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	<title>Le blog de Vincent Peillon &#187; Crise</title>
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		<title>&#171;&#160;L&#8217;autre dette est éducative&#160;&#187;</title>
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		<pubDate>Fri, 27 Jan 2012 11:42:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>vpeillon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Crise]]></category>
		<category><![CDATA[Education]]></category>
		<category><![CDATA[Hollande 2012]]></category>

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		<description><![CDATA[Tribune dans Libération à l’occasion du débat entre Vincent Peillon et François Dubet : &#171;&#160;Education, la France déjà dégradée ?&#160;&#187; aux Etats généraux du renouveau, samedi 28 janvier à Grenoble. La «dette» semble devoir être le maître-mot de la campagne présidentielle. A quelques mois de l’élection, c’est autour de cet enjeu &#8211; de sa genèse comme [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><em>Tribune dans </em>Libération<em> à l’occasion du débat entre Vincent Peillon et François Dubet : &laquo;&nbsp;Education, la France déjà dégradée ?&nbsp;&raquo; aux Etats généraux du renouveau, samedi 28 janvier à Grenoble.</em></p>
<p style="text-align: justify;">La «dette» semble devoir être le maître-mot de la campagne présidentielle. A quelques mois de l’élection, c’est autour de cet enjeu &#8211; de sa genèse comme des propositions en vue de sa résorption &#8211; que se structure l’essentiel du débat. Mais de quoi parlons-nous au juste ? La question mérite d’être posée, car la dette que nous devrons affronter en mai prochain, si les Français font confiance à François Hollande et à la gauche, n’est pas unidimensionnelle. La dette «budgétaire» en cache une autre, tout aussi profonde dans son contenu, tout aussi importante à réduire pour l’avenir de notre pays. Il s’agit de la dette éducative. Pour un gouvernement de gauche, l’héritage de la droite en mai 2012, ce ne sera pas seulement des comptes publics grevés par des années d’impérities budgétaires et de cadeaux fiscaux aux plus fortunés. L’héritage, ce sera aussi une blessure sans précédent dans notre histoire républicaine : la blessure faite à l’école.</p>
<p style="text-align: justify;">En cinq ans, presque 10% des effectifs enseignants ont été supprimés. La formation des professeurs a été réduite à néant, tant et si bien que 70% des nouveaux enseignants se retrouvent devant leurs classes, à temps complet, sans avoir reçu de formation pratique ni avoir rencontré un seul élève. Les réseaux d’aide spécialisés aux élèves en difficulté ont été démantelés. La scolarisation des moins de 3 ans, que l’on sait essentielle pour la lutte contre les inégalités et l’échec scolaire, est passée de 35% à 13%. Autant de mesures dictées par un seul impératif : réduire les coûts quelqu’en soit le prix. Sans compter les diatribes insensées pour décréter le curé et le pasteur plus compétents que l’instituteur pour renseigner sur le sens de la vie. Choix de valeur et choix budgétaire marchent toujours ensemble.</p>
<p style="text-align: justify;">Les conséquences de cette politique court-termiste à forte teneur idéologique sont déjà visibles : la France, a continuellement chuté depuis 2000 dans tous les classements internationaux qui évaluent les résultats des élèves. Elle est désormais le pays de l’OCDE où les inégalités sociales ont l’impact le plus fort sur les inégalités scolaires, où le taux d’encadrement en primaire est le plus faible (5 enseignants pour 100 élèves). Le métier n’attire plus et le ministère peine à trouver des candidats pour les quelques postes qu’il offre encore. Près de 150 000 jeunes sortent sans qualification du système scolaire. Les performances des élèves à l’entrée en 6<sup>e</sup>, pour la maîtrise de la langue comme pour les mathématiques, ne cessent de se dégrader. Les évaluations nationales, celles de la Cour des comptes ou du Haut Conseil à l’éducation, viennent confirmer ce piteux diagnostic. Les intérêts de cette dette éducative, ce sont nos enfants qui vont devoir les payer, à moyen comme à long terme. Le gouvernement essaie par tous les moyens de cacher son échec. Le ministre Châtel entrave la publication de rapports de l’Inspection générale de l’éducation nationale qui l’accablent.</p>
<p style="text-align: justify;">Nos liquidateurs en chef de l’Education nationale voudraient échapper à leurs responsabilités. Ils ne trompent plus qu’eux-mêmes : parents d’élèves comme enseignants, observateurs internationaux comme responsables nationaux, tous convergent pour dire que la dette éducative de notre pays s’est, ces cinq dernières années, creusée comme jamais.</p>
<p style="text-align: justify;">Autant dire que le triple A de l’éducation, la France l’a perdu depuis longtemps. Et pour longtemps si l’on ne réagit pas très vite. C’est le sens de la priorité donnée à la jeunesse et à l’éducation par François Hollande et par le projet de refondation de l’école de la République qu’il porte. L’ampleur de la dévastation est telle qu’on ne pourra en faire l’économie. Donner les moyens à l’école de réussir sa mission, ce n’est pas dépenser, c’est investir dans l’avenir. Même Standard &amp; Poor’s &#8211; qui n’a pas toujours brillé par autant de clairvoyance &#8211; nous le dit : la clé de la croissance de demain se trouve dans les investissements massifs que nous devons faire aujourd’hui dans l’enseignement, la formation et la recherche, de la maternelle aux doctorats, et au-delà.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais les moyens n’ont de sens qu’en ce qu’ils permettent de servir des fins. Celles-ci s’appellent pour nous : briser le noyau dur de l’échec scolaire, mettre sur pied une formation initiale et continue des enseignants digne de ce nom, réformer les rythmes scolaires, faire évoluer le métier d’enseignant, revaloriser l’enseignement professionnel.</p>
<p style="text-align: justify;">Des fins d’efficacité, mais aussi de justice. Creuser la dette éducative, c’est creuser le sillon de notre déclin collectif. L’inverse est tout aussi vrai : le redressement de la France, de son modèle républicain et de son économie, passe par la refondation de son école et l’investissement dans la connaissance. C’est le projet que porte François Hollande.</p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
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		<title>&#171;&#160;L&#8217;école n&#8217;est pas un coût, mais un investissement&#160;&#187;</title>
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		<pubDate>Thu, 19 Jan 2012 12:47:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>vpeillon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Crise]]></category>
		<category><![CDATA[Education]]></category>
		<category><![CDATA[Hollande 2012]]></category>
		<category><![CDATA[Laïcité]]></category>
		<category><![CDATA[Parti Socialiste]]></category>

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		<description><![CDATA[Interview croisée de Vincent Peillon et de Luc Chatel, par Véronique Soulé. Libération &#8211; Interview. L&#8217;actuel ministre de l&#8217;Education nationale et le conseiller de François Hollande, défendent des projets opposés. Tandis que la promesse de François Hollande de créer 60 000 postes dans l&#8217;éducation sème la zizanie au sein du Parti socialiste, son conseiller éducation, Vincent Peillon, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><em><a href="http://www.vincent-peillon.fr/wp-content/uploads/2012/01/credits-José-Lavezzi.jpg"><img class="alignleft  wp-image-2385" style="margin: 10px;" title="credits José Lavezzi" src="http://www.vincent-peillon.fr/wp-content/uploads/2012/01/credits-José-Lavezzi-200x300.jpg" alt="" width="163" height="235" /></a>Interview croisée de Vincent Peillon et de Luc Chatel, par Véronique Soulé.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Libération</em> &#8211; Interview. L&#8217;actuel ministre de l&#8217;Education nationale et le conseiller de François Hollande, défendent des projets opposés.</p>
<p style="text-align: justify;">Tandis que la promesse de François Hollande de créer 60 000 postes dans l&#8217;éducation sème la zizanie au sein du Parti socialiste, son conseiller éducation, Vincent Peillon, et le ministre Luc Chatel ont répondu séparément aux questions de <em>Libération</em> sur leur vision de l&#8217;école.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Comment voyez-vous l&#8217;enseignant de demain ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Luc Chatel : Pendant longtemps, sa mission essentielle a été de transmettre le savoir. Or, le monde a changé, l&#8217;école aussi. Cela reste le cœur de son action. Mais face à des classes hétérogènes et des enfants de la génération Internet, le métier est devenu plus complexe et il a d&#8217;autres missions : apporter un soutien scolaire différencié selon les élèves, participer à l&#8217;élaboration du projet pédagogique, recevoir les parents&#8230; C&#8217;est important d&#8217;avoir ce débat.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour moi, il est clair que dans le secondaire, il faut désormais déterminer le temps de travail des enseignants par des heures de présence dans l&#8217;établissement, afin d&#8217;inclure toutes ces missions, et non plus seulement par des heures de cours comme cela se fait depuis le décret de 1950 sur les obligations de service [18 heures de cours hebdomadaires pour les certifiés, 15 pour les agrégés, ndlr]. On entérinerait ainsi ce que de nombreux enseignants font déjà.</p>
<p style="text-align: justify;">Vincent Peillon : Après ce quinquennat, les conditions matérielles et morales faites aux enseignants se sont tellement dégradées que l&#8217;on a une crise du recrutement. Il faut d&#8217;abord redonner aux professeurs les moyens d&#8217;enseigner. C&#8217;est pour cela que nous défendons l&#8217;idée d&#8217;un contrat : toute la nation doit s&#8217;engager à leurs côtés.</p>
<p style="text-align: justify;">Les tâches se sont diversifiées et doivent être reconnues. Nous ne pouvons pas rester en l&#8217;état. Mais la seule réforme qui marchera se fera avec les enseignants &#8211; et non sans eux, comme le fait ce gouvernement. Commencer par revoir les obligations de service est une erreur, et même une faute à l&#8217;égard des enseignants qu&#8217;on a l&#8217;air de désigner comme responsables d&#8217;échecs imputables à une politique. Aucun professeur du secondaire ne travaille 15 ou 18 heures, mais 37, voire 38. On ne peut pas traiter ces questions avec des slogans. Après une concertation approfondie, si nous l&#8217;emportons, nous prévoyons une loi à l&#8217;automne.</p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-2383"></span></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Face à ces tâches, la formation des enseignants est-elle suffisante ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">L.C. : Le choix de la masterisation [la réforme très contestée de 2009, selon laquelle les enseignants doivent avoir un master et non plus une licence] était le bon. Mais les transitions sont difficiles. Progressivement, on arrive à une formation disciplinaire de qualité, et tous les professeurs stagiaires [pendant leur première année d'exercice] ont un tuteur dans leur établissement. Cette année, les démissions, de 1% à 2%, sont encore inférieures à l&#8217;an dernier. On a beaucoup diabolisé cette réforme. Mais connaissez-vous un métier où l&#8217;on vous apprend tout avant de commencer ? Aux urgences, vous êtes reçus par une personne en blouse blanche qui est souvent un étudiant.</p>
<p style="text-align: justify;">V.P. : Le gouvernement a détruit la formation. Quelque 70% des nouveaux enseignants sont mis devant des classes sans formation ni accompagnement. Nicolas Sarkozy et Luc Chatel se vantent d&#8217;avoir prévu 108 heures de stage par an pour les étudiants en master, soit 3 heures par semaine. Ce n&#8217;est pas sérieux !</p>
<p style="text-align: justify;">Il faut reconstruire entièrement la formation. François Hollande a pris un engagement : nous ne reviendrons pas sur la masterisation. C&#8217;est la façon de faire qui a été mauvaise, car cette réforme a été décidée dans le but de supprimer des postes, Bercy dictant la politique éducative. Mais nous mettrons aussi en place un système de prérecrutement, permettant à des jeunes de milieux modestes ayant la vocation, de faire des études longues qu&#8217;ils n&#8217;auraient pas pu financer. Pour les modalités de la formation que nous voulons, nous poursuivons les discussions.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Faut-il aujourd&#8217;hui réformer le collège unique ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">L.C. : Le fait que 100% d&#8217;une classe d&#8217;âge soit au collège a été un progrès considérable. Mais au moment où notre stratégie consiste à personnaliser et apporter une réponse individuelle à chaque enfant, il y a un paradoxe à continuer à parler de collège unique, à ce que tous les élèves fassent la même chose entre 10 et 14 ans.</p>
<p style="text-align: justify;">Au collège, il faut commencer à proposer des parcours tenant compte de la diversité des élèves. Avec un bémol : il ne faut pas que ce soit définitif et que ce soit une pré-orientation à 12 ans &#8211; l&#8217;orientation se faisant en fin de troisième. Il faut laisser toutes les possibilités ouvertes. Mais il y a des élèves qui suivent moins bien à partir de la quatrième et qui ne sont pas faits pour les matières théoriques. Nous allons les ouvrir au monde professionnel et leur montrer d&#8217;autres disciplines. L&#8217;idée, c&#8217;est le collège pour tous, mais avec des parcours différenciés. Il y a par ailleurs une rupture trop forte entre le CM2 et la sixième, que nous voulons atténuer. Dans le dispositif «Eclair», cette année, des professeurs de primaire vont apporter un soutien en lecture à des élèves de sixième.</p>
<p style="text-align: justify;">V.P. : Différencier les élèves à partir de la fin de la cinquième est la pire des solutions. Cela a échoué partout dans le monde. Les systèmes qui réussissent sont au contraire ceux qui proposent les parcours communs les plus longs.</p>
<p style="text-align: justify;">Pourquoi tout à coup s&#8217;attaquer au collège ? Les enfants qui arrivent en sixième viennent de l&#8217;école élémentaire. Et 40% ne maîtrisent pas bien les apprentissages de base en fin de CM2. Si cela n&#8217;est pas réglé, on aura beau faire, ce sera le tonneau des Danaïdes. Il faut avant tout que les élèves arrivent au collège en possédant les fondamentaux, et travailler la transition primaire-collège, de même que celle entre le lycée et l&#8217;université pour éviter l&#8217;énorme gâchis en premier cycle.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La question des moyens serait-elle dépassée ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">L.C. : Je vais peut-être surprendre mais le problème des moyens ne se pose pas à l&#8217;Education nationale pour moi. On investit 7% du budget de la nation dans l&#8217;éducation, plus que la moyenne des pays de l&#8217;OCDE et de l&#8217;Union européenne. On dépense 80% de plus depuis 1980 par élève, en euros constants. Les moyens sont là. Le problème, c&#8217;est leur répartition. Il faut sortir de l&#8217;égalitarisme qui a fait tant de mal. Dans de grands lycées parisiens, il peut y avoir 38 élèves par classe, voire plus. Dans certaines classes de collèges difficiles, 22 élèves, cela peut être déjà beaucoup. C&#8217;est un mensonge de dire aux enseignants que l&#8217;on va en recruter 60 000 et qu&#8217;on va les payer plus. C&#8217;est désastreux. Les finances ne le permettront pas. Soit on reste dans le pur quantitatif comme pendant vingt-cinq ans, et cela se fait au prix de leur paupérisation. Soit, c&#8217;est difficile mais courageux, on ne remplace pas tous les départs à la retraite et il y a moins d&#8217;enseignants mais mieux rémunérés. C&#8217;est ce que nous avons fait : nous avons augmenté de 18% le salaire des débutants, qui toucheront 2 000 euros en février.</p>
<p style="text-align: justify;">V.P. : Les moyens doivent être suspendus à des fins. Pour nous, l&#8217;école n&#8217;est pas un coût, mais un investissement. Et la France n&#8217;investit pas assez dans son avenir. Avoir des professeurs mieux formés, faire réussir tous les enfants au CP, que des élèves et des enseignants n&#8217;aillent pas à l&#8217;école la peur au ventre, faire accéder les enfants à la culture, réduire les inégalités&#8230; tout cela suppose des moyens.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais nous ne mettrons aucun moyen qui ne réponde pas à un besoin. C&#8217;est le sens de la proposition de François Hollande qui consiste à créer durant son quinquennat 60 000 postes supplémentaires, pas seulement d&#8217;enseignants. La condition sera l&#8217;amélioration des performances. Ce sera un contrat, avec une évaluation des résultats et une véritable refondation.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Vincent Peillon</strong><strong>, pourrez-vous aussi revaloriser les enseignants en pleine crise ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">V.P. : Nicolas Sarkozy ne croit qu&#8217;en l&#8217;argent. Mais tout le monde ne fonctionne pas qu&#8217;à l&#8217;appât du gain, et ce n&#8217;est pas la demande première des enseignants. C&#8217;est même beaucoup de mépris envers eux : il y a encore une autre culture, d&#8217;autres valeurs. Quant à la revalorisation qu&#8217;il se vante d&#8217;avoir faite, c&#8217;est de la poudre aux yeux. Il en faudra bien une, mais réelle.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Luc Chatel, peut-on encore supprimer des postes ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">L.C. : Il faudra continuer dans cette logique &#8211; moins d&#8217;enseignants mieux rémunérés. Mais pour y parvenir, il faudra réfléchir à l&#8217;organisation du système &#8211; donner encore plus d&#8217;autonomie aux établissements et de marge de manœuvre aux proviseurs qui sont mieux placés que moi pour répartir les moyens. Déléguer, responsabiliser, fixer des objectifs et évaluer : c&#8217;est cela, l&#8217;éducation moderne. Ce sera au candidat de s&#8217;exprimer sur le sujet.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Vaincre l&#8217;échec scolaire, un fléau en France, est-ce une utopie ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">L.C. : Non. Tout notre travail depuis 2007 va dans le sens d&#8217;une politique ciblée, avec de l&#8217;aide personnalisée en primaire, un tiers des collégiens en soutien scolaire après les cours, des internats d&#8217;excellence pour des élèves qui n&#8217;auraient pu aller jusqu&#8217;au bac&#8230; Il y a aussi le dispositif «Eclair» pour les 300 collèges les plus difficiles avec des élèves de milieux défavorisés, où l&#8217;on met plus de moyens et l&#8217;on fait davantage confiance aux équipes, avec le principal qui recrute. Les premiers résultats de cette politique sont encourageants.</p>
<p style="text-align: justify;">V.P. : L&#8217;échec se joue précocement. Or, nous avons dans le primaire l&#8217;un des taux d&#8217;encadrement [le nombre d'élèves par prof] les plus faibles de l&#8217;OCDE. Il faut investir massivement dans les premières années d&#8217;école. Nous sommes prêts à mettre davantage de moyens, notamment des enseignants, en CP et en CE1, ainsi qu&#8217;au début du collège, et à permettre à nouveau l&#8217;accueil des petits en maternelle.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Il y a bien deux visions de l&#8217;école ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">L.C. : Notre vision est celle d&#8217;une école républicaine capable d&#8217;offrir une solution à chaque élève à la sortie, de faire du sur- mesure, de responsabiliser et de restaurer l&#8217;autorité des enseignants&#8230; Pour la première fois depuis longtemps, la droite à une vision très claire de l&#8217;école. La gauche, elle, l&#8217;a délaissée il y a une dizaine d&#8217;années et n&#8217;a pas su la reconquérir. Elle n&#8217;a qu&#8217;une idée en tête : «Toujours plus.» Pour ma part,j&#8217;œuvre pour le «toujours mieux».</p>
<p style="text-align: justify;">V.P. : Avec la droite libérale et bonapartiste au pouvoir, on a aujourd&#8217;hui une école qui en laisse un grand nombre au bord de la route. Le capital socio-économique est déterminant dans la réussite, des territoires sont relégués et l&#8217;école est devenue une grande machine à trier. A l&#8217;opposé, nous défendons une vision d&#8217;égalité républicaine. L&#8217;école est un bien commun, les moyens doivent aller à la réussite de tous. Nous croyons en la connaissance, le savoir, le dévouement et le désintéressement, et aussi en la laïcité. Et nous pensons que l&#8217;Etat a des responsabilités dont il ne doit pas se défausser.</p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
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		<title>&#171;&#160;Le choix de l&#8217;école est un choix de société&#160;&#187;</title>
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		<pubDate>Fri, 06 Jan 2012 11:15:50 +0000</pubDate>
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			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Face à Christophe Barbier sur i&gt;TELE, Vincent Peillon réagit aux récentes déclarations du président de la République, en particulier sur l&#8217;éducation. &laquo;&nbsp;<em>Ses mots, qui sont des mensonges, n&#8217;habilleront pas la réalité : dans tous les classements internationaux sur la performance des systèmes éducatifs, la France sombre depuis 2002</em>&laquo;&nbsp;, souligne-t-il. &laquo;&nbsp;<em>Alors que Nicolas Sarkozy croit que chaque mot est un acte, François Hollande redonne à la politique son sérieux</em>&laquo;&nbsp;.</p>
<p style="text-align: justify;">Vous pouvez retrouver le verbatim intégral de cet entretien sur le <a href="http://antennerelais.canalblog.com/archives/2012/01/06/23177711.html" target="_blank">site d&#8217;antennerelais</a> (qu&#8217;il soit ici remercié pour ce travail).</p>
<p><iframe src="http://www.dailymotion.com/embed/video/xnhdqq_peillon-recadre-les-voeux-de-sarkozy-a-l-education_news" frameborder="0" width="480" height="270"></iframe><br />
<a href="http://www.dailymotion.com/video/xnhdqq_peillon-recadre-les-voeux-de-sarkozy-a-l-education_news" target="_blank">Peillon recadre les voeux de Sarkozy à l&#8217;éducation</a> <em>par <a href="http://www.dailymotion.com/antennerelais" target="_blank">antennerelais</a></em></p>
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		<title>&#171;&#160;La circulaire Guéant est une blessure pour l&#8217;identité de la France&#160;&#187;</title>
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		<description><![CDATA[Vincent Peillon était ce matin l&#8217;invité de Pascale Clark sur France Inter pour développer les propositions de François Hollande sur l&#8217;éducation. Retrouvez l&#8217;intégralité de cet entretien : Vincent Peillon par franceinter]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Vincent Peillon était ce matin l&#8217;invité de Pascale Clark sur France Inter pour développer les propositions de François Hollande sur l&#8217;éducation. Retrouvez l&#8217;intégralité de cet entretien :</p>
<p><iframe src="http://www.dailymotion.com/embed/video/xngcix" frameborder="0" width="480" height="270"></iframe><br />
<a href="http://www.dailymotion.com/video/xngcix_vincent-peillon_news" target="_blank">Vincent Peillon</a> <em>par <a href="http://www.dailymotion.com/franceinter" target="_blank">franceinter</a></em></p>
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		<title>&#171;&#160;La nation toute entière doit se mobiliser autour de son école&#160;&#187;</title>
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		<pubDate>Fri, 16 Dec 2011 17:29:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>vpeillon</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Education]]></category>
		<category><![CDATA[Hollande 2012]]></category>
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		<description><![CDATA[Entretien de Vincent Peillon au Café Pédagogique. Etes-vous sorti de la phase des consultations avec les acteurs de l&#8217;Ecole ? Sinon quand publierez-vous le programme Hollande pour l&#8217;Ecole ? François Hollande est candidat à l&#8217;élection présidentielle. Il va proposer un projet pour la France. Dans ce projet, il a annoncé qu&#8217;il veut mettre un terme [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong><a href="http://www.vincent-peillon.fr/wp-content/uploads/2011/12/VP-photo-FB.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-2333" style="margin: 15px;" title="VP -photo FB" src="http://www.vincent-peillon.fr/wp-content/uploads/2011/12/VP-photo-FB-280x300.jpg" alt="" width="183" height="202" /></a></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Entretien de Vincent Peillon au</em> <em>Café Pédagogique.</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Etes-vous sorti de la phase des consultations avec les acteurs de l&#8217;Ecole ? Sinon quand publierez-vous le programme Hollande pour l&#8217;Ecole ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">François Hollande est candidat à l&#8217;élection présidentielle. Il va proposer un projet pour la France. Dans ce projet, il a annoncé qu&#8217;il veut mettre un terme à la crise de l&#8217;avenir qui ronge notre pays, l&#8217;affaiblit, le désunit. Au cœur de cette ambition il y a l&#8217;école, non seulement parce qu&#8217;elle est au fondement de notre identité républicaine, mais parce qu&#8217;elle est la France de demain. Edgar Quinet disait de l&#8217;écolier qu&#8217;il est le &laquo;&nbsp;messager de l&#8217;avenir&nbsp;&raquo;. En abandonnant l&#8217;école, la droite a sacrifié notre avenir. Nous voulons retrouver le sens du progrès, la promesse républicaine, et nous savons que l&#8217;école est le vecteur pour le faire. Il appartient à François Hollande de donner du sens, de fixer une orientation, de défendre des valeurs, pas  seulement d&#8217;écrire un programme. </p>
<p style="text-align: justify;">D&#8217;où la deuxième volonté de François Hollande, celle de passer un nouveau contrat entre l&#8217;école et la nation. Cette idée n&#8217;est pas rien. Il s&#8217;agit de dire que l&#8217;école est l&#8217;affaire de tous, le bien de tous, qu&#8217;elle relève de l&#8217;intérêt général, et que donc tout le monde doit prendre en charge cette œuvre qui est une œuvre de refondation républicaine. C&#8217;est la nation toute entière qui doit se mobiliser autour de son école. C&#8217;est un choix de valeur et un choix de société.  Nous voulons porter le projet d&#8217;une société qui replace la connaissance, le savoir, l&#8217;avenir, la justice, la laïcité au cœur du pacte républicain  C&#8217;est dans cette perspective que François Hollande a souhaité que je puisse rencontrer, avec tous ceux et toutes celles qui m&#8217;entourent, l&#8217;ensemble des acteurs pour baliser ce que pourra être cet acte de refondation dont il avait précisé au salon de l&#8217;éducation qu&#8217;il devrait prendre, pour commencer, la forme d&#8217;une loi de programmation votée à l&#8217;automne.</p>
<p style="text-align: justify;">Une première série de consultations est terminée, mais d&#8217;autres vont se poursuivre à travers des groupes thématiques pour approfondir plusieurs points et voir jusqu&#8217;où on peut aller. C&#8217;est un travail sérieux, discret, approfondi, respectueux des rôles de chacun, mais qui dit bien combien nous partageons tous la volonté de conduire ensemble ce redressement national autour et à partir de notre école. François Hollande aura à proposer son projet pour la France, et sa vision de l&#8217;école républicaine du XXI siècle, sans doute dans les premières semaines de 2012, et il aura plusieurs occasions de préciser ce projet jusqu&#8217;en mai.  </p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-2332"></span></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>A droite l&#8217;UMP met en avant un modèle cohérent sur l&#8217;Ecole : celui du pilotage par l&#8217;évaluation et la mise en concurrence des écoles et établissements. C&#8217;est un modèle qui est déjà opérationnel dans plusieurs pays ce qui lui ajoute du poids. Pensez-vous que la France puisse échapper à ce modèle de gestion de l&#8217;Ecole ? Si oui, par quoi le remplacerez-vous ? </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Un modèle cohérent? Je ne le crois pas. L&#8217;évaluation nous dit qu&#8217;il faut mettre des moyens sur le primaire, sur la formation des enseignants, envisager d&#8217;autres rythmes pour les élèves&#8230; Que fait la droite? Exactement le contraire! C&#8217;est ça le pilotage par l&#8217;évaluation ? </p>
<p style="text-align: justify;">Le seul pilotage de l&#8217;Education nationale depuis cinq ans est fait par Bercy: on rend des postes, on applique la règle de non-remplacement d&#8217;un fonctionnaire sur deux, et après on cherche où les trouver: c&#8217;est ainsi qu&#8217;on n&#8217;accueille plus les petits à la maternelle, qu&#8217;on dépouille les zones prioritaires de leurs moyens, qu&#8217;on n&#8217;accompagne plus les publics handicapés, qu&#8217;on supprime la formation des enseignants dans l&#8217;urgence, qu&#8217;on n&#8217;assure plus les remplacements&#8230; D&#8217;ailleurs, vous l&#8217;aurez observé, la droite ne publie pas les évaluations qu&#8217;elle demande. Pourquoi? Parce que ces évaluations montrent nettement les erreurs de sa politique et les conséquences lourdes de ces erreurs en termes de performance du système et de réussite des élèves. La droite a réussi a abaisser le niveau et augmenter les inégalités. Mais comme elle préfère la propagande à l&#8217;action réelle, elle refuse la publication des études et même des rapports de l&#8217;Inspection générale. C&#8217;est un déni de démocratie inacceptable. La cohérence de la droite, la seule, c&#8217;est de faire reculer l&#8217;école et de la soumettre à une logique d&#8217;entreprise. Cette incohérence est évaluée : puisque certains semblent rêver du retour des blouses grises, revenons aussi au bonnet d&#8217;âne. Bonnet d&#8217;âne pour les politiques de la droite, voilà ce que disent les évaluations.</p>
<p style="text-align: justify;">Notre modèle est simple, et c&#8217;est un principe supplémentaire de notre action: notre seule cohérence, c&#8217;est la réussite de tous les élèves, et notre entrée dans toutes les questions, temps scolaires, méthodes, orientation, programmes, et même gouvernance, est toujours d&#8217;abord pédagogique. C&#8217;est le seul critère: la réussite de tous les élèves. Par ailleurs, faisons attention à ne pas croire qu&#8217;un système peut en imiter un autre. L&#8217;éducation, ce sont des tables, des bâtiments, des décrets, des circulaires, un grand corps, mais c&#8217;est aussi des mœurs, une histoire, une culture, un esprit et un pays comme la France a une culture scolaire spécifique et un esprit public bien à lui qui n&#8217;a pas que des défauts… On ne part pas de rien.  </p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Dans les idées qu&#8217;on entend un peu partout (pas seulement chez des politiques de droite), il y a l&#8217;idée qu&#8217;on peut augmenter le temps de travail des enseignants. Même si, de fait, les rectorats n&#8217;arrivent plus à caser leurs heures supplémentaires défiscalisées. Quel est votre sentiment là-dessus ?   </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Comme souvent, c&#8217;est une mauvaise entrée dans le sujet. Les enseignants travaillent pour l&#8217;immense majorité d&#8217;entre eux beaucoup, et souvent dans des conditions de plus en plus difficiles. Un certain nombre d&#8217;études existent qui montrent clairement cela. La véritable question est de savoir comment utiliser au mieux ce temps de travail pour l&#8217;épanouissement des personnels et la réussite des élèves. C&#8217;est là que la discussion doit porter et que des évolutions doivent avoir lieu. Beaucoup en partagent maintenant l&#8217;idée, à condition de respecter la reconnaissance des disciplines, et de dépasser des fausses oppositions qui n&#8217;ont que trop contribué à diviser ceux qui aiment l&#8217;école et à faire le lit de ceux qui ne l&#8217;aiment pas.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Certains courants expliquent que l&#8217;amélioration des performances du système éducatif passe par une autonomie plus grande des établissements. Partagez-vous cette analyse et pourquoi ?  </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Si l&#8217;autonomie c&#8217;est le caporalisme, le management, la logique des moyens, l&#8217;abandon des cadres nationaux, non. Si c&#8217;est l&#8217;équipe pédagogique, le projet éducatif local, la construction de réponses spécifiques, oui, et cela existe déjà. Ce qu&#8217;il faut comprendre, c&#8217;est que la possibilité de travailler en équipes, de construire des projets particuliers, de gérer une partie du temps, de contractualiser avec les collectivités locales, les associations ou même d&#8217;autres acteurs culturels ou économiques suppose du temps, de la reconnaissance, de l&#8217;apprentissage aussi si l&#8217;on veut que cela ne soit pas un substitut à des missions fondamentales d&#8217;instruction. Dans les études dont nous disposons, le facteur autonomie n&#8217;est pas déterminant. Cela dépend des endroits : la Finlande, de ce point de vue, n&#8217;est pas les Etats-Unis. Ce qui est déterminant, c&#8217;est la qualité du rapport entre le professeur et l&#8217;élève, rapport qui doit être replacé au cœur de notre système et qui exige, je le redis, des évolutions. </p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le débat sur les &laquo;&nbsp;compétences&nbsp;&raquo; et l&#8217;évaluation des élèves est très fort depuis quelques années, dans les pays de l&#8217;OCDE. Il semble que ces notions fassent débat chez les enseignants. Comment pensez-vous que le système éducatif français puisse dépasser l&#8217;apparent antagonisme entre programmes et socle commun, entre évaluation par compétence et examens nationaux (brevet, bac&#8230;) ?  </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Nous ne devons pas idéaliser inutilement le passé, et  du même coup le méconnaître. Nous devons repenser l&#8217;évaluation : elle est violente,  peu formative, organise une orientation et une sélection par l&#8217;échec, provoque beaucoup de souffrances et finalement impose des modèles rigides et malthusiens qui ne diversifient pas les profils de réussite et ne nous permet pas de répondre même à nos besoins de professionnels dans certains secteurs. Ce système vaut d&#8217;ailleurs à tous les niveaux : pour les professeurs comme pour les élèves. Que cela fasse débat, tant mieux, car il n&#8217;y a pas d&#8217;éducation parfaite, pas d&#8217;homme parfait, pas de société parfaite, et que c&#8217;est une nécessaire qualité du pédagogue que de toujours s&#8217;interroger sur son action,  sur les concepts qu&#8217;il utilise et les finalités qu&#8217;il sert. La réflexion critique est partie prenante du métier.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais enfin, là encore : je ne vois pas qu&#8217;il faille revenir sur l&#8217;idée du socle commun, même si je n&#8217;aime pas cette idée d&#8217;un socle, comme si l&#8217;on voulait ramener l&#8217;élève, qui doit s&#8217;élever, vers la terre ; je n&#8217;oppose pas cela à l&#8217;idée de culture commune. Je rappelle que nous sommes certains qu&#8217;il faut concentrer les apprentissages sur les matières fondamentales dès le plus jeune âge, mais je rappelle aussi que Jules Ferry parlait d&#8217;une &laquo;&nbsp;éducation libérale&nbsp;&raquo;, c&#8217;est-à-dire d&#8217;une école qui permette l&#8217;accès aux arts libéraux aux enfants des classes les plus modestes. Je n&#8217;oppose pas éducation et instruction, discipline et pédagogie, compétences et savoirs, socle et culture : je réprouve les pensées binaires, et je souhaite que François Hollande puisse construire avec tous l&#8217;école de la nouvelle France.</p>
<p style="text-align: justify;">Il faudra revoir les programmes de 2008, et cesser les empilements, les redondances ou les aberrations. Nous le savons tous. Là encore l&#8217;entrée pédagogique est fondamentale, et l&#8217;intérêt commun, l&#8217;intérêt de l&#8217;élève, ne peut être la résultante d&#8217;une pluralité d&#8217;intérêts, sans doute tous très respectables, mais particuliers. Dans un système comme le nôtre, la question du pilotage par les examens se pose, et donc cette question n&#8217;est pas taboue. Mais il faut l&#8217;inscrire dans une vision globale et veiller à ne pas afficher de chiffons rouges.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans le débat sur l&#8217;école, il y a une forte propension à commencer par les sujets saturés de passion afin d&#8217;être sûrs de tout bloquer… Cela ne me semble pas de bonne méthode. Et pas à la hauteur du défi que nous devons essayer de relever. Car nous ne pouvons accepter d&#8217;en rester là où nous sommes rendus aujourd&#8217;hui. Nous devons opérer non pas une énième réforme, pour habiller une régression de plus, mais une refondation républicaine. Cela ne se fera pas sans le soutien, l&#8217;accord, l&#8217;engagement des enseignants. Il faut retrouver l&#8217;énergie des grandes tâches. La France a besoin de ses professeurs pour réussir son entrée dans le XXI siècle et se redresser. </p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les travaux de l&#8217;OCDE montrent que les salaires des enseignants ont relativement diminué depuis 1995 et qu&#8217;ils sont bas par rapport aux pays voisins. Là aussi qu&#8217;est-ce qui peut être fait ? Avec quelles exigences en retour ? Comment rendre le métier à nouveau attractif ? </strong></p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est un sujet majeur, et François Hollande est très préoccupé de la crise des recrutements. Je ne nie pas ce que vous dites, mais dans l&#8217;état des finances publiques qui est le notre, comprenez que la revalorisation indiciaire n&#8217;est pas l&#8217;action la plus évidente. Par contre, des problèmes se posent : la formation initiale et continue, les déroulements de carrière, mais aussi les prérecrutements car avec la mastérisation nous risquons de décourager du métier  beaucoup de jeunes qui auraient pourtant la vocation mais qui n&#8217;ont pas les moyens de poursuivre sans revenu des études aussi longues. Vous savez que de plus en plus de jeunes travaillent pour payer leurs études, qu&#8217;ils travaillent de plus en plus d&#8217;heures, et qu&#8217;il y a une corrélation entre cette nécessité où ils se trouvent et l&#8217;échec dans les études.</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est un plan d&#8217;ensemble que François Hollande proposera, car il ne peut accepter l&#8217;idée qu&#8217;un pays  comme le nôtre ne puisse même plus recruter des professeurs pour éduquer ses enfants tant on a abîmé les conditions du métier. J&#8217;ai été frappé tout au long des discussions que nous avons menées d&#8217;avoir des enseignants ou des acteurs dont la préoccupation est d&#8217;abord celle de leur métier, des élèves, de la nation, bien avant la question de leurs situations personnelles Nous sommes bien loin de l&#8217;image lamentable que certains ont voulu donner des enseignants. Ils ont des valeurs fortes et une haute idée de leur responsabilité et de leur tâche malgré les attaques qu&#8217;ils n&#8217;ont cessé de subir ces dernières années, et parfois malheureusement un peu avant. Jaurès disait de la République qu&#8217;elle est un grand acte de confiance. On pourrait dire la même chose de l&#8217;éducation et de l&#8217;instruction. Alain disait : &laquo;&nbsp;il faut donner d&#8217;abord&nbsp;&raquo;. Je veux que nous retrouvions cette confiance. C&#8217;est ce que propose François Hollande avec la priorité à la jeunesse et à l&#8217;école. </p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La situation économique ne cesse de se dégrader. Dans cette perspective est-il encore possible de dégager des moyens supplémentaires pour l&#8217;Ecole par exemple pour embaucher 60 000 personnes ? Le futur gouvernement peut-il s&#8217;engager sur des moyens supplémentaires pour l&#8217;éducation ? </strong></p>
<p style="text-align: justify;">François Hollande a pris ses responsabilités, et chacun convient maintenant, après le temps des sarcasmes, que c&#8217;était courageux et juste. On fait deux milliards de cadeaux fiscaux aux plus gros patrimoines par la réforme de l&#8217;ISF encore cette année, on gaspille de l&#8217;argent, 75 milliards d&#8217;euros en cinq ans avec des cadeaux fiscaux inutiles, et là où se prépare l&#8217;avenir du pays, à l&#8217;école, il faut s&#8217;affaiblir sans cesse davantage. Ce n&#8217;est pas raisonnable. Si l&#8217;on veut reconstruire une formation des enseignants digne de ce nom, permettre de meilleurs apprentissages durant les premières années, accueillir les enfants handicapés, améliorer l&#8217;orientation, briser le noyau dur de l&#8217;échec scolaire, arrêter l&#8217;hémorragie des jeunes qui sortent du système sans qualification, il faudra des moyens. Ceux-ci devront accompagner un véritable effort d&#8217;amélioration de nos pédagogies, et donc les réformes nécessaires.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais la première rupture à faire est de comprendre que pour nous l&#8217;éducation n&#8217;est pas une dépense passive, un coût : c&#8217;est un investissement, le premier investissement d&#8217;avenir, qui entraînera notre croissance et compétitivité de demain. Il appartiendra à François Hollande de rendre ses arbitrages. Mais il a déjà affiché clairement la priorité qu&#8217;il veut accorder à l&#8217;école. A ceux qui aiment l&#8217;école et y consacrent leur vie de répondre à cet espoir. On l&#8217;attendait depuis longtemps pour en relever le pari. François Hollande a dit, vouloir refonder la République par l&#8217;école : cette refondation a besoin de ses nouveaux hussards noirs.    </p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Propos recueillis par François Jarraud, à retrouver sur le <a href="http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2011/12/16122011_VPeillon.aspx" target="_blank">site du Café pédogogique</a>.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
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		<title>&#171;&#160;La renégociation d&#8217;un traité ajouterait du chaos au chaos&#160;&#187;</title>
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		<pubDate>Fri, 02 Dec 2011 11:17:34 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Invité de &#171;&#160;La Matinale&#160;&#187; de Canal+, Vincent Peillon a mis en garde Nicolas Sarkozy contre l&#8217;inutilité et les dangers de la négociation d&#8217;un nouveau traité européen. Un tel processus prendrait des mois, nous engagerait pour des décennies et comporte un risque important de régression démocratique, souligne-t-il. La crise exige, à l&#8217;inverse, des réponses immédiates et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Invité de &laquo;&nbsp;La Matinale&nbsp;&raquo; de Canal+, Vincent Peillon a mis en garde Nicolas Sarkozy contre l&#8217;inutilité et les dangers de la négociation d&#8217;un nouveau traité européen. Un tel processus prendrait des mois, nous engagerait pour des décennies et comporte un risque important de régression démocratique, souligne-t-il. La crise exige, à l&#8217;inverse, des réponses immédiates et qui ne nécessitent pas de modifier les traités actuels : l&#8217;émission d&#8217;euro-obligations, une taxe sur les transactions financières, le renforcement du Fonds Européen de Stabilité Financière, un rôle accru de la BCE et une initiative européenne de croissance (<em>à partir de 25&#8217;20 min</em>) :</p>
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		<title>&#171;&#160;Sarkozy est le candidat de la résignation&#160;&#187;</title>
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		<pubDate>Fri, 02 Dec 2011 09:41:57 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Les Inrocks &#8211; En Europe, à part en France, plus aucune force politique majeure ne se réclame du “socialisme”. Vincent Peillon, chargé de l’Education auprès de François Hollande, explore les voies étroites de la social-démocratie d’aujourd’hui. On a l&#8217;impression que la crise ne sert pas les idées social-démocrates. Y a-t-il une crise de la social-démocratie [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.vincent-peillon.fr/wp-content/uploads/2011/12/VP-concentré.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-2313" style="margin-left: 30px; margin-right: 30px;" title="VP concentré" src="http://www.vincent-peillon.fr/wp-content/uploads/2011/12/VP-concentré-300x192.jpg" alt="" width="228" height="147" /></a>Les Inrocks &#8211; En Europe, à part en France, plus aucune force politique majeure ne se réclame du “socialisme”. Vincent Peillon, chargé de l’Education auprès de François Hollande, explore les voies étroites de la social-démocratie d’aujourd’hui.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>On a l&#8217;impression que la crise ne sert pas les idées social-démocrates. Y a-t-il une crise de la social-démocratie ? </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Vincent Peillon -</strong> Sans doute. La droite gouverne l&#8217;Europe, la Commission, le Conseil, le Parlement, et la gauche a presque disparu : elle ne gouverne directement que le Danemark et Chypre ! Mais le paradoxe, c&#8217;est que ce sont les idées de la social-démocratie qui se discutent actuellement. L&#8217;harmonisation fiscale, la régulation financière internationale, le gouvernement économique européen, tout cela figure dans les textes socialistes depuis des années ! Quant aux politiques publiques nationales &#8211; redistribution, contrat, investissement dans la petite enfance, développement durable -, c&#8217;est pareil. Je ne vois donc pas un recul théorique des positions de la social-démocratie. L&#8217;élection de 2012 en France doit être le premier signe d&#8217;une reconquête progressiste, un printemps européen après les printemps arabes !</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Comment ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">D&#8217;abord, en tirant les leçons du passé. La social-démocratie s&#8217;est égarée durant les années 90 dans le social-libéralisme. Sur des sujets majeurs comme la régulation économique internationale, il n&#8217;y a pas eu la volonté d&#8217;affrontement nécessaire. Idem pour l&#8217;Europe ou le contrat social : génuflexion devant le marché, associé aux droits de l&#8217;homme et à une vague équité. La social-démocratie s&#8217;est pour une part abandonnée elle-même. Ensuite, en menant plus durement la bataille idéologique contre la droite, ultralibérale d&#8217;abord, nationale-populiste maintenant, conduisant toujours au désastre mais fière d&#8217;elle, arrogante. Sarkozy a échoué sur tout : la croissance, la dette, le logement, le commerce extérieur, l&#8217;emploi, l&#8217;école, et même la sécurité, mais cela ne l&#8217;embarrasse pas, il va faire à nouveau la leçon à tout le monde. La télécratie sert les populismes, et Sarkozy s&#8217;y complaît. Nous devons nous y adapter pour conduire la confrontation.</p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-2312"></span></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La gauche n&#8217;a pas fait ce travail d&#8217;adaptation ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">On est dans le champ du slogan, de l&#8217;ignorance, du mensonge, de l&#8217;émotion, de la simplification, de la caricature, qui, par nature, ne favorisent pas la pensée progressiste. C&#8217;est ce que vient de faire Nicolas Sarkozy, président en campagne avec les moyens de l&#8217;Etat, dans son discours de Tricastin : mentir, simplifier, faire peur. C&#8217;est pourquoi cette campagne va opposer, à travers deux hommes et deux tempéraments, deux visions de la politique et de la vie en commun : raison contre émotion, rassemblement contre divisions, constance contre incohérence, sérénité contre agitation, confiance contre peur, démocratie contre démagogie. Nicolas Sarkozy va vouloir faire croire qu&#8217;il a changé. C&#8217;était déjà le thème de 2007. Et faire comme s&#8217;il n&#8217;avait pas gouverné. Il va diviser, agresser, mentir, promettre. Il faut le laisser faire, se placer ailleurs. Le roi est nu. Et nous allons le montrer.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>On a l&#8217;impression qu&#8217;il y a aussi une résignation, que les gens ont du mal à croire à une alternative. C&#8217;est difficile de trouver des thèmes ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La désindustrialisation et la perte des emplois, le pouvoir d&#8217;achat, la transition écologique, l&#8217;école, l&#8217;avenir de l&#8217;Europe&#8230; Les Français ont des préoccupations, des indignations, des valeurs, des ambitions. Nous savons que la résignation sert toujours les conservatismes. &laquo;&nbsp;On ne peut pas faire autrement&nbsp;&raquo; : ce discours est toujours celui de ceux qui sont servis par le système en place. La vocation de la gauche est de le démentir. Sarkozy est le candidat de la résignation.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>L&#8217;argument de Nicolas Sarkozy, pour qui la France vieillissante bascule à droite, n&#8217;est-il pas pertinent ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Les gens ne sont pas naturellement orientés génétiquement, y compris nos anciens, vers la droite ou vers la gauche. Il y a un formidable appareil idéologique d&#8217;Etat, comme disait Althusser, des prolongements tentaculaires médiatiques non analysés. Et tout cela crée un esprit public qui tourne à droite, mais parce qu&#8217;il est matricé par des intérêts puissants, combatifs, organisés. C&#8217;est pourquoi dans cette élection il va falloir relever le défi de l&#8217;affrontement. Nos électeurs attendent de nous de la force. On ne va pas les décevoir.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Comment combattre ces relais tentaculaires ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;organisation de débats par les préfectures sur l&#8217;identité nationale et l&#8217;immigration a été pour moi un point de rupture. Tout le monde ne parlait que de cela, on en a même fait un prime time entre Eric Besson et Marine Le Pen, sans que cela ne dérange personne ou presque. Vous avez là un bel exemple de ce que j&#8217;appelle la matrice. Comment combattre ? Il faut d&#8217;abord nommer, dévoiler, faire voir, et puis affronter. L&#8217;élection présidentielle engage la nature même de notre lien civique et social.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>On le voit aujourd&#8217;hui sur le droit de vote des étrangers&#8230;</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La gauche morale qu&#8217;on nous oppose comme une hypocrisie ou une faiblesse, c&#8217;est tout simplement la République. Elle mérite d&#8217;être défendue. Elle est attaquée. Et puis il y a la bataille économique et sociale pour s&#8217;adresser aux dix à quinze millions de Français qui sont les principales victimes de la crise et les oubliés de la politique. Certains ont cru en Sarkozy : le pouvoir d&#8217;achat, la France des propriétaires&#8230; Il les a trahis. Il les trahira encore si la possibilité lui en est donnée. François Hollande va mener cette bataille. C&#8217;est une force de son parcours : il n&#8217;a jamais trahi.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Pourquoi ne pas avancer la présentation du programme de François Hollande ? Eric Besson disait que le PS a longtemps eu un programme et pas de candidat et qu&#8217;il a maintenant un candidat mais plus de programme !</strong></p>
<p style="text-align: justify;">François Hollande s&#8217;exprime depuis deux ans sur les trois sujets essentiels : l&#8217;éducation, l&#8217;industrie, la justice fiscale. Et il dit, incroyable performance dans un monde de girouettes, la même chose. Il est le seul aujourd&#8217;hui en France à avoir mis dans le débat public des priorités nettes, l&#8217;école, la réforme fiscale, des propositions précises, le contrat de génération, la transition écologique, une loi de programmation sur l&#8217;école, et un thème fédérateur, la jeunesse. Il a toujours dit la vérité sur la situation économique. Le reste, c&#8217;est de la propagande.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Il n&#8217;y a pas nécessité d&#8217;accélérer avant janvier ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;accélération de Sarkozy montre bien que la fébrilité et l&#8217;inquiétude sont dans son camp. Chaque jour, il va nous faire un nouveau grand discours et une nouvelle proposition. Tout l&#8217;appareil gouvernemental est en campagne, sans aucun respect des fonctions de chacun ni des usages démocratiques. A gauche, si difficulté il y a, elle n&#8217;est pas chez François Hollande, elle est dans son environnement.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>C&#8217;est-à-dire ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Il faut aussi que la gauche se demande si elle veut gagner ! Après nous avoir expliqué pendant des années que Sarkozy, c&#8217;était l&#8217;abaissement national, la régression sociale et l&#8217;étouffement de la démocratie, l&#8217;exercice favori de nos partenaires, le Front de gauche, les Verts, et j&#8217;entendais aussi François Bayrou, c&#8217;est de s&#8217;attaquer à François Hollande. C&#8217;est lui faire un grand honneur, qu&#8217;il mérite sans doute puisqu&#8217;il est le favori. Mais il faut quand même veiller à une certaine intelligence collective. La droite, elle, ne se trompe pas d&#8217;adversaire : elle vise toujours François Hollande, parce qu&#8217;elle sait qu&#8217;il est celui qui peut battre Nicolas Sarkozy. Pourquoi des gens qui veulent le changement et participer au redressement de la France consacrent-ils tant d&#8217;énergie à prêter main-forte à la droite au lieu de développer leurs propositions ? Cela provoque du mépris et de la défiance chez les électeurs. Ce jeu-là a déjà beaucoup coûté à la gauche !</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les critiques de la droite portent sur la capacité de François Hollande à être un chef. Est-ce que c&#8217;est une bonne idée pour le candidat de la gauche d&#8217;aller sur le terrain de Nicolas Sarkozy ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Avoir une autorité est une chose nécessaire et dans le fond très estimable. Mais sur quoi se fonde cette autorité ? Sur la division, la menace, la force, la brutalité ? Ou sur les qualités intellectuelles et morales de la personne ? Je crois que François Hollande a une autorité forte. Il va la faire partager aux Français, qui vont le connaître de mieux en mieux et vont apprécier son respect, son écoute, son sérieux, mais aussi sa constance, sa solidité et son courage. Il n&#8217;a pas à rechercher une autorité comme celle qu&#8217;a voulu jouer Nicolas Sarkozy à coups de menton et de <em>&laquo;&nbsp;casse-toi pauvre con&nbsp;&raquo;,</em> ce volontarisme qui finit soit dans la capitulation &#8211; il suffit de le regarder avec Mme Merkel -, soit dans la girouette. L&#8217;actuel président a beaucoup abaissé la fonction présidentielle et plus globalement dégradé l&#8217;image du politique. La question de la confiance aussi est posée dans cette élection.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Pourquoi le choix de la jeunesse ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La France a plus de difficultés que les autres pays à se projeter dans l&#8217;avenir, et donc à le préparer et à le maîtriser. C&#8217;est la dette qu&#8217;on laisse filer, l&#8217;investissement qui n&#8217;est plus là, la jeunesse qui est maltraitée. Même les gens les plus âgés ne veulent plus de ces égoïsmes générationnels. Et ils en veulent d&#8217;autant moins qu&#8217;il y a de plus en plus de transferts directs dans les familles pour aider les plus jeunes ! Pendant sa campagne, Nicolas Sarkozy va diviser. Si nous devons nous redresser, il faut trouver un projet qui fédère. La conviction de François Hollande, c&#8217;est que la jeunesse n&#8217;est pas une catégorie mais le ferment d&#8217;un pays qui voudrait à nouveau se projeter dans l&#8217;avenir et tenir la promesse républicaine.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>On a senti une inflexion sur les universités. Jusqu&#8217;ici le PS semblait reconnaître que la réforme sur l&#8217;autonomie était le seul élément positif du bilan de Sarkozy. Or, François Hollande a parlé à Strasbourg de réforme de la loi LRU&#8230;</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Il y a un progrès dans l&#8217;idée de confier une autonomie aux universités. Le problème, c&#8217;est la mise en œuvre. Aujourd&#8217;hui, il y a huit universités mises sous tutelle. Ce qui est l&#8217;inverse de l&#8217;autonomie. Il faut revoir la gouvernance et les moyens. Il y aura donc une proposition de réforme de la LRU. Reste que le sujet majeur, ce sont les premiers cycles universitaires. Il faut penser là une grande réforme pour sortir du gâchis qui existe aujourd&#8217;hui.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Quand François Hollande demande à être jugé sur la réforme de l&#8217;Education qui sera faite dans les cinq ans, c&#8217;est un bon objectif ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est la première fois depuis longtemps qu&#8217;un homme politique de son niveau s&#8217;engage comme cela sur l&#8217;école. Il a raison, car l&#8217;école, c&#8217;est la société de demain : notre justice, notre civisme mais aussi notre croissance et notre compétitivité. Le redressement commence par là.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Propos recueillis par Hélène Fontanaud et Marion Mourgue. Entretien à retrouver <a href="http://www.lesinrocks.com/actualite/actu-article/t/73660/date/2011-12-02/article/vincent-peillon-il-faut-que-la-gauche-se-demande-si-elle-veut-gagner/" target="_blank">sur le site des Inrocks</a>.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
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		<title>L&#8217;Europe a inventé la démocratie, reste à penser la démocratie européenne</title>
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		<pubDate>Tue, 15 Nov 2011 13:31:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>vpeillon</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La démocratie est un bien précieux ; c&#8217;est aussi un bien fragile. Le continent européen devrait pouvoir s&#8217;en souvenir lui qui, pour l&#8217;avoir inventée à Athènes il y a plus de deux mille ans, a connu au long du XXe siècle les tragédies de la Grande Guerre, des totalitarismes, l&#8217;Holocauste, le goulag, mais aussi Franco [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-medium wp-image-2264" title="libé" src="http://www.vincent-peillon.fr/wp-content/uploads/2011/11/libé-300x180.jpg" alt="" width="300" height="180" />La démocratie est un bien précieux ; c&#8217;est aussi un bien fragile. Le continent européen devrait pouvoir s&#8217;en souvenir lui qui, pour l&#8217;avoir inventée à Athènes il y a plus de deux mille ans, a connu au long du XXe siècle les tragédies de la Grande Guerre, des totalitarismes, l&#8217;Holocauste, le goulag, mais aussi Franco en Espagne, Salazar au Portugal, les colonels en Grèce. Certains ont pu croire qu&#8217;il suffirait, pour que la démocratie triomphât définitivement de ses ennemis, d&#8217;exercer le vote, et de l&#8217;exercer de la manière la plus directe qui soit.</p>
<p>On sait, depuis Napoléon «le Petit», qu&#8217;il s&#8217;agissait là d&#8217;une facilité de pensée. Le suffrage universel, pour être la condition nécessaire de la démocratie, n&#8217;en est pas la condition suffisante et peut même se faire «instrument d&#8217;oppression» comme disait autrefois le philosophe républicain Etienne Vacherot. Non, la démocratie requiert bien plus : un espace public, un esprit public, des valeurs, une organisation, une séparation et un contrôle des pouvoirs, une éducation, des Lumières, des solidarités économiques et sociales, une justice.</p>
<p>La crise de l&#8217;Europe que nous vivons est une crise économique, mais elle est tout autant et d&#8217;abord une crise du politique et de la démocratie. La palinodie du vrai-faux référendum grec aura eu à cet égard valeur de double révélateur : celui de la nécessité d&#8217;un retour puissant du politique, mais aussi celui du sentiment troublant de son impossibilité, de son incongruité. Cette ambivalence doit être pensée pour être dépassée. La vérité est que les lignes de front du combat démocratique se sont aujourd&#8217;hui déplacées, et que, pour beaucoup d&#8217;entre eux, les soldats républicains ne tirent plus dans la bonne direction.</p>
<p>Nous n&#8217;avons rien à gagner à exiger une succession de référendums nationaux, organisés au gré des nécessités et en ordre dispersé. Un blanc-seing au monarque absolu européen ou un saut à pieds joints dans le vide du repli nationaliste : quel choix pour le citoyen ! Non, nous ne voulons pas de couperets mais un exercice, commun, de plein droit, serein et continu, du choix et de la démocratie, cette fois au niveau européen. Il n&#8217;y a pas de crises en Grèce, en Italie, en Espagne, au Portugal &#8211; on ne saurait d&#8217;ailleurs plus où arrêter l&#8217;énumération &#8211; car il n&#8217;y a qu&#8217;une crise, et elle est en Europe. C&#8217;est l&#8217;Europe tout entière qui se plie aux diktats des marchés et des agences de notation, qui pâtit de son impuissance et de son défaut de solidarité. C&#8217;est l&#8217;Europe tout entière qui est humiliée sur la scène internationale. On s&#8217;inquiète de transferts de souveraineté vers l&#8217;Europe &#8211; mais c&#8217;est l&#8217;Europe tout entière qui perd doucement sa souveraineté, et avec elle chacune de ses nations.</p>
<p>L&#8217;urgence, c&#8217;est de redonner à la souveraineté populaire le pilotage du projet européen. Car c&#8217;est ensemble, que les Européens pourront réduire le poids de leurs dettes, se libérer des marchés et préparer l&#8217;avenir en investissant. La sortie de crise supposera des décisions au niveau européen qui ne pourront être prises sans une légitimité démocratique totale, sauf bien sûr à nous conduire au désastre. Après avoir longtemps combattu cette proposition des socialistes et de Jacques Delors, tout le monde réclame aujourd&#8217;hui le gouvernement économique européen. Soit. Mais le penser sans une intégration politique et démocratique plus forte, et vécue comme telle par les citoyens, serait une nouvelle folie et une nouvelle impasse.</p>
<p>Nous devons assumer une nouvelle étape de la construction européenne. Pour faire la République en France, il a fallu «faire» des républicains. La Révolution dans les intérêts ne pouvait y suffire. Cette leçon reste valable. Nous devons construire une Europe plus intégrée sur le plan économique. Cela ne pourra se faire qu&#8217;en construisant une Europe plus démocratique sur le plan politique, une véritable souveraineté populaire européenne. Pour faire l&#8217;Europe, faisons des Européens.</p>
<p>Vincent Peillon</p>
<p>(Libération du 14/11/2011)</p>
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		<title>&#171;&#160;Faisons de cette élection le début du redressement&#160;&#187;</title>
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		<pubDate>Sat, 12 Nov 2011 12:48:10 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Vincent Peillon évoque avec François Bachy ses récentes Conversations républicaines (avec François Bazin), publiées chez Denoël. Revenant sur les grands thèmes qu&#8217;il développe dans cet ouvrage, il souligne l&#8217;importance de l&#8217;école et son lien indéfectible avec la Nation, le rôle de l&#8217;esprit public, la modernité des principes républicains&#8230; Reliant ces réflexions à l&#8217;actualité politique, il [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Vincent Peillon évoque avec François Bachy ses récentes <em>Conversations républicaines</em> (avec François Bazin), publiées chez Denoël. Revenant sur les grands thèmes qu&#8217;il développe dans cet ouvrage, il souligne l&#8217;importance de l&#8217;école et son lien indéfectible avec la Nation, le rôle de l&#8217;esprit public, la modernité des principes républicains&#8230; Reliant ces réflexions à l&#8217;actualité politique, il juge que François Hollande dispose &laquo;&nbsp;<em>des qualités et de la vision</em>&nbsp;&raquo; nécessaires pour &laquo;&nbsp;<em>porter une ambition pour la France</em>&laquo;&nbsp;.</p>
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		<title>François Hollande n&#8217;a qu&#8217;un cap : l&#8217;intérêt général du pays</title>
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		<pubDate>Wed, 09 Nov 2011 18:17:19 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Vincent Peillon était ce mardi l&#8217;invité de &#8216;Preuves par 3&#8242; sur Public Sénat. Retrouvez ci-dessous en vidéo les 3 parties de l&#8217;émission.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div>Vincent Peillon était ce mardi l&#8217;invité de &#8216;Preuves par 3&#8242; sur Public Sénat. Retrouvez ci-dessous en vidéo les 3 parties de l&#8217;émission.</div>
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