Archives du mois de mars 2009

« Soyons à l’avant-garde »

Vincent Peillon participait ce samedi à un banquet républicain à Marseille. Il s’est notamment exprimé sur la force du clivage gauche/droite au niveau européen.







« En Europe, c’est la droite qui gouverne »

Vincent Peillon a présenté, lors de la Convention nationale du PS de samedi dernier, la liste qu’il mènera dans la circonscription Sud-Est en vue des élections européennes du 7 juin prochain.

« Nous rassembler et mener campagne »

    Vincent Peillon était ce matin l’invité des « 4 Vérités » (France2). Suite au vote très favorable des militants socialistes de la grande région Sud-Est, il a souhaité les remercier, soulignant par là même l’honneur qui lui était fait. Il s’est également exprimé sur les enjeux de l’élection de juin prochain, mettant en avant que, face à la crise et à la désespérance sociale, « nous avons besoin de l’Europe, comme l’Europe a besoin des socialistes ». Voici ci-dessous l’intégralité de l’entretien en vidéo.

Les Militants du Parti Socialiste ont très largement ratifié la liste de la Grande Région Sud Est

Communiqué de presse

Patrick Mennucci

Ce
Jeudi 12 Mars, les militants des régions Paca, Rhônes Alpes et Corse ont ratifié
à l’heure actuelle à plus de 75 % la
liste de Vincent Peillon et de Sylvie Guillaume pour les élections européennes
du 7 juin prochain, et ce avec une participation supérieure à celle de 2004 lorsque
Michel Rocard était le candidat socialiste.

Je tiens à remercier l’ensemble des militants qui se sont déplacés,  qu’ils
nous aient soutenus ou non.  Désormais la
liste de Vincent Peillon est leur liste. Le résultat prouve que le Parti socialiste a dans le Sud
Est bâti une liste intelligente, cohérente et en accord avec les attentes des
militants.

Nous avons une tête de liste, Vincent Peillon qui donnera
de la hauteur à cette campagne en abordant les sujets relatifs à l’Europe avec
une grande technicité. De plus en appliquant le non cumul des mandats, il met
en lumière toute l’importance de la mission de nos députés européens. Enfin, il
est en parfaite adéquation avec la ligne politique portée par les grands élus
et  les militants de la grande région Sud
Est.

Vincent Peillon est accompagné de colisitiers représentant les différents territoires de cette
grande région (les grandes agglomérations – Marseille, Lyon, les espaces
ruraux, la Corse). De plus cette liste est entièrement renouvelée, ce qui
permet de voir émerger des personnalités ayant une forte implication sur le
plan local dans le Parti socialiste (des premiers secrétaires fédéraux,
conseillers généraux, conseiller régionaux). Enfin, la présence de  Farida Boudaoud ou de Karim Zeribi en
position éligible met en lumière le travail réalisé pour respecter le principe de diversité et d’ouverture.

Nous devons donc très rapidement nous mettre en campagne.
Vincent Peillon et ses colistiers partiront très prochainement à la rencontre
des électeurs pour parler d’Europe. Cette campagne est un véritable enjeu car
nous devrons parvenir à sensibiliser les Français sur l’impact réel des
décisions européennes sur leur quotidien. De plus, avec la crise que nous
connaissons, il est indispensable qu’une alternance s’opère dans la majorité du
Parlement européen afin que nous puissions bâtir une Europe plus juste, plus sociale,
plus verte, et plus forte.

Patrick Mennucci

Directeur de Campagne
des Européennes pour la grande région Sud Est du Parti Socialiste

Vincent Peillon, philosophe d’appareil (Le Monde)

Le quotidien « Le Monde » publiait aujourd’hui, sous la plume de Jean-Michel Normand, un portrait de Vincent Peillon.

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Dans un parti dominé par une rivalité entre deux femmes, Vincent Peillon est une des rares figures masculines à s’être hissée sur l’avant-scène socialiste. Le lieutenant de Ségolène Royal a pris son autonomie pour se transformer, au lendemain du congrès de Reims, en chef d’un courant de moins en moins ségolâtre. Après avoir scellé un rapprochement avec la majorité constituée par Martine Aubry, il s’est posé en trait d’union entre la première secrétaire et l’ancienne candidate à l’élection présidentielle.

En quittant, sous la pression des amis de Martine Aubry, sa terre d’élection picarde pour prendre la tête de la liste PS des européennes dans le Sud-Est, Vincent Peillon, 48 ans, a également alimenté le vent de fronde que font souffler certains grands élus, mécontents du choix des candidats. Qualifiant sa désignation de « crève-coeur » tout en précisant que le Sud-Est était « la seule destination où (il) souhaitai(t) aller », l’eurodéputé a fait ricaner nombre de ses adversaires. « S’il s’agit d’une maladresse, je la revendique ; je n’allais pas dire que j’étais ravi de quitter ma région ! En ce moment, mes sentiments sont ambivalents, pourquoi ne pas le dire ? », lance-t-il.

Vincent Peillon cultive les contrastes, voire les contraires. L’agrégé de philosophie, spécialiste du socialisme prémarxiste, est aussi un redoutable homme d’appareil. Là où le dirigeant socialiste se contente en général de quelques citations de Jaurès, lui cite Merleau-Ponty, Edgar Quinet ou Pierre Leroux, l’inventeur du terme « socialisme ». Reste qu’au PS, où les théoriciens n’ont jamais bénéficié d’un grand prestige, c’est davantage Peillon l’apparatchik que l’agrégé de philo – qui, pour ses 12 ans, reçut comme cadeau d’anniversaire de sa grand-mère le Discours de la méthode de Descartes – qui a fait sa pelote.

Lire la suite de ‘Vincent Peillon, philosophe d’appareil (Le Monde)’

Ouverture du 1er réseau social militant à gauche

Chers(es) Camarades,

Début janvier, lors du lancement de son site internet, l'équipe de
"L'espoir à gauche" avait annoncé, dans un souci de renouvellement des
pratiques politiques, la mise en ligne prochaine du 1er réseau social militant et socialiste. C'est chose faite aujourd'hui avec l'ouverture de "notre.espoir-a-gauche.fr" !

Ce nouvel outil "e-militant" se conçoit comme un espace d'échange,
de convivialité, une plate-forme de réflexion et d'action, utile à la
gauche dans son ensemble et au Parti socialiste en particulier.
L'inscription à ce réseau social a pour objectif de permettre à
tout militant ou sympathisant de participer, individuellement mais
aussi et surtout collectivement, à la rénovation de nos idées, à celle
de notre projet
.

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 Pour ce faire, le réseau social "notre.espoir-a-gauche.fr" met à votre disposition des groupes
de discussion structurés en diverses thématiques, que vous pouvez
d'ores-et-déjà investir, selon vos domaines d'expertise, selon les
expériences que vous souhaitez partager, selon les sensibilités qui
sont les vôtres
. Il vous permettra également de nouer des liens au
sein de la communauté des "e-militants" et, très prochainement, il
s'enrichira de nouvelles fonctionnalités : photos, vidéos, agenda
militant…

Nous vous invitons donc dès à présent à rejoindre les sympathisants
et militants de gauche qui se sont d'ores-et-déjà inscrits à notre.espoir-a-gauche.fr

Amitiés Socialistes et Rénovatrices

« Docteur Vincent et Mister Peillon, la double vie d’un intellectuel » (La Croix)

Lacroixmini



Vendredi dernier, le quotidien "La Croix" consacrait, sous la plume de Mathieu Castagnet, une double-page à l'itinéraire politique de Vincent Peillon. En voici la retranscription.

Professeur de philosophie, il aborde
presque par hasard les rives de la politique. Entre la plume et l’action, le
porte-parole de Ségolène Royal pendant la présidentielle est aussi à l’aise
pour parler philosophie que pour disséquer les courants du Parti socialiste

Voilà un homme paradoxal. Capable de produire des livres érudits sur
l’histoire des idées philosophiques et tout aussi à l’aise dans la mêlée des
courants du Parti socialiste.

Vincent Peillon peut, dans une même conversation, disserter sur les acquis de
la Révolution française et disséquer les coups bas de ses camarades.
S’enthousiasmer sur la réédition d’un livre rare et s’appesantir sur les
équilibres internes d’une obscure section des Bouches-du-Rhône. Citer les
auteurs classiques et multiplier les petites phrases assassines.

Docteur Vincent et Mister Peillon, un intellectuel et un homme d’appareil. Deux
facettes qui ont souvent dérouté les socialistes et ceux qui les observent.

L'amour de la
sagesse

Pour comprendre la complexité de Vincent
Peillon, il faut revenir à la philosophie, là où plongent les racines de sa
formation intellectuelle. Son goût pour les idées, raconte-t-il, vient d’une
tradition familiale et de rencontres marquantes.

Côté famille, il affiche un père « banquier et communiste » et une mère
chercheuse. Il souligne aussi combien il fut marqué par sa grand-mère
maternelle, « juive et républicaine, avec la passion de la France ». « Elle m’a
offert pour mes 12 ans des livres de Bergson et les Principes de médecine
expérimentale de Claude Bernard. Vous voyez le genre… »

Côté rencontre, deux personnages vont lui ouvrir les portes de la philosophie.
Le premier est le père d’un de ses amis de classe. « Aimé Patri est un type qui
m’a fasciné dès le début. C’était un philosophe caricatural, petit, avec une
canne, trônant au milieu d’une immense bibliothèque. »

L’autre personnage sera un ami de la famille, Jean-Pierre Vernant, historien,
spécialiste de la Grèce antique. « Un grand résistant, un grand militant, très
engagé dans la vie de la cité. » Inspiré par ces deux modèles, Vincent Peillon
se plonge dans les délices de la philosophie, jusqu’à l’agrégation et au
doctorat. « Durant toute ma jeunesse, la philosophie a été mon continent
intérieur, meublant toute ma vie. »

Peillon traîne
sa plume au milieu des éléphants

Vincent Peillon, alors, est encore loin des
rivages de la politique. Il va les aborder presque par hasard, au tout début
des années 1990. C’est d’abord Pierre Moscovici qui repère ce professeur à
l’école normale de la Nièvre, au moment où Lionel Jospin occupe le ministère de
l’éducation nationale. Des contacts se nouent.

Ensuite, il se voit approché par Henri Weber, un des lieutenants de Laurent
Fabius, qui cherche une plume pour son patron. Un agrégé de philosophie,
évidemment, cela fait sérieux. « C’était l’occasion d’arrondir mes fins de mois
tout en découvrant un monde nouveau. » Désireux de ne pas le voir filer à la
concurrence, Pierre Moscovici le récupère alors pour le remettre dans la
galaxie de Lionel Jospin. Ce sera aux côtés d’Henri Emmanuelli, alors président
de l’Assemblée nationale.

Le voilà à l’Hôtel de Lassay « avec pour la première fois de ma vie un beau
bureau et une secrétaire ». Il écrit les discours et « travaille autour de
l’idée républicaine pour un livre que prépare Henri Emmanuelli mais qui ne
verra jamais le jour ».

Jospin, Fabius, Emmanuelli. En quelques mois, Vincent Peillon côtoie trois des
éléphants qui vont marquer la vie interne du PS au fil des décennies. Il prend
alors sa carte « par correction » au moment même où le parti sait qu’il va
toucher le fond. « C’est le prêt Bérégovoy, l’affaire Urba, le sang contaminé…
» Inéluctable, la défaite aux législatives de 1993 vire à la déroute.

Victime collatérale, Vincent Peillon est renvoyé bon gré mal gré à son métier de
professeur de philosophie. « Cela me passionnait, mais j’avoue que j’avais pris
goût à la politique. » Il saute donc sur la proposition de coordonner les
travaux du groupe des experts du PS, piloté par Dominique Strauss-Kahn. La
double vie continue. « Je donne mes cours et je fonce ensuite avec ma vieille
voiture rue de Solférino où personne ne sait vraiment ce que je fais. »

L'avenir dure
longtemps

L’idée de sortir de l’ombre et de passer à
l’action le démange, d’autant que le congrès du PS approche. Il commence par
rédiger un texte qui a vocation à rassembler tous ceux qui veulent rénover le
parti. « Mais ils se défilent, alors je décide de continuer tout seul ou
presque. » La contribution s’appelle « L’avenir dure longtemps », titre
emprunté à un philosophe, évidemment, en l’occurrence Louis Althusser.

Alors que tout le PS fait bloc derrière Henri Emmanuelli, la motion des jeunes
rebelles recueille néanmoins 8 % des voix. Dans un PS qui vit au rythme des
rapports de force établis dans les congrès, Vincent Peillon a gagné ses galons.
« À 34 ans, j’entre au bureau national, j’arrive au milieu des barons du parti
alors que je n’ai ma carte que depuis trois ans. »

Voilà l’homme d’idées devenu homme de parti. Un prolongement naturel,
assure-t-il : « Les philosophes marquants sont ceux qui ne se sont pas
contentés de l’érudition, qui ont choisi de se mêler aux autres, d’inscrire
leur conscience dans la cité. »

Entre les deux mondes, toutefois, le choc s’avère brutal. « En philosophie, on
raisonne de façon positive, on s’efforce de toujours trouver du sens à ce que dit
l’autre. La politique, c’est exactement l’inverse. Chacun caricature la pensée
de l’autre. Tout le monde ne voit que le pire, soupçonne derrière chaque geste
des intentions mauvaises, des ambitions personnelles. »

L'Europe : un
non qui voulait dire oui

Vincent Peillon, pourtant, va creuser
méthodiquement son sillon. Dans le sillage de Lionel Jospin, il sera la plume
du candidat pour la campagne de 1995. Il revendique d’ailleurs d’être l’auteur
de la formule « droit d’inventaire » utilisée pour se démarquer des périodes
d’ombres de François Mitterrand. « Je l’avais mis plusieurs fois dans des
ébauches de discours. Il ne l’avait jamais reprise. Et puis tout à coup il se
lance, justement le jour où j’avais amené mes enfants au meeting. ça fait
quelque chose. »

Après la défaite honorable du candidat socialiste, il se cherche un fief
électoral. Ce sera la Somme, où il est élu député en 1997. « Merci Chirac et la
dissolution ! » Lionel Jospin entre alors à Matignon ; lui prend ses quartiers
rue de Solférino et devient en 2000 porte-parole du PS. Mais l’aventure de la «
gauche plurielle » finit un certain 21 avril 2002, dès le premier tour. Dans la
foulée, il perd l’élection législative.

Vincent Peillon, qui n’a alors plus aucun mandat, fait un bref retour dans le
monde des idées, au CNRS, où il poursuit ses recherches sur Ferdinand Buisson,
en vue d’un livre à paraître prochainement. Mais la politique ne le quitte plus
et il profite des élections européennes de 2004 pour se reconvertir en député
européen. Une opportunité plus qu’une vocation. « Il m’a fallu un peu de temps
pour appréhender l’importance de ce mandat, comprendre combien la question
européenne est devenue centrale. »

Ces années seront aussi marquées par les déchirements du PS sur la construction
européenne. Opposé au traité constitutionnel, Vincent Peillon estime avec le
recul « que notre non qui portait l’exigence de plus d’Europe n’a pas été
compris». Sans doute, admet-il, « parce qu’il s’est mélangé avec des voix
anti-européennes, y compris au sein du PS ».

L'envie de
responsabilités

Présent à Strasbourg, Vincent Peillon fait
aussi fructifier son Nouveau parti socialiste (NPS), le courant qu’il a créé
avec Arnaud Montebourg. Au congrès du Mans, en 2005, pourtant, leur tandem vole
en éclats. La rupture reste douloureuse. « Maintenant on se serre la main, mais
guère plus », regrette-t-il.

Vient ensuite le temps de l’alliance avec Henri Emmanuelli et Benoît Hamon. Le
trio explose avant la présidentielle, lorsque Vincent Peillon prend parti pour
Ségolène Royal dans la course à l’investiture présidentielle.

Jusqu’alors plutôt classé à la gauche du PS, le choix de Vincent Peillon en
faveur de la candidate de « l’ordre juste » surprend. Lui assure être resté
cohérent. « Depuis que je suis au PS je plaide pour la social-démocratie et la
rénovation. Ségolène était et reste toujours la plus à même de l’incarner »,
insiste-t-il.

Porte-parole de la candidate durant la campagne présidentielle, il ne rechigne
pas à se faire son « porte-flingue », fustigeant les « malfaisants », dénonçant
le « vol » lors du scrutin où Martine Aubry devance d’un demi-cheveu Ségolène
Royal… « C’était le congrès. Cette page est tournée », minimise-t-il
aujourd’hui.

Toujours partisan de l’ancienne candidate, même s’il se dit « parfois surpris
par sa façon de fonctionner », Vincent Peillon a repris sa liberté. Chef de
file de L’espoir à gauche, le courant qui fédère les « royalistes », il estime
que sa génération « doit maintenant prendre ses responsabilités ». Après avoir
si longtemps arpenté le salon des idées comme les cuisines de la politique, il
aspire ouvertement à jouer les premiers rôles.

Mathieu CASTAGNET

* * *

CONTREPOINT


Jean-Louis BOURLANGES : "Vincent
Peillon, Un
esprit libre"

(ancien député européen et ancien vice-président de l’UDF)
 

« J'ai de la
sympathie pour Vincent Peillon car, avec quinze ans de moins que moi et une
efficacité bien supérieure, il vit en perma­nence la compatibilité difficile de
la liberté de l’esprit et de l’engagement partisan. Je parle d’esprit libre et
non d’intellectuel. Pour l’intellectuel, “de gauche, forcément de gauche”, les
idées sont des armes et les livres des dépôts de munitions. Il en va tout
autrement de l’esprit libre : à ses yeux la lecture est un havre, une
parenthèse de civilisation dans un monde de brutes. Comme moi, Vincent Peillon
préfère le train à l’avion, pour une raison simple : on y est tranquille
suffisamment longtemps pour lire, songer et causer en toute quiétude. Le train
Paris-Strasbourg, c’est pour lui deux heures vingt de Bergson et de Léon
Bourgeois interjetés entre le sérail pour étrangleurs de la rue de Solferino et
l’agitation brownienne du Parlement de Strasbourg.

 

Les intellectuels sont nombreux en politique
et sou­vent produisent le pire car ils ont le double défaut de se prendre pour
Dieu le Père, ce qui, quand on ne l’est pas, porte à l’abus de pouvoir, et de
vouloir plier à toute force le monde réel dans les moules préfabriqués de
l’idéologie. Le risque de telles dérives est épargné à l’esprit libre mais il
ressent à l’inverse toujours et partout le sentiment aigu de l’imperfection des
cho­ses et de l’inaccomplissement du désir. Corneille du socialisme, Vincent
Peillon aime son parti tel qu’il devrait être et non tel qu’il est.

 

L’intellectuel chérit la simplification
rassurante du monde que procure l’engagement. Ce confort, et le cortège
d’horreurs consenties dont il est le prix, sont refusés par l’esprit libre. Celui-ci
vit douloureusement l’amputation permanente qu’impose à ses rêves et à ses
affections une réalité tristement réductrice et abusi­vement polémique. Hussard
transcourants d’un parti dont il chérit les multiples visages sans jamais pouvoir
s’arrêter à l’un d’entre eux, Vincent Peillon aime trop les socialistes pour
s’identifier durablement à une partie seulement de ce grand tout qu’il a voulu
embrasser.

 

Or, voir de l’autre côté, c’est déjà ne plus
être tout à fait du sien. Peillon a suivi Jospin et Fabius, apprécié Arnaud et
réprouvé Montebourg, initié Benoît Hamon et emboîté le pas à Ségolène Royal. Il
a voté non à la Constitution européenne tout en pensant dire oui à l’Europe. Face
à la guerre des détaillants, il a la sagesse olympienne du grossiste. Sa
chance, ce serait d’être un jour l’homme de tous les socialistes. Son risque,
de n’être celui d’aucun d’entre eux. Bonne chance Vincent ! »