Archives de la catégorie 'Laïcité'
28 mars 2012
Sur Radio Notre Dame, Vincent Peillon s’entretient avec Louis Daufresne de la laïcité, de la campagne présidentielle, de l’éducation…
Réécoutez l’intégralité de cette émission sur le site de Radio Notre Dame.
16 mars 2012

Entretien de Vincent Peillon au magazine La Vie.
Pourquoi cet intérêt de François Hollande pour l’école ?
L’identité nationale française s’est construite autour et par l’école : elle est au cœur de la construction républicaine, à la fois le creuset de la vie commune, de l’apprentissage des valeurs, et le lieu où se prépare, y compris économiquement, l’avenir du pays. Si elle va mal, c’est tout le pacte républicain qui est atteint. Or c’est le cas. Notre volonté est de reconstruire du commun entre les enfants de France et de nous donner les moyens d’affronter l’avenir avec confiance. Le moment est venu d’une refondation de notre école, qui sera aussi une refondation républicaine.
Quelles sont les mesures phares de son programme en matière d’éducation ?
François Hollande a tout d’abord choisi de mettre la priorité sur le primaire et l’accueil des moins de 3 ans en maternelle – passé de 35 % à 11 % en dix ans. C’est dans les premières années que se joue la lutte contre l’échec scolaire : ceux qui arrivent en 6ème avec des difficultés en lecture en rencontraient déjà à la fin du CP. Or nous faisons aujourd’hui précisément le contraire : la France a tout juste 5 professeurs des écoles pour 100 élèves. C’est le plus faible taux d’encadrement des 34 pays de l’OCDE !
Nous entendons également reconstruire la formation des enseignants, qui a été littéralement détruite par l’actuel gouvernement. Enseigner est un métier difficile, qui doit s’apprendre.
Nous voulons enfin réformer les rythmes scolaires et revenir sur la semaine de 4 jours, imposée par Xavier Darcos, qui a conduit à un grand déséquilibre : 144 jours de classe par an, cela veut dire 221 en dehors. Cela accentue encore les inégalités sociales.
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2 mars 2012
Dans Philosophie Magazine, Vincent Peillon débat de la pensée de Jean Jaurès avec Luc Ferry.
Propos recueillis par Martin Duru et Martin Legros.
Vincent Peillon : Jaurès l’homme politique est une figure éclatante de notre histoire, mais Jaurès le philosophe reste injustement méconnu, et cette méconnaissance rejaillit sur la compréhension de la figure politique. Il prend place dans un courant de pensée lui-même sous-estimé, le spiritualisme, qui court de Maine de Biran jusqu’à Bergson, et qui fut le courant dominant de la philosophie française. En son temps, Jaurès s’élève avec d’autres contre la philosophie de Kant, selon laquelle nous ne pouvons pas connaître la réalité dernière des choses. Pour lever cet interdit, il emprunte la voie de la psychologie, de l’analyse du rapport entre la conscience et le monde. Sa métaphysique part du principe que l’esprit est partout présent dans la nature – d’où le spiritualisme. Cela peut nous paraître curieux aujourd’hui, mais pour lui, la pierre pense. Et il établit, jusque dans ses discours parlementaires, une continuité qui va du géologique au social ! Dans les lois ouvrières, c’est toujours le même esprit qui est à l’œuvre. Le maître mot de Jaurès, en tant que philosophe et socialiste, est l’unité.
Luc Ferry : Jaurès est en effet un spiritualiste, un idéaliste, et c’est dans cette optique qu’il rompt avec le marxisme sur quatre points essentiels. Premièrement, sur la conception de la révolution, Jaurès rejette avec violence… la violence. Il ne croit pas au coup de poing ou au Grand soir. Il est légaliste tant dans la conquête que dans l’exercice du pouvoir. Deuxièmement, l’Etat n’est pas pour lui l’instrument, la « superstructure » de la classe dominante, mais un milieu neutre et arbitral au sein duquel la classe ouvrière peut être représentée au moyen du suffrage universel. Troisièmement, en soutien vigoureux de l’école républicaine de Luc Ferry, Jaurès considère que l’éducation des masses est un préalable indispensable à la révolution, et non son produit. Quatrièmement, sur la question des droits de l’homme, il voit dans les grandes libertés (d’expression, de circulation, etc.) des principes inaliénables qui permettent de mettre en relation les hommes, de les arracher à leurs enracinements communautaires, tandis que Marx les analysait dans La Question juive comme une invention de la bourgeoisie destinée à isoler les individus et à favoriser l’exploitation du prolétariat. Ceci étant, Jaurès n’a rien du social-démocrate mou. Il va charbon, prend la parole dans les grèves ; il est un révolutionnaire romantique, non au sens du romantisme de Chateaubriand (catholique, royaliste et nationaliste), mais de celui d’écrivains et de poètes comme Nerval ou Borel. Ce romantisme-là, libertaire, ne jure que par la fraternité et a la noble ambition de vouloir changer le monde.
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1 mars 2012
Vincent Peillon était ce matin l’invité des Matins de France Culture. Avec Marc Voinchet et ses chroniqueurs, il revient sur l’actualité européenne et plusieurs sujets au coeur de la campagne présidentielle : fiscalité, laïcité, éducation…
Les Matins de France Culture du 1er mars par franceculture
19 janvier 2012
Interview croisée de Vincent Peillon et de Luc Chatel, par Véronique Soulé.
Libération – Interview. L’actuel ministre de l’Education nationale et le conseiller de François Hollande, défendent des projets opposés.
Tandis que la promesse de François Hollande de créer 60 000 postes dans l’éducation sème la zizanie au sein du Parti socialiste, son conseiller éducation, Vincent Peillon, et le ministre Luc Chatel ont répondu séparément aux questions de Libération sur leur vision de l’école.
Comment voyez-vous l’enseignant de demain ?
Luc Chatel : Pendant longtemps, sa mission essentielle a été de transmettre le savoir. Or, le monde a changé, l’école aussi. Cela reste le cœur de son action. Mais face à des classes hétérogènes et des enfants de la génération Internet, le métier est devenu plus complexe et il a d’autres missions : apporter un soutien scolaire différencié selon les élèves, participer à l’élaboration du projet pédagogique, recevoir les parents… C’est important d’avoir ce débat.
Pour moi, il est clair que dans le secondaire, il faut désormais déterminer le temps de travail des enseignants par des heures de présence dans l’établissement, afin d’inclure toutes ces missions, et non plus seulement par des heures de cours comme cela se fait depuis le décret de 1950 sur les obligations de service [18 heures de cours hebdomadaires pour les certifiés, 15 pour les agrégés, ndlr]. On entérinerait ainsi ce que de nombreux enseignants font déjà.
Vincent Peillon : Après ce quinquennat, les conditions matérielles et morales faites aux enseignants se sont tellement dégradées que l’on a une crise du recrutement. Il faut d’abord redonner aux professeurs les moyens d’enseigner. C’est pour cela que nous défendons l’idée d’un contrat : toute la nation doit s’engager à leurs côtés.
Les tâches se sont diversifiées et doivent être reconnues. Nous ne pouvons pas rester en l’état. Mais la seule réforme qui marchera se fera avec les enseignants – et non sans eux, comme le fait ce gouvernement. Commencer par revoir les obligations de service est une erreur, et même une faute à l’égard des enseignants qu’on a l’air de désigner comme responsables d’échecs imputables à une politique. Aucun professeur du secondaire ne travaille 15 ou 18 heures, mais 37, voire 38. On ne peut pas traiter ces questions avec des slogans. Après une concertation approfondie, si nous l’emportons, nous prévoyons une loi à l’automne.
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29 décembre 2011
Vincent Peillon répond aux questions d’Emmanuel Davidenkoff sur le projet de François Hollande pour l’école.
16 décembre 2011

Entretien de Vincent Peillon au Café Pédagogique.
Etes-vous sorti de la phase des consultations avec les acteurs de l’Ecole ? Sinon quand publierez-vous le programme Hollande pour l’Ecole ?
François Hollande est candidat à l’élection présidentielle. Il va proposer un projet pour la France. Dans ce projet, il a annoncé qu’il veut mettre un terme à la crise de l’avenir qui ronge notre pays, l’affaiblit, le désunit. Au cœur de cette ambition il y a l’école, non seulement parce qu’elle est au fondement de notre identité républicaine, mais parce qu’elle est la France de demain. Edgar Quinet disait de l’écolier qu’il est le « messager de l’avenir ». En abandonnant l’école, la droite a sacrifié notre avenir. Nous voulons retrouver le sens du progrès, la promesse républicaine, et nous savons que l’école est le vecteur pour le faire. Il appartient à François Hollande de donner du sens, de fixer une orientation, de défendre des valeurs, pas seulement d’écrire un programme.
D’où la deuxième volonté de François Hollande, celle de passer un nouveau contrat entre l’école et la nation. Cette idée n’est pas rien. Il s’agit de dire que l’école est l’affaire de tous, le bien de tous, qu’elle relève de l’intérêt général, et que donc tout le monde doit prendre en charge cette œuvre qui est une œuvre de refondation républicaine. C’est la nation toute entière qui doit se mobiliser autour de son école. C’est un choix de valeur et un choix de société. Nous voulons porter le projet d’une société qui replace la connaissance, le savoir, l’avenir, la justice, la laïcité au cœur du pacte républicain C’est dans cette perspective que François Hollande a souhaité que je puisse rencontrer, avec tous ceux et toutes celles qui m’entourent, l’ensemble des acteurs pour baliser ce que pourra être cet acte de refondation dont il avait précisé au salon de l’éducation qu’il devrait prendre, pour commencer, la forme d’une loi de programmation votée à l’automne.
Une première série de consultations est terminée, mais d’autres vont se poursuivre à travers des groupes thématiques pour approfondir plusieurs points et voir jusqu’où on peut aller. C’est un travail sérieux, discret, approfondi, respectueux des rôles de chacun, mais qui dit bien combien nous partageons tous la volonté de conduire ensemble ce redressement national autour et à partir de notre école. François Hollande aura à proposer son projet pour la France, et sa vision de l’école républicaine du XXI siècle, sans doute dans les premières semaines de 2012, et il aura plusieurs occasions de préciser ce projet jusqu’en mai.
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