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	<title>Le blog de Vincent Peillon &#187; Philosophie</title>
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		<title>&#171;&#160;La nation toute entière doit se mobiliser autour de son école&#160;&#187;</title>
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		<pubDate>Fri, 16 Dec 2011 17:29:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>vpeillon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Crise]]></category>
		<category><![CDATA[Education]]></category>
		<category><![CDATA[Hollande 2012]]></category>
		<category><![CDATA[Laïcité]]></category>
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		<description><![CDATA[Entretien de Vincent Peillon au Café Pédagogique. Etes-vous sorti de la phase des consultations avec les acteurs de l&#8217;Ecole ? Sinon quand publierez-vous le programme Hollande pour l&#8217;Ecole ? François Hollande est candidat à l&#8217;élection présidentielle. Il va proposer un projet pour la France. Dans ce projet, il a annoncé qu&#8217;il veut mettre un terme [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong><a href="http://www.vincent-peillon.fr/wp-content/uploads/2011/12/VP-photo-FB.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-2333" style="margin: 15px;" title="VP -photo FB" src="http://www.vincent-peillon.fr/wp-content/uploads/2011/12/VP-photo-FB-280x300.jpg" alt="" width="183" height="202" /></a></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Entretien de Vincent Peillon au</em> <em>Café Pédagogique.</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Etes-vous sorti de la phase des consultations avec les acteurs de l&#8217;Ecole ? Sinon quand publierez-vous le programme Hollande pour l&#8217;Ecole ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">François Hollande est candidat à l&#8217;élection présidentielle. Il va proposer un projet pour la France. Dans ce projet, il a annoncé qu&#8217;il veut mettre un terme à la crise de l&#8217;avenir qui ronge notre pays, l&#8217;affaiblit, le désunit. Au cœur de cette ambition il y a l&#8217;école, non seulement parce qu&#8217;elle est au fondement de notre identité républicaine, mais parce qu&#8217;elle est la France de demain. Edgar Quinet disait de l&#8217;écolier qu&#8217;il est le &laquo;&nbsp;messager de l&#8217;avenir&nbsp;&raquo;. En abandonnant l&#8217;école, la droite a sacrifié notre avenir. Nous voulons retrouver le sens du progrès, la promesse républicaine, et nous savons que l&#8217;école est le vecteur pour le faire. Il appartient à François Hollande de donner du sens, de fixer une orientation, de défendre des valeurs, pas  seulement d&#8217;écrire un programme. </p>
<p style="text-align: justify;">D&#8217;où la deuxième volonté de François Hollande, celle de passer un nouveau contrat entre l&#8217;école et la nation. Cette idée n&#8217;est pas rien. Il s&#8217;agit de dire que l&#8217;école est l&#8217;affaire de tous, le bien de tous, qu&#8217;elle relève de l&#8217;intérêt général, et que donc tout le monde doit prendre en charge cette œuvre qui est une œuvre de refondation républicaine. C&#8217;est la nation toute entière qui doit se mobiliser autour de son école. C&#8217;est un choix de valeur et un choix de société.  Nous voulons porter le projet d&#8217;une société qui replace la connaissance, le savoir, l&#8217;avenir, la justice, la laïcité au cœur du pacte républicain  C&#8217;est dans cette perspective que François Hollande a souhaité que je puisse rencontrer, avec tous ceux et toutes celles qui m&#8217;entourent, l&#8217;ensemble des acteurs pour baliser ce que pourra être cet acte de refondation dont il avait précisé au salon de l&#8217;éducation qu&#8217;il devrait prendre, pour commencer, la forme d&#8217;une loi de programmation votée à l&#8217;automne.</p>
<p style="text-align: justify;">Une première série de consultations est terminée, mais d&#8217;autres vont se poursuivre à travers des groupes thématiques pour approfondir plusieurs points et voir jusqu&#8217;où on peut aller. C&#8217;est un travail sérieux, discret, approfondi, respectueux des rôles de chacun, mais qui dit bien combien nous partageons tous la volonté de conduire ensemble ce redressement national autour et à partir de notre école. François Hollande aura à proposer son projet pour la France, et sa vision de l&#8217;école républicaine du XXI siècle, sans doute dans les premières semaines de 2012, et il aura plusieurs occasions de préciser ce projet jusqu&#8217;en mai.  </p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-2332"></span></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>A droite l&#8217;UMP met en avant un modèle cohérent sur l&#8217;Ecole : celui du pilotage par l&#8217;évaluation et la mise en concurrence des écoles et établissements. C&#8217;est un modèle qui est déjà opérationnel dans plusieurs pays ce qui lui ajoute du poids. Pensez-vous que la France puisse échapper à ce modèle de gestion de l&#8217;Ecole ? Si oui, par quoi le remplacerez-vous ? </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Un modèle cohérent? Je ne le crois pas. L&#8217;évaluation nous dit qu&#8217;il faut mettre des moyens sur le primaire, sur la formation des enseignants, envisager d&#8217;autres rythmes pour les élèves&#8230; Que fait la droite? Exactement le contraire! C&#8217;est ça le pilotage par l&#8217;évaluation ? </p>
<p style="text-align: justify;">Le seul pilotage de l&#8217;Education nationale depuis cinq ans est fait par Bercy: on rend des postes, on applique la règle de non-remplacement d&#8217;un fonctionnaire sur deux, et après on cherche où les trouver: c&#8217;est ainsi qu&#8217;on n&#8217;accueille plus les petits à la maternelle, qu&#8217;on dépouille les zones prioritaires de leurs moyens, qu&#8217;on n&#8217;accompagne plus les publics handicapés, qu&#8217;on supprime la formation des enseignants dans l&#8217;urgence, qu&#8217;on n&#8217;assure plus les remplacements&#8230; D&#8217;ailleurs, vous l&#8217;aurez observé, la droite ne publie pas les évaluations qu&#8217;elle demande. Pourquoi? Parce que ces évaluations montrent nettement les erreurs de sa politique et les conséquences lourdes de ces erreurs en termes de performance du système et de réussite des élèves. La droite a réussi a abaisser le niveau et augmenter les inégalités. Mais comme elle préfère la propagande à l&#8217;action réelle, elle refuse la publication des études et même des rapports de l&#8217;Inspection générale. C&#8217;est un déni de démocratie inacceptable. La cohérence de la droite, la seule, c&#8217;est de faire reculer l&#8217;école et de la soumettre à une logique d&#8217;entreprise. Cette incohérence est évaluée : puisque certains semblent rêver du retour des blouses grises, revenons aussi au bonnet d&#8217;âne. Bonnet d&#8217;âne pour les politiques de la droite, voilà ce que disent les évaluations.</p>
<p style="text-align: justify;">Notre modèle est simple, et c&#8217;est un principe supplémentaire de notre action: notre seule cohérence, c&#8217;est la réussite de tous les élèves, et notre entrée dans toutes les questions, temps scolaires, méthodes, orientation, programmes, et même gouvernance, est toujours d&#8217;abord pédagogique. C&#8217;est le seul critère: la réussite de tous les élèves. Par ailleurs, faisons attention à ne pas croire qu&#8217;un système peut en imiter un autre. L&#8217;éducation, ce sont des tables, des bâtiments, des décrets, des circulaires, un grand corps, mais c&#8217;est aussi des mœurs, une histoire, une culture, un esprit et un pays comme la France a une culture scolaire spécifique et un esprit public bien à lui qui n&#8217;a pas que des défauts… On ne part pas de rien.  </p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Dans les idées qu&#8217;on entend un peu partout (pas seulement chez des politiques de droite), il y a l&#8217;idée qu&#8217;on peut augmenter le temps de travail des enseignants. Même si, de fait, les rectorats n&#8217;arrivent plus à caser leurs heures supplémentaires défiscalisées. Quel est votre sentiment là-dessus ?   </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Comme souvent, c&#8217;est une mauvaise entrée dans le sujet. Les enseignants travaillent pour l&#8217;immense majorité d&#8217;entre eux beaucoup, et souvent dans des conditions de plus en plus difficiles. Un certain nombre d&#8217;études existent qui montrent clairement cela. La véritable question est de savoir comment utiliser au mieux ce temps de travail pour l&#8217;épanouissement des personnels et la réussite des élèves. C&#8217;est là que la discussion doit porter et que des évolutions doivent avoir lieu. Beaucoup en partagent maintenant l&#8217;idée, à condition de respecter la reconnaissance des disciplines, et de dépasser des fausses oppositions qui n&#8217;ont que trop contribué à diviser ceux qui aiment l&#8217;école et à faire le lit de ceux qui ne l&#8217;aiment pas.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Certains courants expliquent que l&#8217;amélioration des performances du système éducatif passe par une autonomie plus grande des établissements. Partagez-vous cette analyse et pourquoi ?  </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Si l&#8217;autonomie c&#8217;est le caporalisme, le management, la logique des moyens, l&#8217;abandon des cadres nationaux, non. Si c&#8217;est l&#8217;équipe pédagogique, le projet éducatif local, la construction de réponses spécifiques, oui, et cela existe déjà. Ce qu&#8217;il faut comprendre, c&#8217;est que la possibilité de travailler en équipes, de construire des projets particuliers, de gérer une partie du temps, de contractualiser avec les collectivités locales, les associations ou même d&#8217;autres acteurs culturels ou économiques suppose du temps, de la reconnaissance, de l&#8217;apprentissage aussi si l&#8217;on veut que cela ne soit pas un substitut à des missions fondamentales d&#8217;instruction. Dans les études dont nous disposons, le facteur autonomie n&#8217;est pas déterminant. Cela dépend des endroits : la Finlande, de ce point de vue, n&#8217;est pas les Etats-Unis. Ce qui est déterminant, c&#8217;est la qualité du rapport entre le professeur et l&#8217;élève, rapport qui doit être replacé au cœur de notre système et qui exige, je le redis, des évolutions. </p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le débat sur les &laquo;&nbsp;compétences&nbsp;&raquo; et l&#8217;évaluation des élèves est très fort depuis quelques années, dans les pays de l&#8217;OCDE. Il semble que ces notions fassent débat chez les enseignants. Comment pensez-vous que le système éducatif français puisse dépasser l&#8217;apparent antagonisme entre programmes et socle commun, entre évaluation par compétence et examens nationaux (brevet, bac&#8230;) ?  </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Nous ne devons pas idéaliser inutilement le passé, et  du même coup le méconnaître. Nous devons repenser l&#8217;évaluation : elle est violente,  peu formative, organise une orientation et une sélection par l&#8217;échec, provoque beaucoup de souffrances et finalement impose des modèles rigides et malthusiens qui ne diversifient pas les profils de réussite et ne nous permet pas de répondre même à nos besoins de professionnels dans certains secteurs. Ce système vaut d&#8217;ailleurs à tous les niveaux : pour les professeurs comme pour les élèves. Que cela fasse débat, tant mieux, car il n&#8217;y a pas d&#8217;éducation parfaite, pas d&#8217;homme parfait, pas de société parfaite, et que c&#8217;est une nécessaire qualité du pédagogue que de toujours s&#8217;interroger sur son action,  sur les concepts qu&#8217;il utilise et les finalités qu&#8217;il sert. La réflexion critique est partie prenante du métier.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais enfin, là encore : je ne vois pas qu&#8217;il faille revenir sur l&#8217;idée du socle commun, même si je n&#8217;aime pas cette idée d&#8217;un socle, comme si l&#8217;on voulait ramener l&#8217;élève, qui doit s&#8217;élever, vers la terre ; je n&#8217;oppose pas cela à l&#8217;idée de culture commune. Je rappelle que nous sommes certains qu&#8217;il faut concentrer les apprentissages sur les matières fondamentales dès le plus jeune âge, mais je rappelle aussi que Jules Ferry parlait d&#8217;une &laquo;&nbsp;éducation libérale&nbsp;&raquo;, c&#8217;est-à-dire d&#8217;une école qui permette l&#8217;accès aux arts libéraux aux enfants des classes les plus modestes. Je n&#8217;oppose pas éducation et instruction, discipline et pédagogie, compétences et savoirs, socle et culture : je réprouve les pensées binaires, et je souhaite que François Hollande puisse construire avec tous l&#8217;école de la nouvelle France.</p>
<p style="text-align: justify;">Il faudra revoir les programmes de 2008, et cesser les empilements, les redondances ou les aberrations. Nous le savons tous. Là encore l&#8217;entrée pédagogique est fondamentale, et l&#8217;intérêt commun, l&#8217;intérêt de l&#8217;élève, ne peut être la résultante d&#8217;une pluralité d&#8217;intérêts, sans doute tous très respectables, mais particuliers. Dans un système comme le nôtre, la question du pilotage par les examens se pose, et donc cette question n&#8217;est pas taboue. Mais il faut l&#8217;inscrire dans une vision globale et veiller à ne pas afficher de chiffons rouges.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans le débat sur l&#8217;école, il y a une forte propension à commencer par les sujets saturés de passion afin d&#8217;être sûrs de tout bloquer… Cela ne me semble pas de bonne méthode. Et pas à la hauteur du défi que nous devons essayer de relever. Car nous ne pouvons accepter d&#8217;en rester là où nous sommes rendus aujourd&#8217;hui. Nous devons opérer non pas une énième réforme, pour habiller une régression de plus, mais une refondation républicaine. Cela ne se fera pas sans le soutien, l&#8217;accord, l&#8217;engagement des enseignants. Il faut retrouver l&#8217;énergie des grandes tâches. La France a besoin de ses professeurs pour réussir son entrée dans le XXI siècle et se redresser. </p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les travaux de l&#8217;OCDE montrent que les salaires des enseignants ont relativement diminué depuis 1995 et qu&#8217;ils sont bas par rapport aux pays voisins. Là aussi qu&#8217;est-ce qui peut être fait ? Avec quelles exigences en retour ? Comment rendre le métier à nouveau attractif ? </strong></p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est un sujet majeur, et François Hollande est très préoccupé de la crise des recrutements. Je ne nie pas ce que vous dites, mais dans l&#8217;état des finances publiques qui est le notre, comprenez que la revalorisation indiciaire n&#8217;est pas l&#8217;action la plus évidente. Par contre, des problèmes se posent : la formation initiale et continue, les déroulements de carrière, mais aussi les prérecrutements car avec la mastérisation nous risquons de décourager du métier  beaucoup de jeunes qui auraient pourtant la vocation mais qui n&#8217;ont pas les moyens de poursuivre sans revenu des études aussi longues. Vous savez que de plus en plus de jeunes travaillent pour payer leurs études, qu&#8217;ils travaillent de plus en plus d&#8217;heures, et qu&#8217;il y a une corrélation entre cette nécessité où ils se trouvent et l&#8217;échec dans les études.</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est un plan d&#8217;ensemble que François Hollande proposera, car il ne peut accepter l&#8217;idée qu&#8217;un pays  comme le nôtre ne puisse même plus recruter des professeurs pour éduquer ses enfants tant on a abîmé les conditions du métier. J&#8217;ai été frappé tout au long des discussions que nous avons menées d&#8217;avoir des enseignants ou des acteurs dont la préoccupation est d&#8217;abord celle de leur métier, des élèves, de la nation, bien avant la question de leurs situations personnelles Nous sommes bien loin de l&#8217;image lamentable que certains ont voulu donner des enseignants. Ils ont des valeurs fortes et une haute idée de leur responsabilité et de leur tâche malgré les attaques qu&#8217;ils n&#8217;ont cessé de subir ces dernières années, et parfois malheureusement un peu avant. Jaurès disait de la République qu&#8217;elle est un grand acte de confiance. On pourrait dire la même chose de l&#8217;éducation et de l&#8217;instruction. Alain disait : &laquo;&nbsp;il faut donner d&#8217;abord&nbsp;&raquo;. Je veux que nous retrouvions cette confiance. C&#8217;est ce que propose François Hollande avec la priorité à la jeunesse et à l&#8217;école. </p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La situation économique ne cesse de se dégrader. Dans cette perspective est-il encore possible de dégager des moyens supplémentaires pour l&#8217;Ecole par exemple pour embaucher 60 000 personnes ? Le futur gouvernement peut-il s&#8217;engager sur des moyens supplémentaires pour l&#8217;éducation ? </strong></p>
<p style="text-align: justify;">François Hollande a pris ses responsabilités, et chacun convient maintenant, après le temps des sarcasmes, que c&#8217;était courageux et juste. On fait deux milliards de cadeaux fiscaux aux plus gros patrimoines par la réforme de l&#8217;ISF encore cette année, on gaspille de l&#8217;argent, 75 milliards d&#8217;euros en cinq ans avec des cadeaux fiscaux inutiles, et là où se prépare l&#8217;avenir du pays, à l&#8217;école, il faut s&#8217;affaiblir sans cesse davantage. Ce n&#8217;est pas raisonnable. Si l&#8217;on veut reconstruire une formation des enseignants digne de ce nom, permettre de meilleurs apprentissages durant les premières années, accueillir les enfants handicapés, améliorer l&#8217;orientation, briser le noyau dur de l&#8217;échec scolaire, arrêter l&#8217;hémorragie des jeunes qui sortent du système sans qualification, il faudra des moyens. Ceux-ci devront accompagner un véritable effort d&#8217;amélioration de nos pédagogies, et donc les réformes nécessaires.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais la première rupture à faire est de comprendre que pour nous l&#8217;éducation n&#8217;est pas une dépense passive, un coût : c&#8217;est un investissement, le premier investissement d&#8217;avenir, qui entraînera notre croissance et compétitivité de demain. Il appartiendra à François Hollande de rendre ses arbitrages. Mais il a déjà affiché clairement la priorité qu&#8217;il veut accorder à l&#8217;école. A ceux qui aiment l&#8217;école et y consacrent leur vie de répondre à cet espoir. On l&#8217;attendait depuis longtemps pour en relever le pari. François Hollande a dit, vouloir refonder la République par l&#8217;école : cette refondation a besoin de ses nouveaux hussards noirs.    </p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Propos recueillis par François Jarraud, à retrouver sur le <a href="http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2011/12/16122011_VPeillon.aspx" target="_blank">site du Café pédogogique</a>.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
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		<title>&#171;&#160;Il faut politiser l&#8217;Europe&#160;&#187;</title>
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		<pubDate>Thu, 15 Dec 2011 08:54:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>vpeillon</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Interview de Vincent Peillon pour la Revue de l&#8217;Union européenne, par Florence Chaltiel. Quelle différence faites-vous entre la fonction de député européen et celle de député national ? Députés européens et nationaux remplissent les mêmes rôles, qui sont ceux de tout parlementaire : voter le budget, légiférer et contrôler le pouvoir exécutif. Le Parlement européen [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><em></em><em><a href="http://www.vincent-peillon.fr/wp-content/uploads/2011/12/VP-explique1.jpg"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-2412" style="margin: 10px;" title="VP explique" src="http://www.vincent-peillon.fr/wp-content/uploads/2011/12/VP-explique1-150x150.jpg" alt="" width="150" height="150" /></a>Interview de Vincent Peillon pour la </em>Revue de l&#8217;Union européenne<em>, par Florence Chaltiel.</em></p>
<h4 style="text-align: justify;"><strong>Quelle différence faites-vous entre la fonction de député européen et celle de député national ?</strong></h4>
<p style="text-align: justify;">Députés européens et nationaux remplissent les mêmes rôles, qui sont ceux de tout parlementaire : voter le budget, légiférer et contrôler le pouvoir exécutif. Le Parlement européen et l&#8217;Assemblée nationale présentent cependant des différences notables, particulièrement du point de vue de leur culture parlementaire ; différences qui sont essentiellement liées aux natures très dissemblables des régimes politiques &#8211; l&#8217;Union européenne d&#8217;une part, la République française de l&#8217;autre &#8211; dans lesquels ils s&#8217;inscrivent. Le fonctionnement de l&#8217;Assemblée nationale, élue au scrutin majoritaire, est relativement binaire : la majorité d&#8217;un côté, qui décide de tout ; l&#8217;opposition de l&#8217;autre, qui peut s&#8217;exprimer mais finalement réduite à l&#8217;impuissance. Les députés européens, eux, sont élus au scrutin proportionnel : aucun groupe politique ne détient donc la majorité à lui seul. De plus, des clivages &laquo;&nbsp;nationaux&nbsp;&raquo; se superposent aux clivages politiques, ce qui rend les groupes beaucoup moins homogènes et disciplinés qu&#8217;en France. Pour dégager une majorité, des alliances sont donc nécessaires &#8211; qui sont d&#8217;ailleurs changeantes selon les votes &#8211; et doivent être construites par la recherche de compromis rassembleurs. Car il ne faut pas oublier que le Parlement européen n&#8217;est pas seul législateur : partageant ce pouvoir avec le Conseil, il doit savoir surmonter ses oppositions internes pour se montrer, autant que possible, uni face aux Etats. Pour le député en charge d&#8217;un texte, l&#8217;élaboration de ces compromis constitue une bonne part de son travail. On peut également relever que les parlementaires européens, malgré le &#8211; ou peut-être à cause du ! &#8211; nombre relativement limité de domaines dans lesquels ils possèdent un véritable pouvoir, jouent beaucoup plus leur rôle de législateurs que leurs collègues français, qui se concentrent essentiellement sur leur rôle de contrôle du pouvoir exécutif. Les textes de loi français sont écrits dans les cabinets ministériels ; le Parlement européen, lui, peut réécrire entièrement une proposition de la Commission !</p>
<p style="text-align: justify;">On pourrait citer d&#8217;autres différences, plus anecdotiques : par exemple, l&#8217;inutilité de tout talent oratoire au Parlement européen du fait de la traduction en plusieurs langues, ou encore une ambiance de travail beaucoup plus détendue qu&#8217;au Palais Bourbon, où continuent de régner des mœurs quelque peu surannées.</p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-2394"></span></p>
<h4 style="text-align: justify;"><strong>Le traité de Lisbonne parle de &laquo;&nbsp;démocratie européenne&nbsp;&raquo;. Pensez-vous que la démocratie puisse sortir du cadre national ?</strong></h4>
<p style="text-align: justify;">Bien entendu. Jürgen Habermas a très bien montré, voilà de nombreuses années déjà, que le lien entre nation et démocratie n&#8217;était pas structurel mais conjoncturel, et qu&#8217;il pouvait donc être dépassé. L&#8217;UE telle que nous la connaissons aujourd&#8217;hui le prouve déjà, même si son fonctionnement actuel reste imparfait du point de vue démocratique. Il faut toutefois garder à l&#8217;esprit que la démocratie ne se limite pas, loin s&#8217;en faut, à des institutions. Une vie politique démocratique doit être nourrie par ce que le politologue Andrew Moravsick appelle des &laquo;&nbsp;questions saillantes&nbsp;&raquo;, c’est-à-dire susceptibles de mobiliser les électeurs, de les politiser, d’entraîner des transformations de majorité. Ensuite, ces questions doivent pouvoir être exprimées et confrontées au sein d&#8217;un espace public européen qui est encore dans les limbes. Le chemin à parcourir pour parachever l&#8217;accomplissement de la &laquo;&nbsp;démocratie européenne&nbsp;&raquo; est donc encore long. La poursuite et l&#8217;approfondissement de ce processus et, simultanément, la construction de structures démocratiques au niveau international, comptent parmi les grands enjeux des décennies à venir.</p>
<h4 style="text-align: justify;"><strong>Comment rendez vous compte de votre mandat de député européen aux électeurs ?</strong></h4>
<p style="text-align: justify;">Cette tâche est plus compliquée que pour un parlementaire national, du fait de l&#8217;étendue des circonscriptions européennes. Les nouvelles technologies se révèlent ici fort utiles. Mon site internet permet ainsi aux électeurs de suivre &laquo;&nbsp;en direct&nbsp;&raquo; mes activités et prises de position au Parlement européen. J&#8217;utilise aussi Facebook, Twitter&#8230; qui permettent un échange avec les citoyens. J&#8217;envoie régulièrement à toutes les sections socialistes de ma circonscription &#8211; le grand Sud-Est &#8211; une lettre d&#8217;information sur mon travail d&#8217;eurodéputé et l&#8217;actualité européenne. Mes interventions dans les medias nationaux et locaux sont aussi autant d&#8217;occasions de parler d&#8217;Europe… même si généralement, ce n&#8217;est pas le sujet qui intéresse le plus les journalistes ! Enfin, rien ne remplaçant le contact humain, chacun de mes déplacements en circonscription est une occasion privilégiée pour rendre compte de mon mandat aux électeurs.</p>
<h4 style="text-align: justify;"><strong>En quelle langue communiquez vous avec vos collègues parlementaires hors de l&#8217;Assemblée ?</strong></h4>
<p style="text-align: justify;">Par chance, nombre de mes collègues étrangers parlent notre langue. Quand cela n&#8217;est pas le cas, l&#8217;anglais prend le relais.</p>
<h4 style="text-align: justify;"><strong>Avez vous une visibilité sur les actes législatifs que vous aurez à discuter en séance dans les mois qui viennent? si oui l&#8217;agenda européen vous semble -t-il bien pensé? Quels défauts y voyez vous ?</strong></h4>
<p style="text-align: justify;">Le Parlement européen ne se réunit en séance plénière qu&#8217;une fois par mois ; les ordres du jour sont donc fortement contraints par le nombre important de textes qu&#8217;il faut voter. De ce fait, une moindre place est laissée aux sujets d&#8217;actualité, ce que l&#8217;on peut regretter. Les &laquo;&nbsp;questions au gouvernement&nbsp;&raquo;, qui permettent aux députés français d&#8217;interroger l&#8217;exécutif sur les sujets du moment, n&#8217;ont pas leur équivalent à Strasbourg.</p>
<h4 style="text-align: justify;"><strong>Le Parlement dispose de pouvoirs renforcés avec les traités de Maastricht puis Lisbonne. Quels sont les manques de cette Assemblée selon vous ?</strong></h4>
<p style="text-align: justify;">Le pouvoir de co-décision a été accordé au Parlement dans plusieurs domaines nouveaux &#8211; l&#8217;agriculture et les accords commerciaux internationaux notamment &#8211; mais ceux-ci restent encore trop limités. Par exemple, son poids en matière de relations extérieures est quasi nul, et le pouvoir d&#8217;initiative législative reste aux seules mains de la Commission. Enfin, sur le budget, le Parlement a un réel pouvoir, mais qui doit encore s&#8217;affirmer. J&#8217;aimerais le voir défendre ses positions &#8211; qui sont très éloignées de celles des Etats &#8211; avec plus de ténacité.</p>
<h4 style="text-align: justify;"><strong>Comment pensez vous possible de renforcer le taux de participation des citoyens aux élections européennes ?</strong></h4>
<p style="text-align: justify;">La situation est en effet paradoxale : alors que les pouvoirs du Parlement se sont accrus depuis 1979, date des premières élections de ses membres au suffrage universel direct, le taux de participation à ces élections n&#8217;a cessé de baisser. L&#8217;explication réside, selon moi, dans la trop faible politisation de l&#8217;Union. Il me paraitrait souhaitable que chaque parti présente un candidat à la présidence de la Commission et que celle-ci soit issue de la majorité parlementaire, sur la base d&#8217;un programme de législature. L&#8217;élection des eurodéputés doit par ailleurs être rendue véritablement européenne avec des listes transnationales et des programmes communs. Ceci implique un renforcement considérable des partis politiques européens et le développement d&#8217;un véritable esprit public à l&#8217;échelle du continent.</p>
<h4 style="text-align: justify;"><strong>Participez vous et comment aux relations entre le Parlement européen et les parlements nationaux ?</strong></h4>
<p style="text-align: justify;">Les députés européens français sont régulièrement invités aux réunions de la Commission des Affaires européennes de l&#8217;Assemblée nationale. Un travail essentiel de coordination est par ailleurs effectué au niveau des partis et des groupes politiques : il s&#8217;agit de faire circuler l&#8217;information et d&#8217;assurer la cohérence des positions des députés, sénateurs et eurodéputés socialistes dans leurs assemblées respectives. Des séminaires thématiques de travail sont régulièrement organisés à cet effet. Enfin, les liens personnels que chaque élu peut avoir avec ses collègues parlementaires nationaux se révèlent bien évidemment utiles.</p>
<h4 style="text-align: justify;"><strong>Croyez-vous possible d&#8217;extrapoler la notion de citoyenneté européenne en allant jusqu&#8217;à évoquer un possible &laquo;&nbsp;peuple européen&nbsp;&raquo; ?</strong></h4>
<p style="text-align: justify;">La question est difficile car il existe plusieurs peuples : le peuple &laquo;&nbsp;identitaire&nbsp;&raquo;, le peuple politique&#8230; Paradoxalement, à l&#8217;inverse du processus historique qui a été à l&#8217;œuvre dans les Etats-nations, le peuple politique européen précède le peuple &laquo;&nbsp;identitaire&nbsp;&raquo;. Il existe effet des citoyens européens, mais dont l&#8217;identité et plus encore la sociabilisation proprement européennes restent très superficielles. Ce qui se comprend aisément : l&#8217;UE ne peut prétendre remplacer les Etats-nations en tant que qu&#8217;espaces premiers de l’intégration sociale et politique tant que la redistribution qu&#8217;elle opère restera inférieure à 2% du PIB. Mais cela permet aussi d&#8217;être optimiste : un véritable peuple européen peut être progressivement construit. Un jour viendra où il prendra conscience de lui-même en tant que peuple.</p>
<h4 style="text-align: justify;"><strong>A terme, pensez vous que le parlement européen puisse incarner une vraie démocratie supranationale ?</strong></h4>
<p style="text-align: justify;">La démocratie supranationale européenne que j&#8217;appelle de mes vœux ne pourra se contenter de reproduire les mécanismes démocratiques élaborés à l&#8217;échelle nationale. De nouveaux procédés, de nouvelles dimensions devront être pris en compte pour élaborer une véritable démocratie supranationale : la question de l&#8217;articulation entre systèmes démocratiques nationaux et européens, celle de l&#8217;espace public européen&#8230; Mais le Parlement, en tant que seule institution à être élue au suffrage universel direct, a en effet vocation à se trouver en son cœur.</p>
<h4 style="text-align: justify;"><strong>Quels sont les dossiers dont vous avez la charge qui vous paraissent particulièrement importants et pertinents pour l&#8217;UE et pour les Européens ?</strong></h4>
<p style="text-align: justify;">Au sein de la commission des Affaires étrangères, je m&#8217;intéresse tout particulièrement aux relations de l&#8217;Union européenne avec ses voisins du Sud de la Méditerranée. Je suis en effet convaincu que le resserrement des liens avec ces pays, qui après les &laquo;&nbsp;printemps arabes&nbsp;&raquo; sont entrés dans une ère nouvelle, est d&#8217;une importance capitale pour l&#8217;avenir de notre continent. Il est donc essentiel que l&#8217;Europe se dote d&#8217;une stratégie globale et ambitieuse vis-à-vis de cette région, dans une perspective de développement partagé. C&#8217;est notre intérêt commun. Cela doit bien entendu concerner les relations politiques, en soutenant activement les transitions démocratiques, mais aussi les échanges économiques, les questions de migrations, de géopolitique, d&#8217;environnement, de culture&#8230; Je promeus ainsi la création de programmes &laquo;&nbsp;Erasmus&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;Leonardo&nbsp;&raquo; euro-méditerranéens pour développer à grande échelle la mobilité étudiante et la formation professionnelle à l&#8217;étranger autour de la &laquo;&nbsp;Mare Nostrum&nbsp;&raquo;. A mon initiative, le Parlement européen a récemment apporté son soutien à cette proposition et je souhaite que de tels programmes voient le jour très rapidement.</p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
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		<title>&#171;&#160;Sarkozy est le candidat de la résignation&#160;&#187;</title>
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		<pubDate>Fri, 02 Dec 2011 09:41:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>vpeillon</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Hollande 2012]]></category>
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		<description><![CDATA[Les Inrocks &#8211; En Europe, à part en France, plus aucune force politique majeure ne se réclame du “socialisme”. Vincent Peillon, chargé de l’Education auprès de François Hollande, explore les voies étroites de la social-démocratie d’aujourd’hui. On a l&#8217;impression que la crise ne sert pas les idées social-démocrates. Y a-t-il une crise de la social-démocratie [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.vincent-peillon.fr/wp-content/uploads/2011/12/VP-concentré.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-2313" style="margin-left: 30px; margin-right: 30px;" title="VP concentré" src="http://www.vincent-peillon.fr/wp-content/uploads/2011/12/VP-concentré-300x192.jpg" alt="" width="228" height="147" /></a>Les Inrocks &#8211; En Europe, à part en France, plus aucune force politique majeure ne se réclame du “socialisme”. Vincent Peillon, chargé de l’Education auprès de François Hollande, explore les voies étroites de la social-démocratie d’aujourd’hui.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>On a l&#8217;impression que la crise ne sert pas les idées social-démocrates. Y a-t-il une crise de la social-démocratie ? </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Vincent Peillon -</strong> Sans doute. La droite gouverne l&#8217;Europe, la Commission, le Conseil, le Parlement, et la gauche a presque disparu : elle ne gouverne directement que le Danemark et Chypre ! Mais le paradoxe, c&#8217;est que ce sont les idées de la social-démocratie qui se discutent actuellement. L&#8217;harmonisation fiscale, la régulation financière internationale, le gouvernement économique européen, tout cela figure dans les textes socialistes depuis des années ! Quant aux politiques publiques nationales &#8211; redistribution, contrat, investissement dans la petite enfance, développement durable -, c&#8217;est pareil. Je ne vois donc pas un recul théorique des positions de la social-démocratie. L&#8217;élection de 2012 en France doit être le premier signe d&#8217;une reconquête progressiste, un printemps européen après les printemps arabes !</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Comment ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">D&#8217;abord, en tirant les leçons du passé. La social-démocratie s&#8217;est égarée durant les années 90 dans le social-libéralisme. Sur des sujets majeurs comme la régulation économique internationale, il n&#8217;y a pas eu la volonté d&#8217;affrontement nécessaire. Idem pour l&#8217;Europe ou le contrat social : génuflexion devant le marché, associé aux droits de l&#8217;homme et à une vague équité. La social-démocratie s&#8217;est pour une part abandonnée elle-même. Ensuite, en menant plus durement la bataille idéologique contre la droite, ultralibérale d&#8217;abord, nationale-populiste maintenant, conduisant toujours au désastre mais fière d&#8217;elle, arrogante. Sarkozy a échoué sur tout : la croissance, la dette, le logement, le commerce extérieur, l&#8217;emploi, l&#8217;école, et même la sécurité, mais cela ne l&#8217;embarrasse pas, il va faire à nouveau la leçon à tout le monde. La télécratie sert les populismes, et Sarkozy s&#8217;y complaît. Nous devons nous y adapter pour conduire la confrontation.</p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-2312"></span></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La gauche n&#8217;a pas fait ce travail d&#8217;adaptation ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">On est dans le champ du slogan, de l&#8217;ignorance, du mensonge, de l&#8217;émotion, de la simplification, de la caricature, qui, par nature, ne favorisent pas la pensée progressiste. C&#8217;est ce que vient de faire Nicolas Sarkozy, président en campagne avec les moyens de l&#8217;Etat, dans son discours de Tricastin : mentir, simplifier, faire peur. C&#8217;est pourquoi cette campagne va opposer, à travers deux hommes et deux tempéraments, deux visions de la politique et de la vie en commun : raison contre émotion, rassemblement contre divisions, constance contre incohérence, sérénité contre agitation, confiance contre peur, démocratie contre démagogie. Nicolas Sarkozy va vouloir faire croire qu&#8217;il a changé. C&#8217;était déjà le thème de 2007. Et faire comme s&#8217;il n&#8217;avait pas gouverné. Il va diviser, agresser, mentir, promettre. Il faut le laisser faire, se placer ailleurs. Le roi est nu. Et nous allons le montrer.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>On a l&#8217;impression qu&#8217;il y a aussi une résignation, que les gens ont du mal à croire à une alternative. C&#8217;est difficile de trouver des thèmes ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La désindustrialisation et la perte des emplois, le pouvoir d&#8217;achat, la transition écologique, l&#8217;école, l&#8217;avenir de l&#8217;Europe&#8230; Les Français ont des préoccupations, des indignations, des valeurs, des ambitions. Nous savons que la résignation sert toujours les conservatismes. &laquo;&nbsp;On ne peut pas faire autrement&nbsp;&raquo; : ce discours est toujours celui de ceux qui sont servis par le système en place. La vocation de la gauche est de le démentir. Sarkozy est le candidat de la résignation.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>L&#8217;argument de Nicolas Sarkozy, pour qui la France vieillissante bascule à droite, n&#8217;est-il pas pertinent ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Les gens ne sont pas naturellement orientés génétiquement, y compris nos anciens, vers la droite ou vers la gauche. Il y a un formidable appareil idéologique d&#8217;Etat, comme disait Althusser, des prolongements tentaculaires médiatiques non analysés. Et tout cela crée un esprit public qui tourne à droite, mais parce qu&#8217;il est matricé par des intérêts puissants, combatifs, organisés. C&#8217;est pourquoi dans cette élection il va falloir relever le défi de l&#8217;affrontement. Nos électeurs attendent de nous de la force. On ne va pas les décevoir.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Comment combattre ces relais tentaculaires ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;organisation de débats par les préfectures sur l&#8217;identité nationale et l&#8217;immigration a été pour moi un point de rupture. Tout le monde ne parlait que de cela, on en a même fait un prime time entre Eric Besson et Marine Le Pen, sans que cela ne dérange personne ou presque. Vous avez là un bel exemple de ce que j&#8217;appelle la matrice. Comment combattre ? Il faut d&#8217;abord nommer, dévoiler, faire voir, et puis affronter. L&#8217;élection présidentielle engage la nature même de notre lien civique et social.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>On le voit aujourd&#8217;hui sur le droit de vote des étrangers&#8230;</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La gauche morale qu&#8217;on nous oppose comme une hypocrisie ou une faiblesse, c&#8217;est tout simplement la République. Elle mérite d&#8217;être défendue. Elle est attaquée. Et puis il y a la bataille économique et sociale pour s&#8217;adresser aux dix à quinze millions de Français qui sont les principales victimes de la crise et les oubliés de la politique. Certains ont cru en Sarkozy : le pouvoir d&#8217;achat, la France des propriétaires&#8230; Il les a trahis. Il les trahira encore si la possibilité lui en est donnée. François Hollande va mener cette bataille. C&#8217;est une force de son parcours : il n&#8217;a jamais trahi.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Pourquoi ne pas avancer la présentation du programme de François Hollande ? Eric Besson disait que le PS a longtemps eu un programme et pas de candidat et qu&#8217;il a maintenant un candidat mais plus de programme !</strong></p>
<p style="text-align: justify;">François Hollande s&#8217;exprime depuis deux ans sur les trois sujets essentiels : l&#8217;éducation, l&#8217;industrie, la justice fiscale. Et il dit, incroyable performance dans un monde de girouettes, la même chose. Il est le seul aujourd&#8217;hui en France à avoir mis dans le débat public des priorités nettes, l&#8217;école, la réforme fiscale, des propositions précises, le contrat de génération, la transition écologique, une loi de programmation sur l&#8217;école, et un thème fédérateur, la jeunesse. Il a toujours dit la vérité sur la situation économique. Le reste, c&#8217;est de la propagande.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Il n&#8217;y a pas nécessité d&#8217;accélérer avant janvier ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;accélération de Sarkozy montre bien que la fébrilité et l&#8217;inquiétude sont dans son camp. Chaque jour, il va nous faire un nouveau grand discours et une nouvelle proposition. Tout l&#8217;appareil gouvernemental est en campagne, sans aucun respect des fonctions de chacun ni des usages démocratiques. A gauche, si difficulté il y a, elle n&#8217;est pas chez François Hollande, elle est dans son environnement.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>C&#8217;est-à-dire ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Il faut aussi que la gauche se demande si elle veut gagner ! Après nous avoir expliqué pendant des années que Sarkozy, c&#8217;était l&#8217;abaissement national, la régression sociale et l&#8217;étouffement de la démocratie, l&#8217;exercice favori de nos partenaires, le Front de gauche, les Verts, et j&#8217;entendais aussi François Bayrou, c&#8217;est de s&#8217;attaquer à François Hollande. C&#8217;est lui faire un grand honneur, qu&#8217;il mérite sans doute puisqu&#8217;il est le favori. Mais il faut quand même veiller à une certaine intelligence collective. La droite, elle, ne se trompe pas d&#8217;adversaire : elle vise toujours François Hollande, parce qu&#8217;elle sait qu&#8217;il est celui qui peut battre Nicolas Sarkozy. Pourquoi des gens qui veulent le changement et participer au redressement de la France consacrent-ils tant d&#8217;énergie à prêter main-forte à la droite au lieu de développer leurs propositions ? Cela provoque du mépris et de la défiance chez les électeurs. Ce jeu-là a déjà beaucoup coûté à la gauche !</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les critiques de la droite portent sur la capacité de François Hollande à être un chef. Est-ce que c&#8217;est une bonne idée pour le candidat de la gauche d&#8217;aller sur le terrain de Nicolas Sarkozy ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Avoir une autorité est une chose nécessaire et dans le fond très estimable. Mais sur quoi se fonde cette autorité ? Sur la division, la menace, la force, la brutalité ? Ou sur les qualités intellectuelles et morales de la personne ? Je crois que François Hollande a une autorité forte. Il va la faire partager aux Français, qui vont le connaître de mieux en mieux et vont apprécier son respect, son écoute, son sérieux, mais aussi sa constance, sa solidité et son courage. Il n&#8217;a pas à rechercher une autorité comme celle qu&#8217;a voulu jouer Nicolas Sarkozy à coups de menton et de <em>&laquo;&nbsp;casse-toi pauvre con&nbsp;&raquo;,</em> ce volontarisme qui finit soit dans la capitulation &#8211; il suffit de le regarder avec Mme Merkel -, soit dans la girouette. L&#8217;actuel président a beaucoup abaissé la fonction présidentielle et plus globalement dégradé l&#8217;image du politique. La question de la confiance aussi est posée dans cette élection.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Pourquoi le choix de la jeunesse ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La France a plus de difficultés que les autres pays à se projeter dans l&#8217;avenir, et donc à le préparer et à le maîtriser. C&#8217;est la dette qu&#8217;on laisse filer, l&#8217;investissement qui n&#8217;est plus là, la jeunesse qui est maltraitée. Même les gens les plus âgés ne veulent plus de ces égoïsmes générationnels. Et ils en veulent d&#8217;autant moins qu&#8217;il y a de plus en plus de transferts directs dans les familles pour aider les plus jeunes ! Pendant sa campagne, Nicolas Sarkozy va diviser. Si nous devons nous redresser, il faut trouver un projet qui fédère. La conviction de François Hollande, c&#8217;est que la jeunesse n&#8217;est pas une catégorie mais le ferment d&#8217;un pays qui voudrait à nouveau se projeter dans l&#8217;avenir et tenir la promesse républicaine.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>On a senti une inflexion sur les universités. Jusqu&#8217;ici le PS semblait reconnaître que la réforme sur l&#8217;autonomie était le seul élément positif du bilan de Sarkozy. Or, François Hollande a parlé à Strasbourg de réforme de la loi LRU&#8230;</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Il y a un progrès dans l&#8217;idée de confier une autonomie aux universités. Le problème, c&#8217;est la mise en œuvre. Aujourd&#8217;hui, il y a huit universités mises sous tutelle. Ce qui est l&#8217;inverse de l&#8217;autonomie. Il faut revoir la gouvernance et les moyens. Il y aura donc une proposition de réforme de la LRU. Reste que le sujet majeur, ce sont les premiers cycles universitaires. Il faut penser là une grande réforme pour sortir du gâchis qui existe aujourd&#8217;hui.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Quand François Hollande demande à être jugé sur la réforme de l&#8217;Education qui sera faite dans les cinq ans, c&#8217;est un bon objectif ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est la première fois depuis longtemps qu&#8217;un homme politique de son niveau s&#8217;engage comme cela sur l&#8217;école. Il a raison, car l&#8217;école, c&#8217;est la société de demain : notre justice, notre civisme mais aussi notre croissance et notre compétitivité. Le redressement commence par là.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Propos recueillis par Hélène Fontanaud et Marion Mourgue. Entretien à retrouver <a href="http://www.lesinrocks.com/actualite/actu-article/t/73660/date/2011-12-02/article/vincent-peillon-il-faut-que-la-gauche-se-demande-si-elle-veut-gagner/" target="_blank">sur le site des Inrocks</a>.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
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		<title>L&#8217;Europe a inventé la démocratie, reste à penser la démocratie européenne</title>
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		<pubDate>Tue, 15 Nov 2011 13:31:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>vpeillon</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La démocratie est un bien précieux ; c&#8217;est aussi un bien fragile. Le continent européen devrait pouvoir s&#8217;en souvenir lui qui, pour l&#8217;avoir inventée à Athènes il y a plus de deux mille ans, a connu au long du XXe siècle les tragédies de la Grande Guerre, des totalitarismes, l&#8217;Holocauste, le goulag, mais aussi Franco [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-medium wp-image-2264" title="libé" src="http://www.vincent-peillon.fr/wp-content/uploads/2011/11/libé-300x180.jpg" alt="" width="300" height="180" />La démocratie est un bien précieux ; c&#8217;est aussi un bien fragile. Le continent européen devrait pouvoir s&#8217;en souvenir lui qui, pour l&#8217;avoir inventée à Athènes il y a plus de deux mille ans, a connu au long du XXe siècle les tragédies de la Grande Guerre, des totalitarismes, l&#8217;Holocauste, le goulag, mais aussi Franco en Espagne, Salazar au Portugal, les colonels en Grèce. Certains ont pu croire qu&#8217;il suffirait, pour que la démocratie triomphât définitivement de ses ennemis, d&#8217;exercer le vote, et de l&#8217;exercer de la manière la plus directe qui soit.</p>
<p>On sait, depuis Napoléon «le Petit», qu&#8217;il s&#8217;agissait là d&#8217;une facilité de pensée. Le suffrage universel, pour être la condition nécessaire de la démocratie, n&#8217;en est pas la condition suffisante et peut même se faire «instrument d&#8217;oppression» comme disait autrefois le philosophe républicain Etienne Vacherot. Non, la démocratie requiert bien plus : un espace public, un esprit public, des valeurs, une organisation, une séparation et un contrôle des pouvoirs, une éducation, des Lumières, des solidarités économiques et sociales, une justice.</p>
<p>La crise de l&#8217;Europe que nous vivons est une crise économique, mais elle est tout autant et d&#8217;abord une crise du politique et de la démocratie. La palinodie du vrai-faux référendum grec aura eu à cet égard valeur de double révélateur : celui de la nécessité d&#8217;un retour puissant du politique, mais aussi celui du sentiment troublant de son impossibilité, de son incongruité. Cette ambivalence doit être pensée pour être dépassée. La vérité est que les lignes de front du combat démocratique se sont aujourd&#8217;hui déplacées, et que, pour beaucoup d&#8217;entre eux, les soldats républicains ne tirent plus dans la bonne direction.</p>
<p>Nous n&#8217;avons rien à gagner à exiger une succession de référendums nationaux, organisés au gré des nécessités et en ordre dispersé. Un blanc-seing au monarque absolu européen ou un saut à pieds joints dans le vide du repli nationaliste : quel choix pour le citoyen ! Non, nous ne voulons pas de couperets mais un exercice, commun, de plein droit, serein et continu, du choix et de la démocratie, cette fois au niveau européen. Il n&#8217;y a pas de crises en Grèce, en Italie, en Espagne, au Portugal &#8211; on ne saurait d&#8217;ailleurs plus où arrêter l&#8217;énumération &#8211; car il n&#8217;y a qu&#8217;une crise, et elle est en Europe. C&#8217;est l&#8217;Europe tout entière qui se plie aux diktats des marchés et des agences de notation, qui pâtit de son impuissance et de son défaut de solidarité. C&#8217;est l&#8217;Europe tout entière qui est humiliée sur la scène internationale. On s&#8217;inquiète de transferts de souveraineté vers l&#8217;Europe &#8211; mais c&#8217;est l&#8217;Europe tout entière qui perd doucement sa souveraineté, et avec elle chacune de ses nations.</p>
<p>L&#8217;urgence, c&#8217;est de redonner à la souveraineté populaire le pilotage du projet européen. Car c&#8217;est ensemble, que les Européens pourront réduire le poids de leurs dettes, se libérer des marchés et préparer l&#8217;avenir en investissant. La sortie de crise supposera des décisions au niveau européen qui ne pourront être prises sans une légitimité démocratique totale, sauf bien sûr à nous conduire au désastre. Après avoir longtemps combattu cette proposition des socialistes et de Jacques Delors, tout le monde réclame aujourd&#8217;hui le gouvernement économique européen. Soit. Mais le penser sans une intégration politique et démocratique plus forte, et vécue comme telle par les citoyens, serait une nouvelle folie et une nouvelle impasse.</p>
<p>Nous devons assumer une nouvelle étape de la construction européenne. Pour faire la République en France, il a fallu «faire» des républicains. La Révolution dans les intérêts ne pouvait y suffire. Cette leçon reste valable. Nous devons construire une Europe plus intégrée sur le plan économique. Cela ne pourra se faire qu&#8217;en construisant une Europe plus démocratique sur le plan politique, une véritable souveraineté populaire européenne. Pour faire l&#8217;Europe, faisons des Européens.</p>
<p>Vincent Peillon</p>
<p>(Libération du 14/11/2011)</p>
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		<title>&#171;&#160;Faisons de cette élection le début du redressement&#160;&#187;</title>
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		<pubDate>Sat, 12 Nov 2011 12:48:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>vpeillon</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Vincent Peillon évoque avec François Bachy ses récentes Conversations républicaines (avec François Bazin), publiées chez Denoël. Revenant sur les grands thèmes qu&#8217;il développe dans cet ouvrage, il souligne l&#8217;importance de l&#8217;école et son lien indéfectible avec la Nation, le rôle de l&#8217;esprit public, la modernité des principes républicains&#8230; Reliant ces réflexions à l&#8217;actualité politique, il [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Vincent Peillon évoque avec François Bachy ses récentes <em>Conversations républicaines</em> (avec François Bazin), publiées chez Denoël. Revenant sur les grands thèmes qu&#8217;il développe dans cet ouvrage, il souligne l&#8217;importance de l&#8217;école et son lien indéfectible avec la Nation, le rôle de l&#8217;esprit public, la modernité des principes républicains&#8230; Reliant ces réflexions à l&#8217;actualité politique, il juge que François Hollande dispose &laquo;&nbsp;<em>des qualités et de la vision</em>&nbsp;&raquo; nécessaires pour &laquo;&nbsp;<em>porter une ambition pour la France</em>&laquo;&nbsp;.</p>
<div><object id="wat_7436365" width="480" height="270" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="FlashVars" value="recoTf1=http%3A%2F%2Fwww.tf1.fr%2Fjs%2Fvideo%2Fpoursuite%2F0%2C%2C%2C00.js&amp;permalink=http%3A%2F%2Fvideos.tf1.fr%2Finfos%2F2011%2Fv-peillon-f-hollande-s-adresse-a-tous-les-francais-6818035.html&amp;v40=1&amp;unvId=1&amp;chaId=2716097&amp;conId=4002623" /><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowScriptAccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.wat.tv/swfpu/385954nIc0K117436365" /><param name="flashvars" value="recoTf1=http%3A%2F%2Fwww.tf1.fr%2Fjs%2Fvideo%2Fpoursuite%2F0%2C%2C%2C00.js&amp;permalink=http%3A%2F%2Fvideos.tf1.fr%2Finfos%2F2011%2Fv-peillon-f-hollande-s-adresse-a-tous-les-francais-6818035.html&amp;v40=1&amp;unvId=1&amp;chaId=2716097&amp;conId=4002623" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed id="wat_7436365" width="480" height="270" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.wat.tv/swfpu/385954nIc0K117436365" FlashVars="recoTf1=http%3A%2F%2Fwww.tf1.fr%2Fjs%2Fvideo%2Fpoursuite%2F0%2C%2C%2C00.js&amp;permalink=http%3A%2F%2Fvideos.tf1.fr%2Finfos%2F2011%2Fv-peillon-f-hollande-s-adresse-a-tous-les-francais-6818035.html&amp;v40=1&amp;unvId=1&amp;chaId=2716097&amp;conId=4002623" allowFullScreen="true" allowScriptAccess="always" flashvars="recoTf1=http%3A%2F%2Fwww.tf1.fr%2Fjs%2Fvideo%2Fpoursuite%2F0%2C%2C%2C00.js&amp;permalink=http%3A%2F%2Fvideos.tf1.fr%2Finfos%2F2011%2Fv-peillon-f-hollande-s-adresse-a-tous-les-francais-6818035.html&amp;v40=1&amp;unvId=1&amp;chaId=2716097&amp;conId=4002623" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" /></object></div>
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		<title>François Hollande n&#8217;a qu&#8217;un cap : l&#8217;intérêt général du pays</title>
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		<pubDate>Wed, 09 Nov 2011 18:17:19 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Vincent Peillon était ce mardi l&#8217;invité de &#8216;Preuves par 3&#8242; sur Public Sénat. Retrouvez ci-dessous en vidéo les 3 parties de l&#8217;émission.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div>Vincent Peillon était ce mardi l&#8217;invité de &#8216;Preuves par 3&#8242; sur Public Sénat. Retrouvez ci-dessous en vidéo les 3 parties de l&#8217;émission.</div>
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<p><span id="more-2246"></span></p>
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		<title>2012, année de la bataille et du combat</title>
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		<pubDate>Sun, 18 Sep 2011 13:33:58 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Vincent Peillon était ce samedi l&#8217;invité du repas champêtre annuel de la Fédération ardéchoise du Parti socialiste. Retrouvez ci-dessous l&#8217;intégralité de son discours en vidéo.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div>Vincent Peillon était ce samedi l&#8217;invité du repas champêtre annuel de la Fédération ardéchoise du Parti socialiste. Retrouvez ci-dessous l&#8217;intégralité de son discours en vidéo.</div>
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		<title>Lumières républicaines</title>
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		<pubDate>Fri, 02 Sep 2011 13:07:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>vpeillon</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Vincent Peillon propose, dans les colonnes du Monde des Livres, une critique de &#171;&#160;La Société des égaux&#160;&#187;, dernier ouvrage de Pierre Rosanvallon. Retrouvez ci-dessous l&#8217;intégralité de son analyse. &#171;&#160;ENFIN ! serait-on tenté de dire à la lecture du nouveau livre de Pierre Rosanvallon. Voici un livre que l&#8217;on attendait. Plus exactement, que l&#8217;on espérait. Le diagnostic [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Vincent Peillon propose, dans les colonnes du Monde des Livres, une critique de &laquo;&nbsp;La Société des égaux&nbsp;&raquo;, dernier ouvrage de Pierre Rosanvallon. Retrouvez ci-dessous l&#8217;intégralité de son analyse.</em></p>
<p>&laquo;&nbsp;ENFIN ! serait-on tenté de dire à la lecture du nouveau livre de Pierre Rosanvallon. Voici un livre que l&#8217;on attendait. Plus exactement, que l&#8217;on espérait.</p>
<p>Le diagnostic d&#8217;abord : l&#8217;explosion des inégalités est à la fois un déchirement de la démocratie pouvant atteindre celle-ci dans son principe, et une crise structurelle de la gauche. L&#8217;explication : une longue généalogie vient décrire les aventures et les mésaventures de l&#8217;égalité depuis la Révolution. L&#8217;ambition : formuler l&#8217;idée d&#8217;égalité à l&#8217;âge de la singularité, et tracer une première esquisse de cette société des égaux.</p>
<p>On pourra toujours nuancer le -diagnostic, discuter l&#8217;explication et la généalogie, mais cela ne changera rien au fait que ce livre fera date. Pourquoi ?<span id="more-2084"></span></p>
<p>Deux lectures ont dominé la philosophie républicaine française, qui sont à la fois deux erreurs et deux impasses. L&#8217;une nous a présenté l&#8217;idée d&#8217;une république seulement libérale, où l&#8217;égalité, confondue avec le couvent ou la caserne, avec l&#8217;égalitarisme et les ateliers nationaux, serait l&#8217;ennemie de la liberté et de l&#8217;individu ; l&#8217;autre nous a présenté l&#8217;idée, à l&#8217;inverse, d&#8217;une république scientiste, antireligieuse, nationaliste, jacobine, étatiste, égalisatrice, illibérale.</p>
<p>C&#8217;était se tromper deux fois. Car la République est, en France, à la fois démocratique, libérale et sociale. Pas de liberté sans égalité ; pas de démocratie sans justice ; pas de république sans républicains. Inversement, la tradition républicaine n&#8217;a cessé de proclamer que ce sont les inégalités qui sont liberticides, que l&#8217;individu et son émancipation sont le but, que l&#8217;égalité veut d&#8217;abord l&#8217;égalité des différences et des singularités.</p>
<p>L&#8217;égalité n&#8217;est plus un gros mot</p>
<p>Pierre Rosanvallon retrouve à son tour ces idées justes, et toujours d&#8217;actualité, qui furent celles du socialisme républicain de Leroux à Jaurès, héritées de la Révolution française. Du même coup, il s&#8217;inscrit avec sa puissance et son autorité singulières dans un renouveau des études républicaines en France, commencé depuis dix ans.</p>
<p>Mais ces erreurs intellectuelles ont aussi été des impasses politiques. D&#8217;un côté, une gauche à genoux devant les lois du marché, sombrant dans la gestion, impuissante à conduire la bataille idéologique et à défendre l&#8217;égalité ; de l&#8217;autre, un républicanisme confisqué par une forme de réaction et flirtant bientôt avec les thèmes de l&#8217;extrême droite, à commencer par le nationalisme. Les dépasser permet de retrouver un autre chemin, d&#8217;ouvrir un autre avenir, moins révolutionnaire peut-être, mais moins conservateur aussi et plus réformiste à coup sûr.</p>
<p>Ce livre, sans doute le plus personnel et le plus accompli de l&#8217;auteur, porte donc avec lui l&#8217;espoir de nouvelles lumières républicaines dont nous avons bien besoin. Enfin l&#8217;égalité n&#8217;est plus un gros mot, mais le coeur du projet de la démocratie. Voilà de belles retrouvailles, qui, je l&#8217;espère, ne demeureront pas sans suite.&nbsp;&raquo;</p>
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		<title>&#171;&#160;Sommes-nous encore un peuple politique ?&#160;&#187;</title>
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		<pubDate>Wed, 01 Jun 2011 15:41:45 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Vincent Peillon participait mardi dernier aux côtés de Patrice Gueniffey  à l&#8217;émission &#171;&#160;Répliques&#160;&#187; consacrée à la question &#171;&#160;Sommes-nous encore un peuple politique ?&#160;&#187;. Cliquez ici pour écouter l&#8217;émission dans son intégralité.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-1969" style="border-bottom: white 20px solid; border-right: white 20px solid;" title="logo france culture" src="http://www.vincent-peillon.fr/wp-content/uploads/2011/06/logo-france-culture.png" alt="" width="106" height="106" />Vincent Peillon participait mardi dernier aux côtés de Patrice Gueniffey  à l&#8217;émission &laquo;&nbsp;Répliques&nbsp;&raquo; consacrée à la question &laquo;&nbsp;Sommes-nous encore un peuple politique ?&nbsp;&raquo;. Cliquez <a href="http://www.franceculture.com/emission-repliques-sommes-nous-encore-un-peuple-politique-2011-06-04.html" target="_blank"><strong>ici pour écouter l&#8217;émission</strong></a> dans son intégralité.</p>
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		<title>&#171;&#160;Lever la crainte de l&#8217;avenir et refonder la République&#160;&#187;</title>
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		<pubDate>Mon, 04 Apr 2011 10:03:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>vpeillon</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Samedi soir, Vincent Peillon était l&#8217;invité de Laurent Ruquier dans &#171;&#160;On n&#8217;est pas couché&#160;&#187;. Au menu des débats avec Eric Naulleau et Eric Zemmour : le projet du Parti socialiste pour l&#8217;élection présidentielle, l&#8217;organisation des primaires et la laïcité. Retrouvez ici la suite de l&#8217;émission et là la troisième partie. Vous pouvez visualiser l&#8217;intégralité de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Samedi soir, Vincent Peillon était l&#8217;invité de Laurent Ruquier dans &laquo;&nbsp;On n&#8217;est pas couché&nbsp;&raquo;. Au menu des débats avec Eric Naulleau et Eric Zemmour : le projet du Parti socialiste pour l&#8217;élection présidentielle, l&#8217;organisation des primaires et la laïcité.</p>
<p><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="480" height="359" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowScriptAccess" value="always" /><param name="wmode" value="transparent" /><param name="src" value="http://www.dailymotion.com/swf/video/xhxv65?theme=none" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="480" height="359" src="http://www.dailymotion.com/swf/video/xhxv65?theme=none" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" wmode="transparent"></embed></object></p>
<p>Retrouvez <a href="http://www.dailymotion.com/video/xhxvbk_peillon-vs-zemmour-naulleau-2-pol-onpc-020411-ruquier_news" target="_blank">ici </a>la suite de l&#8217;émission et <a href="http://www.dailymotion.com/video/xhxvh5_peillon-vs-zemmour-naulleau-3-pol-onpc-020411-ruquier_news" target="_blank">là </a>la troisième partie.</p>
<p>Vous pouvez visualiser l&#8217;intégralité de l&#8217;émission sur <a href="http://on-n-est-pas-couche.france2.fr/" target="_blank">le site de France 2</a>.</p>
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