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L’histoire de l’Union européenne

Le premier pas vers l’intégration européenne: la CECA

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l’Europe entière se retrouve dévastée et reléguée au second plan sur la scène internationale par la montée en puissance des États-Unis et de l’Union soviétique. Face aux rivalités croissantes des deux grandes puissances, plusieurs dirigeants de l’Europe occidentale jugent que seul un rapprochement politique et économique de leurs peuples peut garantir une paix durable. La coopération entre les Etats est considérée comme le meilleur moyen de prévention des conflits armés.

C’est en 1950 que Robert Schuman, ministre français des Affaires étrangères, lance l’idée d’une Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA). À l’époque, le charbon et l’acier étaient les principales industries de guerre. La mise en commun de ces industries devait empêcher toute nouvelle guerre entre les voisins européens.

Établie en 1951, la CECA compte six Etats: l’Allemagne, la Belgique, la France, l’Italie, le Luxembourg et les Pays-Bas. Le pouvoir décisionnel est confié à la Haute Autorité. Présidée par Jean Monnet, la Haute Autorité devient ainsi la première instance supranationale indépendante en Europe.

Les traités fondateurs

Lors de la Conférence de Messine (1er et 2 juin 1955), les ministres des Affaires étrangères des « six » reconnurent que la logique interne de l’entreprise commencée en 1950 commandait à dépasser la CECA en étendant l’intégration à d’autres secteurs de l’économie.

La Communauté européenne de Défense voit le jour en mai 1952, portant en elle les germes d’une Europe politique. Mais le 30 août 1954, l’Assemblée nationale française refuse de ratifier le traité et enterre le projet.

En 1957, les six Etats fondateurs de l’intégration européenne signent les traités de Rome instituant la Communauté européenne de l’énergie atomique (CEEA ou Euratom) et la Communauté économique européenne (CEE). Les États membres s’emploient ainsi à abolir les barrières commerciales qui les séparent et à former un « marché commun ».

En 1967, les institutions des trois communautés européennes fusionnent. A partir de ce moment, il n’y a plus qu’une Commission unique, un Conseil de ministres unique et l’Assemblée (Parlement européen). « Le triangle institutionnel », tel qu’on le connaît aujourd’hui, est né.

Signé à Luxembourg et à La Haye, l’Acte unique européen (AUE) est entré en vigueur le 1er juillet 1987, dans le but d’achever le marché intérieur européen. Les socialistes européens ont à l’époque condamné l’absence de volet social.

Signé à Maastricht le 7 février 1992, le traité sur l’Union européenne est entré en vigueur le 1er novembre 1993. Avec le traité de Maastricht, la «Communauté économique européenne» devient la «Communauté européenne». Le traité instaure également de nouvelles formes de coopération entre les gouvernements des États membres, par exemple dans le domaine de la défense (2e pilier) et celui de la justice et des affaires intérieures (3e pilier). En ajoutant cette forme de coopération intergouvernementale au système «communautaire» existant (1er pilier), le traité de Maastricht crée une nouvelle structure de nature politique et économique : l’Union européenne (UE).

Le Traité de Maastricht donne en outre naissance au concept de « citoyenneté européenne », en créant des droits pour tous les citoyens de l’UE.

Signé le 2 octobre 1997, le traité d’Amsterdam est entré en vigueur le 1er mai 1999, faisant émerger un « espace de liberté, de sécurité et de justice » en vue d’une meilleure coopération judiciaire. Le Parlement européen voit ses compétences élargies.

Signé le 26 février 2001, le traité de Nice est entré en vigueur le 1er février 2003. Il visait principalement à réformer les institutions afin que l’Union puisse fonctionner efficacement après son élargissement à 25 États membres en 2004, puis à 27 États membres en 2007. Le traité de Nice, le traité sur l’Union européenne (traité UE) et le traité instituant la Communauté européenne (traité CE) ont été fusionnés dans une version consolidée.

Après l’échec de l’adoption d’un « Traité constitutionnel », en 2005, causé par les votes négatifs de la France et des Pays-Bas lors de referendum, les 27 ont finalement adopté le traité de Lisbonne, le 1er décembre 2009. Ce traité, en dépit de ses insuffisances, augmente  les compétences du Parlement européen en étendant le champ de la « codécision » (décision partagée entre les États et le Parlement européen) et met en place les fonctions de « Président de l’UE » et de « Haut représentant de l’Union aux affaires etrangères », visant à donner plus de stabilité à la diplomatie européenne.

Elargissements successifs

Le succès des Communautés européennes mène à l’adhésion du Danemark, de l’Irlande et du Royaume-Uni en 1973, suivis de la Grèce en 1981, de l’Espagne et du Portugal en 1986, de l’Autriche, de la Finlande et de la Suède en 1995.

En mai 2004, l’Union européenne célèbre un moment historique en s’étendant vers l’est de l’Europe. Dix nouveaux pays adhèrent à l’UE: Chypre, la République tchèque, l’Estonie, la Hongrie, la Lettonie, la Lituanie, Malte, la Pologne, la Slovaquie et la Slovénie.

La Bulgarie et la Roumanie ont rejoint l’Union européenne le 1er janvier 2007.

L’ancienne République yougoslave de Macédoine, la Croatie et la Turquie ont le statut de pays candidat. Les négociations d’adhésion avec la Croatie et la Turquie ont été ouvertes le 3 octobre 2005.

Les pays des Balkans occidentaux engagés dans le processus de stabilisation et d’association ont le statut de pays candidats potentiels. Hormis l’ancienne République yougoslave de Macédoine et la Croatie qui sont des pays candidats, il s’agit de l’Albanie, de la Bosnie-et-Herzégovine, de la Serbie et du Monténégro, y compris le Kosovo, sous l’égide des Nations unies.