Archives de la catégorie 'Parti Socialiste'

« L’école n’est pas un coût, mais un investissement »

Interview croisée de Vincent Peillon et de Luc Chatel, par Véronique Soulé.

Libération – Interview. L’actuel ministre de l’Education nationale et le conseiller de François Hollande, défendent des projets opposés.

Tandis que la promesse de François Hollande de créer 60 000 postes dans l’éducation sème la zizanie au sein du Parti socialiste, son conseiller éducation, Vincent Peillon, et le ministre Luc Chatel ont répondu séparément aux questions de Libération sur leur vision de l’école.

Comment voyez-vous l’enseignant de demain ?

Luc Chatel : Pendant longtemps, sa mission essentielle a été de transmettre le savoir. Or, le monde a changé, l’école aussi. Cela reste le cœur de son action. Mais face à des classes hétérogènes et des enfants de la génération Internet, le métier est devenu plus complexe et il a d’autres missions : apporter un soutien scolaire différencié selon les élèves, participer à l’élaboration du projet pédagogique, recevoir les parents… C’est important d’avoir ce débat.

Pour moi, il est clair que dans le secondaire, il faut désormais déterminer le temps de travail des enseignants par des heures de présence dans l’établissement, afin d’inclure toutes ces missions, et non plus seulement par des heures de cours comme cela se fait depuis le décret de 1950 sur les obligations de service [18 heures de cours hebdomadaires pour les certifiés, 15 pour les agrégés, ndlr]. On entérinerait ainsi ce que de nombreux enseignants font déjà.

Vincent Peillon : Après ce quinquennat, les conditions matérielles et morales faites aux enseignants se sont tellement dégradées que l’on a une crise du recrutement. Il faut d’abord redonner aux professeurs les moyens d’enseigner. C’est pour cela que nous défendons l’idée d’un contrat : toute la nation doit s’engager à leurs côtés.

Les tâches se sont diversifiées et doivent être reconnues. Nous ne pouvons pas rester en l’état. Mais la seule réforme qui marchera se fera avec les enseignants – et non sans eux, comme le fait ce gouvernement. Commencer par revoir les obligations de service est une erreur, et même une faute à l’égard des enseignants qu’on a l’air de désigner comme responsables d’échecs imputables à une politique. Aucun professeur du secondaire ne travaille 15 ou 18 heures, mais 37, voire 38. On ne peut pas traiter ces questions avec des slogans. Après une concertation approfondie, si nous l’emportons, nous prévoyons une loi à l’automne.

Lire la suite de ‘« L’école n’est pas un coût, mais un investissement »’

« Le choix de l’école est un choix de société »

Face à Christophe Barbier sur i>TELE, Vincent Peillon réagit aux récentes déclarations du président de la République, en particulier sur l’éducation. « Ses mots, qui sont des mensonges, n’habilleront pas la réalité : dans tous les classements internationaux sur la performance des systèmes éducatifs, la France sombre depuis 2002« , souligne-t-il. « Alors que Nicolas Sarkozy croit que chaque mot est un acte, François Hollande redonne à la politique son sérieux« .

Vous pouvez retrouver le verbatim intégral de cet entretien sur le site d’antennerelais (qu’il soit ici remercié pour ce travail).


Peillon recadre les voeux de Sarkozy à l’éducation par antennerelais

Il n’y a pas qu’une seule politique possible

Vincent Peillon était ce jeudi l’invité de 20’12, l’émission politique de lexpress.fr et slate.fr. Cliquez ci-dessous pour en retrouver l’intégralité en vidéo.

« La nation toute entière doit se mobiliser autour de son école »

Entretien de Vincent Peillon au Café Pédagogique.

Etes-vous sorti de la phase des consultations avec les acteurs de l’Ecole ? Sinon quand publierez-vous le programme Hollande pour l’Ecole ?

François Hollande est candidat à l’élection présidentielle. Il va proposer un projet pour la France. Dans ce projet, il a annoncé qu’il veut mettre un terme à la crise de l’avenir qui ronge notre pays, l’affaiblit, le désunit. Au cœur de cette ambition il y a l’école, non seulement parce qu’elle est au fondement de notre identité républicaine, mais parce qu’elle est la France de demain. Edgar Quinet disait de l’écolier qu’il est le « messager de l’avenir ». En abandonnant l’école, la droite a sacrifié notre avenir. Nous voulons retrouver le sens du progrès, la promesse républicaine, et nous savons que l’école est le vecteur pour le faire. Il appartient à François Hollande de donner du sens, de fixer une orientation, de défendre des valeurs, pas  seulement d’écrire un programme. 

D’où la deuxième volonté de François Hollande, celle de passer un nouveau contrat entre l’école et la nation. Cette idée n’est pas rien. Il s’agit de dire que l’école est l’affaire de tous, le bien de tous, qu’elle relève de l’intérêt général, et que donc tout le monde doit prendre en charge cette œuvre qui est une œuvre de refondation républicaine. C’est la nation toute entière qui doit se mobiliser autour de son école. C’est un choix de valeur et un choix de société.  Nous voulons porter le projet d’une société qui replace la connaissance, le savoir, l’avenir, la justice, la laïcité au cœur du pacte républicain  C’est dans cette perspective que François Hollande a souhaité que je puisse rencontrer, avec tous ceux et toutes celles qui m’entourent, l’ensemble des acteurs pour baliser ce que pourra être cet acte de refondation dont il avait précisé au salon de l’éducation qu’il devrait prendre, pour commencer, la forme d’une loi de programmation votée à l’automne.

Une première série de consultations est terminée, mais d’autres vont se poursuivre à travers des groupes thématiques pour approfondir plusieurs points et voir jusqu’où on peut aller. C’est un travail sérieux, discret, approfondi, respectueux des rôles de chacun, mais qui dit bien combien nous partageons tous la volonté de conduire ensemble ce redressement national autour et à partir de notre école. François Hollande aura à proposer son projet pour la France, et sa vision de l’école républicaine du XXI siècle, sans doute dans les premières semaines de 2012, et il aura plusieurs occasions de préciser ce projet jusqu’en mai.  

Lire la suite de ‘« La nation toute entière doit se mobiliser autour de son école »’

« La renégociation d’un traité ajouterait du chaos au chaos »

Invité de « La Matinale » de Canal+, Vincent Peillon a mis en garde Nicolas Sarkozy contre l’inutilité et les dangers de la négociation d’un nouveau traité européen. Un tel processus prendrait des mois, nous engagerait pour des décennies et comporte un risque important de régression démocratique, souligne-t-il. La crise exige, à l’inverse, des réponses immédiates et qui ne nécessitent pas de modifier les traités actuels : l’émission d’euro-obligations, une taxe sur les transactions financières, le renforcement du Fonds Européen de Stabilité Financière, un rôle accru de la BCE et une initiative européenne de croissance (à partir de 25’20 min) :

Veuillez installer Flash Player pour lire la vidéo
La Matinale du 02/12 – Part. 2 Mokobé jette un oeil sur la campagne

« Sarkozy est le candidat de la résignation »

Les Inrocks – En Europe, à part en France, plus aucune force politique majeure ne se réclame du “socialisme”. Vincent Peillon, chargé de l’Education auprès de François Hollande, explore les voies étroites de la social-démocratie d’aujourd’hui.

On a l’impression que la crise ne sert pas les idées social-démocrates. Y a-t-il une crise de la social-démocratie ?

Vincent Peillon - Sans doute. La droite gouverne l’Europe, la Commission, le Conseil, le Parlement, et la gauche a presque disparu : elle ne gouverne directement que le Danemark et Chypre ! Mais le paradoxe, c’est que ce sont les idées de la social-démocratie qui se discutent actuellement. L’harmonisation fiscale, la régulation financière internationale, le gouvernement économique européen, tout cela figure dans les textes socialistes depuis des années ! Quant aux politiques publiques nationales – redistribution, contrat, investissement dans la petite enfance, développement durable -, c’est pareil. Je ne vois donc pas un recul théorique des positions de la social-démocratie. L’élection de 2012 en France doit être le premier signe d’une reconquête progressiste, un printemps européen après les printemps arabes !

Comment ?

D’abord, en tirant les leçons du passé. La social-démocratie s’est égarée durant les années 90 dans le social-libéralisme. Sur des sujets majeurs comme la régulation économique internationale, il n’y a pas eu la volonté d’affrontement nécessaire. Idem pour l’Europe ou le contrat social : génuflexion devant le marché, associé aux droits de l’homme et à une vague équité. La social-démocratie s’est pour une part abandonnée elle-même. Ensuite, en menant plus durement la bataille idéologique contre la droite, ultralibérale d’abord, nationale-populiste maintenant, conduisant toujours au désastre mais fière d’elle, arrogante. Sarkozy a échoué sur tout : la croissance, la dette, le logement, le commerce extérieur, l’emploi, l’école, et même la sécurité, mais cela ne l’embarrasse pas, il va faire à nouveau la leçon à tout le monde. La télécratie sert les populismes, et Sarkozy s’y complaît. Nous devons nous y adapter pour conduire la confrontation.

Lire la suite de ‘« Sarkozy est le candidat de la résignation »’

« Ne nous abaissons pas »

Sur France 2, Vincent Peillon déplore la désolante médiocrité des attaques de la droite contre François Hollande.

 
Peillon : « ne nous abaissons pas ! » (JT 20H F2… par antennerelais