5 mars 2009
Vincent Peillon était ce jeudi à Marseille aux côtés de ses futurs
colistiers, pour parler d’Europe et préparer le lancement de la campagne
des élections européennes du 7 juin prochain.
2 mars 2009
Vincent Peillon a répondu ce matin aux questions de François Tonneau pour le quotidien "La Provence". Il s'est exprimé sur sa désignation comme tête de liste PS de la grande circonscription Sud-Est en vue des élections européennes de juin prochain.
"La Provence" : Cette nomination est-elle vraiment un "crève-coeur" ?
Vincent Peillon :
Je fais de la politique en vérité et en sincérité. Pendant quinze ans,
j'ai travaillé dans le Nord-Ouest où j'ai tissé des liens importants.
J'ai utilisé le mot "crève-coeur", oui, mais il y a une deuxième partie
à cette phrase: j'avais envie de passer à autre chose. On m'avait
proposé l'Est et le Centre, mais le Sud-Est est la seule région où je
souhaitais et où j'ai accepté d'aller.
- Pour quelles raisons ?
V.P. : Chez
vous, j'ai trouvé des gens sincères. Je suis très heureux de l'accueil
et de la loyauté de personnes telles que Jean-Noël Guérini, qui a
montré qu'il était aussi un grand dirigeant national.
– Il dit toutefois vouloir s'en tenir à ses ambitions locales…
V.P. : Il
est très attaché à Marseille et à son département. Cela lui permet
d'avoir un rôle de sage au niveau national. Même s'il n'en a pas envie,
il le joue de facto. Quant à Patrick Mennucci, je lui fais une totale
confiance. Il sera mon directeur de campagne. Je serai dès demain dans
le Sud-Est et jeudi à Marseille.
- Vous n'en voulez donc pas à Martine Aubry d'avoir insisté pour cette nomination ?
V.P. :
Elle considère qu'après le départ de Michel Rocard, cette région que je
connais bien méritait une attention particulière. Elle a une importance
économique et une tradition socialiste fortes. En outre, il y a ici une
vraie volonté politique d'ouverture.
- Les plaies du Congrès de Reims sont-elle refermées ?
V.P. :
Cette page est tournée. On a souhaité un rassemblement sur les
Européennes. Rassemblement qui, par rapport au contexte de la crise et
de cette échéance, est indispensable. L'épisode est clos, même si ces
batailles laissent des traces. Personne ne se serait attendu à ce qu'on
soit allé si vite. Je suis content que le parti soit en ordre de
marche.
- On a cru comprendre que vous vous détachiez de Ségolène Royal…
V.P. : Nous
sommes nombreux à l'avoir aidée. Nous formions le premier collectif du
parti lorsqu'elle était candidate. Ni elle, ni nous ne sommes enfermés
dans un courant pour autant. Il y a de l'amitié et du respect avec
Ségolène Royal, que je verrai demain matin. Mais nous gardons toute
notre liberté. La seule préoccupation est l'intérêt de la gauche et du
PS.
- Quel est votre objectif pour ces Européennes, dont vous serez aussi porte-parole national ?
V.P. :
En France, on ne parle pas assez d'Europe, c'est regrettable. L'Europe
joue pourtant un rôle déterminant, y compris au niveau local. Je ferai
une campagne dans ce sens, l'objectif étant de faire le mieux possible.
Nous allons attirer les regards. Nous ferons un grand meeting national
à Marseille.
- Que pensez-vous du mot "parachutage" ?
Il ne me plaît pas. L'Europe ne s'arrête pas aux frontières d'une région, les idées socialistes non plus.
Par François Tonneau