Archives du mois de septembre 2008

« Halte au feu ! »

    Vincent Peillon était hier soir l’invité de "Karl Zero Live" (BFMTV). Il y est notamment revenu sur le climat détestable au sein du Parti Socialiste à l’approche du Congrès de Reims, déplorant tour à tour le manque de respect, la caricature permanente et les comportements carnassiers.

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« Tout va bien, ne vous inquiétez pas… »

    Vincent Peillon était vendredi dernier "l’invité politique" de Laurent Bazin (i-télé).

Le discours prononcé jeudi dernier à Toulon nous démontre une fois de plus l’inconséquence du Président de la République. Devant l’importance de la crise économique, nous avons de quoi être inquiets : entre les moulins à parole de Nicolas Sarkozy et la réalité de ses actes, l’écart ne cesse de grandir.
À l’écouter, le chef de l’État va réformer, en le moralisant, le capitalisme.
Mais comment croire quelqu’un qui a fait tout le contraire depuis 2002, à commencer par initier la dépénalisation du droit des affaires et mettre un frein au combat pour le contrôle de la finance internationale ?
Comment croire les leçons d’économie d’un Président qui, il y encore un an, ne proposait, dans son programme électoral, rien de moins que d’importer en France le système des subprimes ?
Comment croire celui qui a réussi l’exploit de réduire le pouvoir d’achat des plus défavorisés et des classes moyennes, tout en vidant les caisses de l’État par des cadeaux fiscaux à la fois inutiles et immoraux ?
Le Président n’a pas de colonne vertébrale, le gouvernement n’a pas de véritable ligne économique. Ne restent donc que mise en scène et démagogie. Gageons que cela ne trompera pas longtemps les Français sur la réalité de l’inaction gouvernementale. Et ce d’autant plus que le cascade de chiffres effrayants pour notre économie, qui avait – rappelons-le – commencé en France bien avant la crise internationale, ne semble pas sur le point d’être endiguée.

« La France est un pays malade car la France est un pays amnésique ! »

    Vincent Peillon était hier l’invité de l’émission "L’Entretien de France 24", présentée par Sylvain Attal (France 24).

Reconnaissons-le avec lucidité. Nous sommes dans une période de "dépression nationale" caractérisée par une méconnaissance profonde de notre tradition intellectuelle, une période où – pour l’énoncer crûment – l’on dit "n’importe quoi".
Nous avions bien à l’esprit l’absence totale d’une identité intellectuelle propre au sarkozysme. Mais la nouveauté est qu’aujourd’hui cette crise de la pensée touche également la gauche.
En effet, nous aussi, à gauche, au Parti Socialiste, nous avons trop facilement accepté les termes de faux débats, la répétition incessante d’oppositions stériles, comme celle, soi-disant irréconciliable, entre individu et Etat, ou entre liberté et égalité.
Or, rien n’est plus faux ! Qu’avons-nous fait de la richesse de la pensée républicaine ? Contrairement à l’anti-étatisme ambiant, on y montrait que ce sont les garanties collectives comme l’école et les protections sociales qui permettent à l’individu de s’épanouir. L’individu et le collectif ne s’opposent pas, ils ont besoin l’un de l’autre.
La France est un pays malade, car la France est un pays amnésique !
Il est urgent que la Gauche retrouve son vrai récit historique pour que la France retrouve le sien.

« Le combat du neuf contre l’ancien »

    Vincent Peillon était ce mardi l’invité de l’émission "le TALK Orange – Le Figaro" présentée par Guillaume Tabard. Il a notamment explicité la décision de Ségolène Royal de ne pas faire de sa candidature un préalable à tout dialogue en vue du Congrès du Parti Socialiste.
Soyons lucides : le Parti Socialiste est aujourd’hui inaudible. En mettant sa candidature au "frigidaire", Ségolène Royal montre l’exemple. Son message est clair : priorité au débat d’idées, halte aux querelles de personnes.
François Bayrou, quant à lui, doit cesser l’hypocrisie. Après avoir fait le jeu de Sarkozy en refusant l’alliance au second tour de la présidentielle, il refuse encore de se positionner sans ambigüité. La balle est donc désormais dans son camp.
Et nous n’avons plus de temps à perdre car la crise économique, elle, n’attend pas. La faillite historique du capitalisme financier dérégulé se confirme chaque jour, les classes moyennes sont en voie de disparition, et ce n’est assurément pas Sarkozy qui nous sortira de l’ornière !
>>> Lire l’intégralité de l’interview sur le site internet du Figaro
Cliquez sur l’image pour lire la vidéo.
      

« Cherchons les voies d’une gauche qui puisse gouverner dans la durée et transformer les choses »

    Vincent Peillon était hier l’invité de l’émission "13:15, le dimanche" présentée par Laurent Delahousse (France 2).

Il y a notamment fait part de sa préoccupation face à la situation de la gauche en général et du Parti Socialiste à l’approche du congrès de Reims.

A l’occasion de la visite du Pape Benoît XVI en France, Vincent Peillon a également évoqué la question de la laïcité. Rappelant que "la grande loi de 1905 était une loi de paix et de respect des religions", il a dénoncé l’attitude d’un Nicolas Sarkozy cherchant à "remettre, de façon conflictuelle, la question religieuse au centre de la vie publique", et ce pour mieux occulter "la vraie question qui est la question sociale".

« Pourquoi pas un contrat de gouvernement avec Bayrou ? » (Libération)

Libe

Vincent Peillon réagit, dans le quotidien Libération, aux propos de François Bayrou, président du Modem. Voici la retranscription de l’entretien, par Matthieu Ecoiffier.

"Libération" : Pour François Bayrou, « l’idéologie du socialisme est déracinée ». Qu’en pensez-vous ?

Vincent Peillon : Il faut être réaliste. Sur le plan électoral, les résultats aux municipales et aux législatives n’ont pas apporté la preuve d’un déracinement du socialisme. Et François Bayrou, qui a trois députés, a emporté ses rares victoires aux municipales essentiellement lorsqu’il était allié avec nous ! Je pense que le socialisme, si on veut bien ne pas le caricaturer, et à condition qu’il se ressource à la tradition socialiste républicaine française, est une idée extrêmement moderne. Ce n’est pas nous, c’est Bayrou qui est déraciné. Nous restons les mêmes, et lui change. Avant 2002, il participait à des gouvernements de droite et, jusqu’en 2007, il était dans la majorité de Chirac, Villepin et Raffarin. Maintenant, il ne s’y reconnaît plus. La question qui se pose aujourd’hui est celle de la modernisation du PS. Et du réenracinement de Bayrou.

"Libération" : Bayrou serait donc devenu de gauche ?

Vincent Peillon : Démocrate chrétien de droite, puis démocrate social, il se rapproche à grande vitesse des sociaux-démocrates. Sous réserve de sortir de l’ambiguïté et en déclinant ses bonnes intentions en propositions concrètes. Lorsqu’il dit : il faut « une Europe indépendante et forte », veut-il réguler la mondialisation ? Il se déclare favorable à un développement économique soutenable fondé sur l’intelligence, la recherche et l’éducation, et à une répartition la plus juste possible des richesses. On a envie de lui dire, en parodiant le marquis de Sade : « François, encore un effort » !

"Libération" : Au PS, le Modem reste pour beaucoup un épouvantail ?

Vincent Peillon : A l’intérieur de la gauche, il y a toujours eu des liens avec les chrétiens sociaux, comme Jacques Delors dans l’aventure d’Epinay  [lors du congrès de rassemblement des socialistes en 1971, ndlr]. Dans ce débat hypocrite, il faut de la clarté. Il y a une double hypocrisie à lever, chez Bayrou comme au PS. Au Parlement européen, les partisans de Bayrou siègent dans le groupe libéral, dont les votes sont en complète contradiction avec ce qu’il professe aujourd’hui. Il devra choisir aux élections européennes de 2009. A l’intérieur du PS, il faut cesser l’hypocrisie de ceux qui désignent le Modem comme le mal absolu, le symbole de la dénaturation du socialisme, alors que, au premier tour des municipales, Michel Destot [proche de Dominique Strauss-Kahn, ndlr] à Grenoble, Martine Aubry à Lille et tant d’autres ont fait alliance avec les candidats du Modem. Ce serait une bonne occasion de mettre les discours en cohérence avec les actes. Si l’on veut battre la droite de Sarkozy, il faudra bien entrer dans un débat sincère qui pourrait à terme déboucher sur un contrat de gouvernement. De quoi former un nouveau camp des progressistes, attaché notamment aux progrès démocratiques, économiques et sociaux dans un pays où la pauvreté augmente, où les protections sont mises à l’encan et où les services publics, comme la Poste, sont durement attaqués.

"Libération" : Alors, François Bayrou, futur meilleur candidat du camp progressiste en 2012 ?

Vincent Peillon : Quel que soit son talent, je ne crois pas à l’homme providentiel, au recours, à l’aventure individuelle. Si Bayrou avait été cohérent, il aurait dû soutenir Ségolène Royal au second tour de la présidentielle. C’était la clé pour battre Sarkozy. A lui de faire un pas de plus et de constater que le « ni droite ni gauche », ça ne marche pas. Le PS n’est en rien inquiet. Le socialisme démocratique et républicain sera l’avenir de la France, à condition qu’il se modernise.

« Les militants PS choisiront entre l’ancien et le nouveau »

lexpress
A moins de trois semaines du dépôt des motions pour le congrès, Vincent Peillon répond aux questions de Marcelo Wesfreid pour l’hebdomadaire "L’Express".

    Voici la retranscription de l’entretien.
« L’Express » : Pourquoi les socialistes – ils l’ont montré à La Rochelle – ne savent-ils plus parler entre eux ?
Vincent Peillon : C’est dommage, car, en réalité, des milliers de militants ont travaillé sur le fond. Mais les journaux rapportent les dissensions lamentables entre quelques irresponsables. A l’ère de la communication, nous devrons revoir nos façons de travailler. Ces procédures de congrès où l’on étale les arrière-cuisines pendant des mois devant des Français effarés ne conviennent plus. Déjà, lors des primaires, nous avions commis la même erreur. Et, si l’on compare avec les primaires américaines, on attend toujours un discours des battus qui ait l’élégance de celui de Hillary Clinton!
« L’Express » : Ces querelles ont-elles clarifié les forces en présence ?
Vincent Peillon : La famille strauss-kahnienne est apparue divisée entre les amis de Pierre Moscovici et ceux de Jean-Christophe Cambadélis, qui se sont rangés derrière Martine Aubry. Parallèlement, la maire de Lille a opéré un rapprochement avec Laurent Fabius, ce qui est pour le moins paradoxal quand on connaît son parcours politique. Et contradictoire, puisqu’il s’agit pour les promoteurs de cette alliance de mettre en avant une personnalité non-présidentiable. Or Aubry est une présidentiable. Quelle clarté !
« L’Express » : Sur quel affrontement va se jouer le congrès ?
Vincent Peillon : Les militants choisiront entre les tenants de l’ancien et ceux du nouveau, entre ce qui doit disparaître et ce qui doit naître.
« L’Express » : Martine Aubry reproche à Ségolène Royal de ne pas vouloir travailler collectivement et de se lancer seule dans la course…
Vincent Peillon : Martine Aubry devrait s’abstenir de tout jugement sur ses amis socialistes. Elle aurait beaucoup à apprendre sur ce sujet de Ségolène Royal, qui n’a jamais émis un jugement désagréable sur elle. Jouer au pion n’est pas du niveau d’un responsable politique !
« L’Express » : Excluez-vous de vous rapprocher de Bertrand Delanoë ?
Vincent Peillon : C’est à lui qu’il faut poser la question. Dans sa déclaration de candidature, il fait la liste de ceux avec qui il veut travailler. Sans citer Ségolène Royal. Pourquoi ? Parce qu’elle a recueilli 17 millions de voix ? Si le seul problème est celui des alliances avec le MoDem, l’argument est faible, car Bertrand Delanoë fait bien équipe avec Michel Destot, le maire de Grenoble, et d’autres, qui ont fait alliance au premier tour aux municipales. Nous n’avons, nous, aucune exclusive dès lors qu’on partage la même ambition de travail et de rénovation !