Archives du mois de mai 2008

« Libéralisme et socialisme ? Une question qui a été réglée en 1830 ! »

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Vincent Peillon était ce midi l’invité de Florent Guignard dans l’émission "Sur un air de campagne" sur Radio France Internationale.

Voici un court extrait de l’interview.
RFI : "Libéral", c’est un gros mot chez les socialistes ?
Vincent Peillon : Pour répondre à cette question, il faut opérer un détour par l’Histoire des idées.
En 1830, la devise du mouvement socialiste, alors en pleine éclosion, était "Plus de libéralisme impuissant". Le libéralisme – entendu comme la doctrine de l’émancipation de la personne, des droits de l’individu, de 1789 – se voyait en effet contesté par ceux-là même qui avaient mené, depuis une
trentaine d’années, le combat pour les libertés. Pourquoi une telle évolution ? Parce que ces intellectuels se sont rendus compte que revendiquer uniquement les libertés ne suffisait pas : seuls quelques-uns jouissaient des libertés acquises quand une majorité en était écartée.
Ces militants des libertés ont ainsi jugé nécessaire de compléter la doctrine libérale par la notion d’égalité. Or, le socialisme, ce n’est rien d’autre que cette même idée. Ce n’est rien d’autre que le constat qu’il faille créer les conditions de la liberté pour que chacun puisse être réellement libre. Autrement dit, c’est précisément pour réaliser ces libertés qu’on a construit le socialisme ! Sans l’intervention de la puissance publique, les politiques d’éducation de masse, etc., nous serions dans ce que Maurice Merleau-Ponty appelait la "mystification libérale" : les libertés pour quelques-uns et pas pour les autres. Le socialisme n’est ainsi en rien l’antithèse du libéralisme, mais son dépassement.
Je l’ai souvent dit, il ne faut donc pas laisser les libertés aux libéraux : ce serait une erreur majeure, tant stratégique qu’historique ! Malgré cela, cette doctrine – qui inclut la visée des libertés mais qui n’oublie pas que, pour que les gens soient libres, il faut mettre en œuvre un certain nombre de choses – porte un nom : et ça s’appelle le socialisme ! Il n’y a donc pas de raison de s’appeler aujourd’hui "libéraux" : c’est une question qui a été réglée en 1830…
Je note par ailleurs avec amusement que tout le monde réclame toujours des débats intellectuels, mais que le jour où une telle question fondamentale arrive dans le débat politique, on nous dit que c’est un faux débat, une querelle de mots. Or, j’insiste : c’est un vrai débat ! Car tant que l’on ne répondra pas dans notre société à la demande d’égalité – notre problème majeur depuis 30 ans -, on restera dans la mystification de libertés qui ne valent que pour quelques-uns : est-il nécessaire de rappeler que seule la moitié des enfants partent en vacances, que le système éducatif est en échec, … ?
Pour une fois, nous avons un débat idéologique intéressant qu’il va falloir trancher.
>>> Cliquez ici pour télécharger l’émission (mp3)

« Il faut mettre davantage de moyens dans l’Université »

Vincent Peillon était dimanche dernier l’invité de l’émission
« Ripostes » présentée par Serge Moati (France 5). Il a participé au
débat sur l’Université en France aux côtés de Valérie Pécresse
(Ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche),
Jean-Baptiste Prévost (Président de l’UNEF) et de Jean-Louis Fournel
(Sauvons la Recherche).

Face à la « mauvaise santé » de nos Universités, l’ »hypocrisie
française » consiste à toujours réaffirmer la nécessité d’une société et
d’une économie axées sur la connaissance, mais sans jamais s’en donner
les moyens. C’est pourquoi il faut dénoncer le caractère trompeur du
budget 2008 voté à l’Assemblée Nationale en novembre dernier  par la
majorité UMP et souligner que l’attribution d’un milliard
supplémentaire aux Universités maintes fois affichée par le
gouvernement Fillon procède plus de l’effet d’annonce et du
faux-semblant que de la réalité des chiffres.

Le système d’enseignement supérieur français pâtît également de
son élitisme et en particulier de la séparation entre, d’une part, une
Université – sous-dotée financièrement – destinée aux plus défavorisés
et, d’autre part, le système des classes préparatoires et des grandes
écoles – réservées de facto aux enfants des classes sociales
supérieures – où l’Etat dépense deux fois plus par élève. A cette aune,
la France ne pourra faire l’économie d’une remise en question de cette
« redistribution à l’envers » où « ceux qui vont réussir sont financés par
ceux qu’on met dans des voies de garage ».

« C’est la guerre civile ! »

Vincent Peillon était dimanche dernier l’invité de l’émission « Mots Croisés » présentée par Yves Calvi (France 2). Il a notamment débattu de l’actualité politique nationale du printemps aux côtés de Valérie Pécresse (Ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche), Jacques Myard (Député UMP des Yvelines), Christophe Barbier (Directeur de la rédaction de L’Express), Claude Askolovitch (Grand reporter au Nouvel Observateur) et Brice Teinturier (Directeur Général de l’institut TNS Sofres).

Alors que « les Français sont en grande difficulté » et attendent des mesures gouvernementales d’ampleur notamment sur le pouvoir d’achat, le Président de la République n’a – semble-t-il – rien de mieux à faire que de renouer avec les critiques – voire les pressions – à l’encontre la presse dont il fut coutumier. Or, il y a urgence et c’est pourquoi « même quand on est dans l’opposition, on ne peut pas se réjouir que, 6 mois après l’élection présidentielle, le pays soit dans cet état ».

La « crise du politique » est aujourd’hui « profonde », et nul doute que les hommes politiques – de droite avant tout, mais aussi de gauche – en portent une lourde part de responsabilité.

Le débat s’est également poursuivi sur les questions institutionnelles, l’éducation et les OGM.

« Ce qui manque c’est un grand dessein »

Vincent Peillon était samedi dernier l’invité de "Parlement Hebdo" sur la Chaîne Parlementaire (LCP-Public Sénat).