Archives du mois de octobre 2008

« Un Parti socialiste fort, capable de rassembler »

    Vincent Peillon s’est exprimé mardi dernier devant les militants socialistes lyonnais. Voici un extrait vidéo de son intervention.

« Les pyromanes se transforment en pompiers »

lemonde.fr
Vincent Peillon a été interrogé par Jean-Michel Normand pour le quotidien Le Monde.

"Le Monde" : Député européen et ancien président de la mission parlementaire de lutte contre le blanchiment d’argent (1999-2002), comment jugez-vous la volonté du gouvernement de lancer une action contre les paradis fiscaux ?

Vincent Peillon : Nous avons affaire à des pyromanes qui se transforment en pompiers. Ce dossier ne date pas d’hier. Sous le gouvernement Jospin, la France a été en pointe dans le combat contre les paradis fiscaux ; une lutte qui ne peut se mener qu’au niveau européen, puis du G8 et de l’Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE).

En 2002, une conférence des parlements nationaux d’Europe a adopté 53 mesures en faveur de la transparence des mouvements de capitaux. Or, ces initiatives ont été abandonnées par les gouvernements de droite. Renaud Donnedieu de Vabres, condamné par les tribunaux pour blanchiment, a été nommé ministre de la culture et le gouvernement a accordé un statut spécifique à Saint-Martin et Saint-Barthélemy pour en faire de véritables paradis fiscaux.

En pratique, comment la puissance publique peut-elle agir ?

Vincent Peillon : Dans ce domaine complexe, les choses ne se font pas en claquant des doigts. Il faut agir avec constance, être rigoureux car les enjeux sont considérables – quasiment toutes nos banques et grandes entreprises disposent de comptes et de succursales dans ces trous noirs de la finance internationale – et faire preuve d’une forte volonté politique. Lionel Jospin avait fait voter une loi qui permettait d’interrompre, par simple décret, les transactions avec un paradis fiscal. L’actuel gouvernement pourrait parfaitement y recourir. De nombreuses enquêtes en cours d’instruction pourraient aussi être débloquées. Le paradoxe, en effet, c’est que l’argent circule librement, mais que l’action des juges doit s’arrêter aux frontières.

Quel type de régulation mettre en oeuvre ?

Vincent Peillon : Il importe de relancer l’harmonisation fiscale entre les pays et de prendre à bras-le-corps la question du secret bancaire. Sa levée dans un certain nombre de cas constitue le seul moyen d’y voir clair à travers les sociétés écrans.

L’autre problème, c’est qu’il existe une trop forte distorsion entre les textes et leur application. En France, notamment, on fait de grandes déclarations sans se donner les moyens d’obtenir des résultats. Il faut adopter une régulation publique internationale capable de punir ceux qui ne la respectent pas et rompre enfin avec cette absurdité qui veut que le système doive s’autoréguler.

Propos recueillis par Jean-Michel Normand

« Krach et paradis fiscaux » (Libération)

Libe

C’est avec stupéfaction et colère que j’entends aujourd’hui certains faire griefs aux socialistes d’avoir négligé les désordres du système financier international et de n’avoir rien à dire sur les ressorts de la crise financière, les mêmes qui ont fait obstacle aux combats que nous avons pu mener. Le secret bancaire comme les crédits pourris se sont allègrement nourris du silence médiatique.

Les faits d’abord, pour ceux qui ont la mémoire courte ! Du printemps 1999 à mars 2002, j’ai présidé ce qui fut la plus longue mission parlementaire de la Ve République, consacrée précisément – à travers la lutte contre le blanchiment, la délinquance financière et les paradis fiscaux, bancaires et judiciaires – à cette question de la dérégulation. Avec le rapporteur de la mission, Arnaud Montebourg, avec les parlementaires qui voulaient bien nous accompagner dans nos périples, soutenus constamment par le gouvernement de Lionel Jospin malgré les difficultés diplomatiques que nos enquêtes pouvaient créer, nous avons consacré plusieurs monographies au Luxembourg, au Liechtenstein, à la Suisse, à Monaco, au Royaume-Uni et à la France elle-même. En 2002, peu avant le désastre du 21 avril, nous avons organisé à Paris une conférence des Parlements nationaux d’Europe où, après de longues négociations, nous faisions adopter 53 mesures sur la transparence des mouvements de capitaux, sur les sanctions contre les pays non coopératifs et sur la coopération judiciaire, policière et administrative. S’y ajoutait le principe d’un rendez-vous périodique annuel ou bisannuel pour estimer les progrès de ce combat. L’Europe pouvait alors prendre la tête d’une approche régulatrice du marché et travailler à construire un embryon d’ordre public international.

De même nous avions fait adopter le principe que la mission parlementaire devienne une structure permanente de l’Assemblée nationale. En 2004, j’ai publié un ouvrage, les Milliards noirs du blanchiment (Hachette), où, prenant acte du fait que le gouvernement de droite élu en 2002 n’avait aucunement, malgré ses promesses, poursuivi le travail entamé, je dressais le bilan suivant : celui d’une mondialisation criminelle se nourrissant de l’hypocrisie des Etats, du désintérêt des opinions publiques, de la complicité des autorités financières et du silence suspect des relais médiatiques. Ceux qui nous font aujourd’hui reproche de n’avoir pas investi ce champ s’en sont ouvertement désintéressés et, ce faisant, ils ont condamné cette lutte en la privant de tout relais d’opinion.

La mondialisation que nous avons construite est douce aux oligarques, aux grands trafiquants de drogue, d’armes ou d’organes, aux grandes firmes, aux traders ; elle est dure avec les plus faibles, les travailleurs, les pauvres, les honnêtes gens qui n’ont pas pour première obsession de frauder le fisc. Comme nous l’avaient rappelé les juges de l’Appel de Genève en 1996, alors que le crime est transnational, que l’argent traverse les frontières à la vitesse électronique, les juges et les hommes de loi sont arrêtés aux frontières. Des mécanismes multiples et cumulatifs, basse pression fiscale, secret bancaire absolu, absence de coopération judiciaire, sociétés écran, absence de règles prudentielles et de supervision bancaire permettent à la finance criminelle de prospérer en toute impunité.

Malheureusement, on ne peut s’en tenir à cette première analyse. Car aucun d’entre nous ne peut sérieusement croire que s’il s’agissait seulement de protéger les terroristes, les trafiquants de drogues, les grands criminels, les Etats autoriseraient l’existence de tels mécanismes et la prolifération de tels territoires ? Les chiffres parlent d’eux-mêmes. La finance criminelle est estimée à 5 % du PIB mondial, les transactions qui passent par ces boîtes noires à la moitié des flux financiers. Si ces mécanismes et ces territoires perdurent et prospèrent, c’est qu’ils servent d’autres intérêts : ceux des Etats, des grandes firmes et des grandes banques, et de fortunes puissantes. Les paradis fiscaux, bancaires et judiciaires nourrissent et abritent le crime. Mais c’est le prix que les grands agents du système financier international sont prêts à payer pour faire leurs profits comme ils l’entendent.

L’écart entre le droit et le fait, les discours et les actes, culmine ici à son maximum. Nous disposons de multiples conventions, déclarations, organismes, dans le cadre de l’ONU, de l’OCDE, de l’Europe etc. Or l’hypocrisie des Etats et l’intérêt bien compris des grandes entreprises permettent que ces organismes ne disposent jamais des moyens de se faire respecter et que les déclarations ne soient que des chiffons de papier. Le silence médiatique, rompu seulement lorsqu’il s’agit de mobiliser en urgence l’argent public pour sauver le système, participe de cette vaste hypocrisie. Plusieurs années à parcourir l’Europe, à rencontrer banquiers, autorités de régulations, juges, criminels, policiers, avocats, diplomates, ministres, nous ont conduits à cette conclusion que j’énonçais déjà en 2004 : l’ordre international est un grand désordre que personne ne maîtrise mais dont certains profitent, et la mondialisation telle qu’elle s’est construite depuis plus de vingt ans à coup de libéralisations est d’abord favorable à ceux qui veulent échapper aux règles du droit (pour ne pas parler de la vertu), aux exigences de l’intérêt général et à la recherche du bien commun.

Comment tracer dans tout cela un chemin ? Je ne reviens pas sur les mesures de régulation nécessaires. Mais l’expérience m’amène à soutenir que celles-ci ne seront mises en oeuvre que si elles sont portées par les opinions publiques avec force et constance. On ne reviendra pas en arrière. Ce que nous avons construit, à partir du XIXe siècle et après la révolution industrielle, de régulations démocratiques, sociales et même économiques dans le cadre de l’Etat nation, il va nous falloir le reconstruire au plan européen et au plan international. Cette tâche est celle du siècle qui s’ouvre. Elle sera longue, difficile, elle se heurtera à des intérêts puissants.

Nous savons aujourd’hui, et depuis plusieurs années, ce qu’il faudrait faire. La question n’est pas celle des problèmes, ils sont identifiés, ni celle des solutions, elles existent et sont bien répertoriées. Comme je l’écrivais déjà en 2004 : «La question est de construire une volonté commune.» Demandons à ceux qui semblent découvrir aujourd’hui les dysfonctionnements du système financier international, après les avoir si longtemps protégés d’un manteau de silence, s’ils auront cette volonté au-delà de quelques jours et de quelques déclarations purement commerciales pour vendre de la peur à des opinions publiques déboussolées. Si ce n’était pas le cas, le grand déferlement médiatique auquel nous assistons livrerait sa véritable stratégie : permettre que l’on renfloue au plus vite, avec la bonne volonté de celles et de ceux qui n’en sont pourtant que les victimes, un système profitable seulement à quelques-uns, faire en sorte que les beaux jours reviennent au plus vite pour tous ceux qui se nourrissent de cette mondialisation criminelle.

« Défis pour le socialisme du XXIe siècle », par Dominique Méda et Vincent Peillon (Le Monde)

Libe

À quelles remises en cause la crise, à laquelle nous sommes actuellement confrontés, doit-elle nous conduire ? Devons-nous simplement nous engager à mettre en place les mécanismes de contrôle qui empêcheront de tels excès de se reproduire ? N’est-il pas aussi urgent, si c’est le système même qui est en cause, de nous saisir avec force de cette occasion pour repenser en profondeur notre rapport au capitalisme et notre vision du progrès social, pour réinterroger les représentations de l’homme et de la vie en société sur lesquelles repose la science économique, pour exiger des économistes qu’ils arriment de nouveau leur science au réel et ne l’exonère plus de considérations morales et politiques ?

La crise financière est le fruit de la victoire idéologique d’une certaine conception de la vie en commun. Si nous ne nous affrontons pas directement à cette conception, gageons que dès la crise passée, toutes les forces qui ont conduit au dérapage que nous connaissons se recomposeront pour continuer d’affirmer, équations et démonstrations à l’appui, que de l’avidité sans limites et de la consommation ostentatoire des uns vient le progrès de tous, que les règles constituent un obstacle à l’obtention de la plus grande production possible, que "la société" ne signifie rien et qu’on ne rencontre que des individus poursuivant leurs fins et visant à maximiser leur utilité, c’est-à-dire à consommer toujours plus.

En un mot que l’alpha et l’oméga de la vie en société, c’est d’augmenter sans relâche les actes d’appropriation individuelle sur un marché. Bien commun, autre définition de la richesse, de l’émancipation des personnes, de la propriété, voilà les questions de fond qui, prises à la racine, doivent être repensées par le camp progressiste à l’occasion de cette crise. C’est en rompant avec l’utilitarisme étroit de l’économie politique anglaise que les premiers républicains et les premiers socialistes avaient construit, dans le cadre de l’Etat nation, les règles démocratiques et sociales qui ont fait le patrimoine de nos sociétés. C’est ce même geste qu’il faut reproduire aujourd’hui, avec l’Europe, dans le cadre de l’économie mondialisée qui est la nôtre.

La constitution de la bulle financière, mais aussi le développement de l’économie réelle se sont nourris des concepts et des représentations forgés par l’économie classique et néoclassique. Ainsi en va-t-il du concept d’utilité, travaillé par toute la pensée économique du XIXe siècle, et dont Léon Walras disait en 1874 : "Qu’une substance soit recherchée par un médecin pour guérir un malade ou par un assassin pour empoisonner sa famille, c’est une question très importante à d’autres points de vue, mais tout à fait indifférente au nôtre. La substance est utile, pour nous, dans les deux cas, et peut-être plus dans le second que dans le premier."

Dès lors, si la richesse, c’est l’utilité, alors une production utile est donc simplement celle qui trouve son consommateur. Comme l’a montré Jean-Joseph Goux, "c’est l’émancipation d’avec toute la philosophie morale qui est en jeu". Désormais, toute consommation est utile, toute consommation a de la valeur. Les arguments fondés sur les besoins – nous devons absolument produire, et produire toujours plus, et aussi toujours plus consommer pour faire repartir la machine économique, parce que les besoins humains sont infinis – se nourrissent de cette équivoque entre les vrais besoins, la vraie utilité, qui améliore vraiment la condition de tous les hommes, et la futilité, le gaspillage. "Dans le système néoclassique, écrit Galbraith, la consommation est généralement quelque chose de parfait qu’il faut maximiser par tout moyen légitime et socialement inoffensif. C’est aussi un plaisir curieusement sans nuages."

En substituant le désir individuel subjectif au besoin – qui peut, lui, être objectif, collectif, et dont on peut donc discuter -, l’économie a en même temps rendu impossible la construction d’un bien commun. Et cela parce qu’elle a décidé souverainement que l’utilité ne pouvait être déterminée qu’à partir de la multiplicité infinie de désirs, tellement spécifiques, incomparables et particuliers qu’il sera impossible de les agréger, voire de les comparer. C’est ce que s’attache inlassablement à soutenir toute une partie de l’économie qui fait ses délices de l’incomparabilité des préférences individuelles. C’est ce qui explique aussi que notre PIB ne soit qu’une grosse comptabilité d’entreprise, qu’il ne fasse qu’agréger des augmentations de production, c’est-à-dire des appropriations individuelles de biens et services apportés sur le marché.

Or, nous vivons depuis la seconde moitié du XXe siècle les yeux rivés sur la croissance du PIB comme si celle-ci était capable de représenter nos avancées en matière de progrès ou de civilisation et comme si l’augmentation de la production et de la consommation était la seule façon de mettre le monde en valeur. Le moment actuel ne marque pas seulement un dérèglement ou un dysfonctionnement de la régulation. Car l’absence de régulation et la tolérance aux excès reposent sur des choix plus profonds qui habillent les choix politiques d’une évidence scientifique pourtant discutable.

C’est pourquoi il serait insuffisant de se contenter de mesures conjoncturelles, seraient-elles nécessaires, et naïf de croire que des mesures structurelles de régulation du même système seront suffisantes. Cette crise doit nous conduire à ouvrir la boîte noire de la logique du développement de nos sociétés et à réinterroger la pertinence des indicateurs avec lesquels nous mesurons nos progrès et définissons nos choix collectifs.

Poser la question du système, c’est poser la question des valeurs et des concepts par lesquels nous nous représentons notre vie collective. Nous devons, à nouveaux frais, nous poser, ensemble, la question de savoir ce que sont les ingrédients d’une société qui dure et d’un progrès de la civilisation en termes de justice et de liberté. Il nous faut mettre en place les indicateurs qui nous permettront de mesurer non seulement des augmentations générales de consommation mais aussi sa répartition, les évolutions du patrimoine naturel, les accès aux biens premiers et aux droits fondamentaux.

Le socialisme du XXIe siècle doit se construire une doctrine pour aborder les défis des crises, énergétique, alimentaire, climatique, financière qui déchirent la planète, obèrent l’avenir et piétinent des vies humaines par centaines de millions. L’idée d’un nouveau modèle de croissance où développement durable, justice sociale, progrès des libertés et de la démocratie marcheraient ensemble, qui romprait avec l’orthodoxie tyrannique des économistes, sera au coeur de cette doctrine. La crise que nous vivons doit aussi être l’occasion de relancer cet effort de pensée et de conduire cette bataille idéologique avec courage.

« Se poser la vraie question : comment transformer dans la durée ? »

    Vincent Peillon est intervenu lors de l’Assemblée Générale des militants PS de la Fédération de Paris, qui se tenait hier soir à la Mutualité. Voici un extrait du verbatim.

Comment ce congrès peut-il être un congrès utile, un congrès réussi ?
On pourrait ne pas se poser cette question, si nous n’avions pas connu quelques congrès inutiles. Comment éviter les erreurs que nous avons pu commettre? Peut être faudrait-il enfin se poser la vraie question ! Or, elle n’est ni une question de personne, ni une question de circonstances.
La Gauche a très peu gouverné dans notre pays. Ce n’est pas le cas des autres pays européens, tout au long du 20ème Siècle.
Et lorsqu’elle a enfin pu gouverner sous la Vème République, elle n’a jamais gouverné dans la durée. L’effort que nous avons fourni collectivement de 1995 jusqu’à 97 était animé − souvenez-vous des discours et celui de François Hollande et celui de Lionel Jospin − par l’idée qu’il fallait inscrire l’action de la gauche − action de transformation sociale, de justice et de liberté − dans la durée.
Nous n’avons pas réussi.
L’enjeu de ce congrès s’il doit être utile à ce parti, utile à la France, utile à l’Europe, c’est de se poser la question : que devons nous faire ensemble pour pouvoir non seulement reconquérir le pouvoir mais aussi agir au pouvoir, pour que nous transformions la société dans le sens de nos valeurs et dans la durée ?
Il y a là peut être une différence essentielle dans ce congrès.
Il y a ceux qui voudraient nous faire croire – et nous avons connu cela après le 21 Avril − que dans le fond, ce sont des questions circonstancielles qui amènent la gauche dans ces défaites, des questions de personnes (ceux qui n’aimaient pas le candidat de 2002), ou encore des questions d’alliances (et ce ne sont pas les mêmes qu’aujourd’hui, c’est la gauche plurielle qui nous aurait fait tressaillir).
Je pense en revanche que nous devons nous interroger pour savoir si ce qui nous a conduit à ces défaites au niveau national ne serait pas, plus sérieusement, un problème lié à l’action que nous menons quand nous gouvernons, un problème lié au projet que nous portons lorsque nous sollicitons les suffrages.
Ce congrès sera utile si nous abordons la question de la doctrine, celle des idées, celle du projet. Tous les autres débats sont des manières d’esquiver ce vrai problème.
(merci à
RichardTrois pour la vidéo)
Nous vous proposons 3 orientations majeures.
La première, c’est un nouveau modèle de développement où la question économique, la question écologique et la question sociale marchent ensemble. Une stratégie offensive dans la mondialisation, qui nécessite une réorientation volontaire de la construction européenne.
La deuxième orientation, la refondation républicaine. Nous assumons toutes nos victoires et toutes nos défaites, toute notre histoire mais alors il faut assumer aussi ce qui nous a fait mal dans l’exercice de la gauche au pouvoir : les territoires perdus de la République, l’impossible réforme fiscale et un pays qui continue à faire de la redistribution à l’envers, une école qui n’est pas celle que nous souhaitions, les enseignants et les autres, une école de l’égalité des chances et de l’émancipation des personnes et l’égalité. C’est une refondation républicaine qui s’assume dans la bataille idéologique : nous voulons l’égalité parce que seule l’égalité permet l’émancipation des personnes.
Aucune grande réforme sociale de la gauche n’a pu être opérée sans réforme démocratique, c’est la grande synthèse de Jaurès. Et les réformes sociales qui ont été difficiles pour nous, c’est précisément celles qui n’étaient pas portées par une mobilisation de la société. C’est pour cela que nous disons, il faut la démocratie jusqu’au bout, il faut la VIème République, démocratique, sociale, laïque.
Nous avons ce travail de doctrine à faire, nous avons à tracer le chemin d’une espérance. Nous aurons à nous rassembler. Mais cette fois-ci rassemblons-nous autour du changement, et non du conservatisme, et non dans la peur. Rassemblons-nous pour faire bouger les lignes, rassemblons-nous pour faire gagner la gauche, pour le nouveau parti socialiste.