Vincent Peillon répond sans tabou aux questions de Frédéric Beigbeder dans « l’interview du mois » du magazine GQ (avril 2010) :
GQ:Donc, en plus de boire du Coca-cola, vous buvez du petit lait avec la victoire de la gauche aux régionales ?
VP: Oui, évidemment, le Parti Socialiste était mort il y a un an, suites aux élections européennes, Sarkozy avait tout gagné…
GQ:Bernard Henri Lévy conseillait même de dissoudre le parti.
VP: Et aujourd’hui, nous sommes l’alpha et l’oméga de la vie politique française, la victoire totale, etc. Je suis content qu’on gagne, évidemment, surtout dans l’état où on était. Mais tout reste à faire. Le pays ne va pas bien, l’Europe non plus d‘ailleurs, la crise est encore devant nous. Il y a donc un côté dérisoire dans la masse de commentaires. Une masse de crétinerie collective à courte vue. Souvenez-vous: il y a un an, Bayrou était l’icône germanopratine, et aujourd’hui on dit : il est mort, et on s’essuie les pieds dessus; tout le monde pensait que le Front National était fini et ils sont revenus. Ça fait un peu froid dans le dos. Mais puisque nous sommes du côté des ressuscités, je vous apporte mon témoignage: c’est bon de revivre.
Interview de Vincent Peillon dans « La revue des grandes écoles ».
Comment réussir à donner une cohésion sociale stable à notre pays ?
Dans nos sociétés très individualistes, la cohésion sociale ne va pas d’elle-même : elle doit être créée et entretenue à travers des mécanismes concrets de solidarité, qu’il revient en premier lieu au pouvoir politique de mettre en oeuvre. Un outil puissant de solidarité, c’est par exemple la fiscalité. Celle-ci n’est pas suffisamment progressive et redistributive en France ; on demande, en proportion de leurs revenus, à peine plus aux 10 % les plus riches qu’aux 10 % les plus pauvres. La gauche doit porter une grande réforme fiscale. Nous devons aussi poser les bases d’un nouveau contrat entre l’école et la nation. Par ailleurs, la cohésion sociale va de pair avec la cohésion politique et l’efficacité économique. Des questions très lourdes se posent car notre modèle social suppose une puissance européenne et des régulations qui font défaut. La refondation du pacte républicain en France exige aussi l’émergence d’un nouvel internationalisme.
Pourquoi n’arrive-t-on pas à construire une Europe suffisamment démocratique qui soit attractive pour les citoyens ?
L’Union européenne n’est pas un Etat : c’est une fédération d’Etats-nations. Elle constitue donc une forme politique nouvelle à laquelle les outils démocratiques dont nous disposons ne sont pas – pas encore – entièrement adaptés. Cela prend du temps. L’UE est en permanence en construction et en voie de démocratisation. Un véritable espace public à l’échelle européenne, indispensable à la vie démocratique, est par exemple encore embryonnaire. L’Europe doit devenir moins « institutionnelle » et beaucoup plus politique pour être intelligible aux citoyens. Il existe par exemple, au Parlement, de véritables clivages entre la droite et la gauche, qu’il s’agit de rendre plus visibles.
Ce lundi 29 mars, sur le plateau de LCI, Vincent Peillon est « l’invité politique » de Christophe Barbier. Il évoque la situation de la gauche dans la perspective de 2012, et le besoin de se parler, pour s’entendre sur un « contrat de gouvernement » qui permette d’inscrire son action sur la durée.
Sur i-télé, au soir des élections régionales, Vincent Peillon livre son sentiment sur les résultats. Dans un pays qui va « extrêmement mal », il faut se réjouir que les Français aient dit « stop ». Mais il faut cependant espérer que le gouvernement en « tire les conséquences pour les deux ans qui viennent ».
Dans une deuxième partie, il débat avec Daniel Cohn-Bendit et Eric Woerth.
Mardi 16 mars était diffusée l’émission « Déshabillons-les », sur Public Sénat, dont le but est de « démêler le fond de la forme, en revenant sur les mots et les images qui ont marqué l’actualité ». Hélène Risser, présentatrice, et Vincent Peillon tentent d’analyser les récents évènements médiatiques autour de ce dernier.
> Du lundi 21 au jeudi 24 juin, Parlement européen (Bruxelles)
Réunions des commissions parlementaires "Affaires étrangères" et "Développement" ainsi que de la délégation Maghreb.
> Samedi 3 juillet, Paris
Convention nationale du Parti socialiste pour la rénovation
> Du lundi 5 au jeudi 8 juillet, Parlement européen (Strasbourg)
Session plénière