« Le choix de l’école est un choix de société »
Face à Christophe Barbier sur i>TELE, Vincent Peillon réagit aux récentes déclarations du président de la République, en particulier sur l’éducation. « Ses mots, qui sont des mensonges, n’habilleront pas la réalité : dans tous les classements internationaux sur la performance des systèmes éducatifs, la France sombre depuis 2002« , souligne-t-il. « Alors que Nicolas Sarkozy croit que chaque mot est un acte, François Hollande redonne à la politique son sérieux« .
Vous pouvez retrouver le verbatim intégral de cet entretien sur le site d’antennerelais (qu’il soit ici remercié pour ce travail).
Peillon recadre les voeux de Sarkozy à l’éducation par antennerelais

Chaque semaine, par courriel, vous m'adressez de nombreux textes. Morceaux choisis parmi ceux qui apportent le plus au débat.



























Bonjour,
je suis sympathisant et électeur de gauche, et sensible à la personnalité de Vincent Peillon.
Je souhaite réagir autour du sujet sensible et complexe de l’éducation, en lien avec les orientations scolaires professionnelles.
Il se pose je crois un problème de fond à la gauche, déjà assez ancien : le malentendu du corps enseignant en général sur l’orientation vers les métiers. Depuis longtemps, beaucoup trop d’enseignants, malgré leur engagement et leur talent, ont tendance à penser que les métiers techniques sont la voie d’orientation par dépit…
Depuis que j’ai été moi-même confronté à cet état d’esprit, dans les années soixante, pour ma propre orientation, je crois que la mentalité souterraine des enseignants n’a pas beaucoup évolué. La pensée de gauche des intellectuels qu’on écoute est assez muette sur la valorisation des métiers, et plus largement sur la noblesse des artisans, entrepreneurs, qui sont un peu hors champ des médias. On parle à la rigueur du savoir-faire français dans les domaines du luxe, mais pour le reste, un silence lourd laisse dans l’ignorance beaucoup d’enseignants du secondaire qui voient la réussite dans les professions intellectuelles, avant tout.
On se plaint ces temps-ci de la faiblesse des entreprises en France, comparée à l’Allemagne…(!!!)
Hormis cette fixation hystérique d’un certain président, je pense qu’une révolution culturelle est à engager dans le milieu enseignant français, afin de faciliter et anoblir l’accès des jeunes à l’entreprise technique… et à terme, créer un germe de mentalité qui pourra peut-être encourager une forme de fierté reconnue par la culture intellectuelle de l’hexagone.
L’éducation est indissociable de l’avenir des jeunes dans la vie adulte, et on saura peut-être un jour mettre en phase l’éducation et l’emploi ? La réflexion-constat qui précède est probablement un fondement de la réussite future de l’éducation.
Je suis un témoin de ce vaste problème… j’ai suivi (il y a longtemps !) une formation technique, alors que mes profs voulaient me diriger vers une fac de lettre… j’ai depuis travaillé en formateur technique en alternance pendant dix ans, et j’enseigne depuis douze ans dans une école supérieure privée, qui recrute ses enseignants chez les professionnels ! (domaine : communication visuelle)
J’ai pour ma part beaucoup d’admiration pour les entreprises qui produisent, avec ingéniosité, et qui mettent leur intellect au service du savoir-faire…
Je serais heureux que Vincent Peillon, que je respecte particulièrement pour sa personnalité a priori responsable (y compris dans son avenir ministériel), soit tenu au courant de cette réflexion, modeste, mais à mon avis très importante pour l’évolution des mentalités.
Merci d’avance pour m’avoir lu, et beaucoup d’espoirs pour bientôt (enfin) !!