Archives du mois de février 2012

« Nicolas Sarkozy avance les yeux dans le rétroviseur »

Invité du journal de 13h sur France 2, Vincent Peillon réagit au discours de Nicolas Sarkozy sur l’éducation : le discours d’un candidat qui n’aime ni ne comprend l’école.

« Un discours attristant »

Sur France Info, Vincent Peillon analyse le discours de Nicolas Sarkozy sur l’éducation, la veille à Monpellier. Un discours « hors-sujet » et « attristant » qui révèle une profonde méconnaissance de l’école de la part du président sortant (voir également le communiqué de presse ci-dessous).


V.Peillon (PS) : Sarkozy est « hors sujet » sur… par FranceInfo

« Nicolas Sarkozy ne s’intéresse pas à l’école »

A l’occasion du discours de Nicolas Sarkozy sur l’éducation, Vincent Peillon débat avec Luc Chatel sur le plateau de Ruth Elkrief (voir également le communiqué de presse ci-dessous).

Education : Nicolas Sarkozy hors-sujet

Communiqué de presse de Vincent Peillon

Ce soir, à Montpellier, Nicolas Sarkozy a été la caricature de lui-même et n’a pas ménagé non plus la caricature des autres.

On comprend mieux les échecs, connus de tous, de la politique mise en œuvre depuis 2007 : le président sortant ne comprend visiblement rien à l’école. Il ne sait pas de quoi il parle. Il vante les internats d’excellence qui ne représentent que 0,04% de l’ensemble des établissements scolaires français (26 établissements sur 64 000) et n’accueillent que 0,02 % des élèves. Il vante la création des Etablissements de Réinsertion Scolaire (ERS) qui ne prennent en charge qu’une petite centaine d’élèves. Il parle d’augmenter la présence des adultes dans les établissements, mais vient de supprimer 77 000 postes en cinq ans. Il confond autonomie des équipes pédagogiques, voulue par la gauche, et caporalisme du chef d’établissement. Il se félicite du recul de l’échec scolaire, alors que toutes les évaluations sérieuses montrent malheureusement le contraire et la dégradation de notre système scolaire en la matière.

Nicolas Sarkozy ne défend pas plus « l’école pour chacun » que « l’école pour tous » – une fausse opposition – mais défend « l’école pour quelques-uns ». Pas un mot en revanche sur les vrais sujets.

Rien sur l’école primaire, alors que l’on sait que c’est là que se joue l’essentiel des apprentissages fondamentaux et donc de la lutte contre l’échec scolaire. Rien sur la maternelle, où le taux de scolarisation des moins de 3 ans s’est effondré, passant les 10 dernières années de 35% à 11%, sortant ainsi 150 000 enfants du système scolaire. Rien sur les rythmes scolaires et éducatifs, alors que la semaine de 4 jours généralisée dans son quinquennat a profondément affaibli notre école. Rien sur la formation des enseignants, que son gouvernement a pourtant détruit et sans laquelle aucun progrès ne pourra s’accomplir. Rien sur les lycées professionnels, qui concernent pourtant des centaines de milliers d’élèves.

Devant tant d’oublis, on serait tenté de sourire si le sujet n’était pas si grave, l’enjeu si important pour notre avenir commun. Manifestement, le Président n’a aucune autre ambition pour l’école que de poursuivre l’œuvre de destruction qui fut la sienne pendant cinq ans. Quant au « travaillons plus pour gagner plus », ce fut le clou de son discours, mélangeant mépris à l’égard des enseignants et à l’égard des Français qui ont reconnu là une très vieille promesse dont les uns et les autres savent ce qu’elle est devenue.

 

 

« Nous manquons de professeurs »

Vincent Peillon répondait ce matin aux questions de Bruce Toussaint sur Europe 1. Il revient avec lui sur les approximations et les contre-vérités de Nicolas Sarkozy sur l’éducation.


« Mieux payer les enseignants, on a déjà eu le… par Europe1fr

Education : les chiffres extravagants de M. Sarkozy

Qui est le démagogue dans cette élection ?

Communiqué de presse de Vincent Peillon, responsable du pôle Education, jeunesse, enseignement supérieur et recherche

Pour justifier son bilan calamiteux sur l’Education nationale, le président sortant a, ce matin, une fois de plus menti aux Français. En affirmant qu’il y avait un peu plus de 400 000 élèves de moins dans l’Education nationale depuis dix ans et 45 000 professeurs de plus, Nicolas Sarkozy a pris ses rêves pour des réalités et avancé des chiffres totalement fantaisistes, qui illustrent bien son mépris profond du débat démocratique.

Le recueil de données « Repères et références statistiques », publié très officiellement par l’Education nationale, et les séries statistiques de l’INSEE, permettent de rétablir la vérité :

- les effectifs d’élèves (premier et second degrés) sont passés de 2000 à 2010 – c’est à dire la période évoquée par Nicolas Sarkozy – de 12,166 millions à 12,017 millions ; soit une diminution de 149 000 élèves … très loin des 400 000 évoqués par le président sortant ;

- dans le même temps, les effectifs des personnels enseignants (public et privé, premier et second degrés) sont passés de 989 890 en 2001 à 928 458 en 2011, soit une diminution de 61 432 postes de professeurs ; et ce, sans compter les 14 000 suppressions de postes supplémentaires à venir pour la rentrée prochaine, ou les 35 000 postes de surveillants supprimés sur la même période.

Ces chiffres officiels ne font que confirmer ce que tout le monde savait déjà. Les Français ne sont d’ailleurs pas dupes. La réalité des fermetures d’écoles, de classes, les classes surchargées, les enseignants non remplacés, les dispositifs de soutien qui disparaissent, tout cela ils le vivent au quotidien. La véritable démagogie, la véritable extravagance, c’est de le nier. « L’école appartient au peuple », nous dit également le président sortant. Il aurait été bien inspiré de s’en rendre compte plus tôt. Il devrait d’ailleurs faire attention : les enseignants font aussi partie du peuple et il est dangereux de les désigner, après tant d’autres Français, à la vindicte de leurs concitoyens.

François Hollande consacrera les moyens nécessaires à une véritable refondation de l’école. La création de 60 000 postes d’enseignants, de médecins scolaires, de psychologues, de surveillants, d’éducateurs spécialisés… sera priorisée pour répondre aux véritables besoins, notamment dans le primaire et l’éducation prioritaire, et faire réussir tous les élèves. Elle sera au service de grandes réformes dont la République a besoin.

« Pour l’école, on met tout sur la table »

Extraits de l’entretien de Vincent Peillon à Mediapart, à retrouver dans son intégralité sur le site de Mediapart.

François Hollande a appelé à une refondation de l’école. Le mot est fort. Mais que signifie-t-il quand on sait que l’Education nationale a connu une réforme par an environ depuis trente ans ?

Depuis dix ans, le terme de réforme a surtout servi à habiller des régressions. La « réforme » de la formation des enseignants a consisté en sa suppression. La « réforme Darcos » généralisant la semaine de 4 jours a consacré le « toujours moins d’école ». D’où la grande lassitude des personnels mais aussi des parents d’élèves. Mais il y a une deuxième raison à ce rejet : l’absence de vision éducative, de sens, autre que budgétaire ou managériale, de nos gouvernants.

Il ne s’agit pas pour nous de proposer une énième réforme ou un ajustement à la marge du système. Il s’agit de poser les bases d’un nouveau départ pour l’école, aujourd’hui terriblement fragilisée. Cette volonté de refondation – le mot est fort en effet – est inédite depuis le plan Langevin-Wallon (les vastes réformes de l’Education du Conseil National de la Résistance) !

En dehors des questions essentielles de moyens, il faut aujourd’hui des réformes de structure, et des réformes qui doivent être conduites ensemble. Car tout se tient : comment peut-on changer les rythmes scolaires sans poser la question des pédagogies ? Comment peut-on poser la question des pédagogies sans poser celle du métier enseignant, de la formation des professeurs ?

Il faut une vision d’ensemble. Il faut aussi, si on veut réussir, un projet qui peut être porté par tous. Cela passe par une concertation dans laquelle la question du sens, des finalités, des objectifs est abordée de manière cohérente et sincère. Et cette concertation doit être conduite avec tous et dans la transparence. Le découpage « lamelle par lamelle », l’arrachage « petite peau après petite peau » a fait son temps. Nous n’avancerons pas masqués. Nous ne nous cacherons pas derrière des subterfuges administratifs, des prétextes budgétaires, ou notre petit doigt comme cela se fait depuis trop longtemps. Nous posons toutes les questions en même temps. Nous mettons tout sur la table.

Enfin, la dernière idée, c’est que l’on ne peut rien faire pour l’école s’il n’y a pas un engagement des plus hautes autorités de l’Etat, et donc de celui qui pourrait être président de la République lui-même. On a bien vu que, même quand les finances publiques étaient dans un meilleur état et si le président ne portait pas lui-même cette question, le pilotage restait purement budgétaire.

[…]

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