment me retrouver dans ce qui est dépeint par monsieur Peillon. Un système élitiste ? Certes, mais élitiste sur les compétences et non sur le milieu social. Des traumatismes à tour de bras ? Ma foi nous nous portons dans mon entourage tous bien et entretenons des relations d’une grande qualité sur tous les plans avec nos camarades de classe ET nos enseignants. Car bien loin de tous les fantasmes populaires où l’on voit des professeurs sadiques et rabaissant, ils sont au contraire aimables, à l’écoute, et attentionné, se préoccupant avant tout de notre santé. « C’est parce-que vous n’êtes pas dans une grande prépa » me dira t’on souvent, et bien non. Sans vouloir la nommer ses résultats concurrences parfois (rapportés à nos effectifs) ceux des grandes parisiennes, et pourtant l’ambiance de travail y est amicale et agréable. Alors évitons de répandre trop vite des mauvaises paroles sur des sujets que l’on semble vraisemblablement aussi peu maîtriser. Supprimez les CPGE et les écoles d’ingénieur, ou même l’ENS, et c’est la prépondérance scientifique de la France au niveau international que vous détruirez.

    12. Eric

      Comme les commentaires precedents, je suis outre par ce que vous ecrivez.
      Ayant fait une prepa techno, je peux vous dire que je n’ai pas perdu mes plus belles annees comme vous dites. Bien au contraire, j’ai eu pendant cette periode des profs sur motives pour nous (evidemment ils n’exitaient pas a nous dire nos 4 verites quand c’etait necessaire).
      En tout cas grace a eux j’ai pu integre une ecole d’ingenieur et je me suis pleinement epanoui.
      Ce qui est enervant, c’est qu’a chaque fois qu’il y a un article sur les classes prepas ca concerne principalement hec ou autres ecole de commerce (ce qui ne represente pas pour moi une generalite bien au contraire)

    13. Noam

      Bonjour,

      Je suis en classe préparatoire aux écoles de commerce voie économique, je ne suis en aucun cas un privilégié, j’ai choisis la CPGE et les grandes écoles pour réussir et pour ne pas après 5 ans de fac me retrouver au chômage. De plus la CPGE m’a permis d’élargir ma culture et mon ouverture sur le monde et de me lier d’amitié avec des personnes qui comme moi travaillent et avec qui j’ai plaisir à échanger.
      Donc je pense que vouloir supprimer les CPGE c’est une très mauvaise idée.
      Le seul bémol c’est sans doute le déséquilibre des coefficients entre les mathématiques et les autres matières aux concours mais encore une fois tout élève de CPGE qui travail et qui est bien soutenu par ses professeurs peut réussir.

    14. Raphaelle

      Bonjour,
      je termine mes deux ans en classe préparatoire et je me rends compte du mur dans lequel foncent les gens qui regardent cette formation depuis l’extérieur .
      En effet, mes deux années de classe préparatoire bien que contraignantes ont aussi été deux années très enrichissantes me permettant de m’ouvrir sur le monde et de rencontrer des personnes formidables, autant amis que professeurs,ces derniers nous poussant de toutes leurs forces pour que nous puissions atteindre notre but. C’est pour ces raisons que je suis très reconnaissante à ce système.
      Par ailleurs il est vrai que notre système est incompris par certains.Les étrangers avec lesquels j’en parlais l’assimilaient à une classe de remise à niveau,ce qu’elle n’est pas! Et il semble que les élites françaises ne réalisent pas qu’une nation a besoin de s’élever vers le haut et non de s’enfoncer et de piétiner.Kandinsky l’a bien montré dans sa théorie sur les artistes permettant de faire progresser toute la société. Ici c’est un peu pareil, les CPGE permettent de faire progresser la société en favorisant une émulation.
      De plus, bien loin d’être un système désué et vieillissant,ce système d’excellence est aujourd’hui en voie d’être repris par les pays émergents tels que le Brésil qui y voient la clé d’un développement assuré et de qualité.

      Alors pourquoi tant de rejet de la part de français qui devraient, en tant que figures politiques et représentants d’une image du pays et de leur éducation,avoir mieux étudié leurs dossiers et fondé leur propos sur une étude plus poussée pour éviter toute amalgame et tout préjugé.

      Enfin, comme l’ont fait remarquer les commentateurs précédents, ce n’est pas en rabaissant toutes les personnes vers une connaissance moyenne,que l’on permettra à la France de se relever de la crise mondiale. Cette France a besoin d’un peuple ouvert et brillant, et peut être que le problème n’est pas dans les classes préparatoires mais bien plutôt dans l’Université qui ne donne pas assez aux étudiants les moyens de leur réussite.

    15. foubert laurent

      Monsieur Peillon (peut-être me lirez -vous?)

      D’un milieu très modeste ,j’ai profité en 1984 de l’ouverture des classes réparatoires pour intégrer une école d’ingénieur puis devenir un fervent défenseur des classes préparatoires au point d’y être professeur depuis 20 ans.
      Lisant vos idées concernant une grande université unique (après le collège unique et le lycée de détermination,que de beaux idéaux catastrophiques!),je me voyais déjà regretter d’avoir toujours était socialiste .
      Mais les réponses précédentes (celles des étudiants,plus particulièrement) m’ont fait chaud au coeur et me voilà réconforté dans mes convictions:venez nous rencontrer dans nos classes de proximité certes, mais surtout préparatoires (à bien d’autres choses qu’aux simples concours des grandes écoles!!)
      Il m’arrive souvent de rencontrer d’anciens élèves de ma classe préparatoire et je vous assure que je suis fier d’avoir un peu contribué à ce qu’ils sont devenus.
      Par pitié , ne détruisez pas ce modèle que nous envient tant d’autres pays: réformez-le ,améliorez-le, développez-le à l’université ou ailleurs si vous le pouvez,mais ne le détruisez pas!!!
      Il me vient à l’esprit une phrase d’une collégue philosophe (l’étant trop peu moi-même ,je le confesse):
      « même si le modéle est inacessible,il est utile ».

      le supprimer serait catastrophique pour notre pays.

    16. Léa

      Bonjour,
      J’ai été étudiante en hypokhâgne B/L, et contrairement à tous les commentaires précédents, je ne soutiendrai pas les CPGE. Mon année a certes été enrichissante d’un point de vue cognitif, mais par ailleurs très destructrice d’un point de vue personnel. En effet, je me suis retrouvée  »en fin de peloton », et je n’ai alors pas bénéficié d’une quelconque émulation (laquelle on vante de trouver en CPGE), les critiques des professeurs étant plus qu’acides, je me suis plutôt sentie moins que rien, incapable de quoi que soit, la dernière des nulles, et par conséquent cela ne m’a pas poussée à m’acharner davantage dans un travail que j’estimais sur-humain. Ce fut une année de pleurs, de nuits blanches, et de crises de nerfs, voilà.
      Il faut une grande force psychologique pour affronter la classe prépa, je ne l’avais surement pas, mais cela me paraît fou de pousser l’enseignement à de tels niveaux d’intensité.
      Maintenant, je suis en dernière année de licence à la faculté, cela se passe à merveille, l’encadrement est là, contrairement à ce que certains disent, il suffit d’avoir envie d’aller le chercher.
      L’effort est bon, mais il ne faut pas essayer d’en abuser (« user mais ne point abuser » !)

    17. Alexandre R.

      Vous parlez « d’infantilisation » et « d’abrutissement sur des matières trop spécialisées ». Je suis professeur de mathématiques en prépa commerciale, le cursus se veut polyvalent (mathématiques, économie, histoire, culture générale et langues étrangères).
      Vous parlez de « quasi système d’initiés », j’accueille aussi bien dans ma classe des élèves issus des campagnes abandonnées par les politiciens, des élèves issus des zones industrielles dévastées par le chômage, que des élèves issus de milieux plus favorisés! Mais cette dernière catégorie devrait-elle être punie pour le seul crime d’être née de parents aisés?
      Vous parlez, enfin, de « traumatismes psychologiques », pour un enseignant comme moi qui fait son maximum pour soutenir et encourager ses élèves, vos propos sont réellement insultants!
      La France ne se limite pas à votre arrondissement parisien, vous pourriez éventuellement en sortir à la place de colporter de tels clichés.

    18. CARNOT

      Je suis affligé de lire autant d’âneries: votre article est un concentré de poncifs stupides: à croire que vous n’avez jamais mis les pieds dans une prépa ou une école d’ingé. J’ai enseigné en prépa et plus de 25 ans en école d ‘ingé. Tout, je dis bien tout, ce que vous dites est archi faux: les élèves sont vifs intelligents et équilibrés: il y a comme partout une frange d’étudiants avec des problèmes mais rien ne permet d’assigner la cause de leurs pbs à la structure éducative. J’ai souvent été sidéré de la maturité et de l’équilibre de ces élèves. j’estime que vous avez un devoir moral à représenter ces élèves de façon juste et non pas de privilégier vos fantasmes de gauche. je trouve scandaleux cette mauvaise foi

    19. mathias

      Cet article est un pur concentré de mensonges, d’attaques sans fondements et de nuisances pour l’éducation de tout les citoyens français. La CPGE est un des systèmes les plus performant qui existe au monde (fac 50% d’échec , CPGE 15% d’échec) et qui assure un emploi après de la fin des études (combien d’étudiant faisant une licence se retrouvent au chômage après cette licence …). D’autre part je suis dans une situation permettant de voir le succès de la CPGE mes parents d’origines provinciales et très modestes (leur pères étaient boucher et ouvrier), on suivent le cursus républicain jusqu’au lycée général puis on intégré une prépa où ils ont acquis beaucoup de connaissances sans devoir s’endetter(impossible en fac). Aujourd’hui professeurs, ils vivent bien mieux que leurs parents ne vivaient et mon frère qui n’a pas beaucoup travaillé au lycée, aujourd’hui se passionne pour ce qu’il étudie et travaille vraiment dans sa prépa(tient c’est étrange!). Aujourd’hui, Vincent Peillon est ministre de l’éducation, je m’inquiète pour l’avenir de la prépa ascenseur social et outil de la justice social face au boulet qu’est la fac pour nombre d’étudiants.