« L’UMP a tant copié la politique du FN que les électeurs ont fini par préférer l’originale »
Lundi 15 mars, Vincent Peillon participait à l’émission « Les Grandes gueules » sur RMC. Il s’est exprimé, entre autres, sur le succès de « tout le Parti socialiste » et les raisons du score du FN lors des élections régionales, rappelant que « le meilleur rempart contre le Front national, c’est le Parti socialiste ainsi que les progressistes ».
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Pour retrouver les vidéos de son interview, rendez-vous sur le site de RMC, en cliquant ici.

Chaque semaine, par courriel, vous m'adressez de nombreux textes. Morceaux choisis parmi ceux qui apportent le plus au débat.























Ayant suivies attentivement vos interventions, je dois dire que vos prises de position sont réalistes, fondés. Votre expression politique est claire et votre message atteint son but. Malheureusement, ce n’est pas le cas du reste des leaders socialistes. Ceci étant dit, un rapprochement avec Martine AUBRY permettrait de tisser des liens socialistes évidemment et de confirmer vos propres idées novatrices.
Remarque importante: le discours des leaders socialiste n’est pas fondé philosophiquement.
Voir l’article « Let’s get the real thing » sur notre site http://www.cec-elections.org où le 8 décembre 2009 nous avons prédit le choix fait par l’électeur de droite pour les candidats du Front National.
Conception et utilisation discutable d’un sondage.
L’on a beaucoup cité un sondage publié dans « les Echos » du 22 mars 2010. Ce sondage a pour titre : « les conséquences des élections régionales sur la politique économique et sociale – les retraites et le déficit – la taxe carbone … ». En réalité, toutes les questions posées portent essentiellement sur les réformes, et l’ensemble manque de clarté.
Or, pour bien comprendre l’esprit dans lequel ont répondu les sondés, il aurait fallu savoir si le sondeur leur avait, au départ, lu le titre du sondage, car ce titre mentionne deux sujets auxquels les Français attachent de l’importance : les retraites et le déficit. Mais, la première question posée interroge sur « les réformes » sans autres précisions. Les réponses vont dans le sens d’une continuité de celles-ci : 50 %.
- Selon que le titre du sondage leur a été communiqué avant ou non, le mot « réforme » prend un sens bien précis (retraites, déficit) ou non.
- Même si l’interrogé n’a pas été au courant du titre général du sondage, le mot « réforme » en soi a une connotation positive. Ce mot est le contraire de l’immobilisme, et le citoyen souhaite un homme politique averti et actif.
Pour la question, à savoir si le Président tiendra compte du résultat des élections régionales, les sympathisants de droite répondent à 43 % « non », et à 53 % « oui », ce qui indique qu’ils considèrent que les régionales avaient une signification nationale. Pour la gauche, il en va autrement, le raisonnement est tout autre. Elle est convaincue certes de la victoire nationale (voir les déclarations), mais elle n’attend rien du Président : 65 % de « non ».
En page11, est posée la question sur les retraites et les déficits publics. Il s’agit maintenant de questions qui intéressent. La majorité des sondés souhaite qu’elles soient traitées dans les semaines qui viennent, surtout dans les mois qui viennent, et quand même 22 % (pour les retraites) dans les années qui viennent. Les citoyens interrogés perçoivent la difficulté de la tâche.
En page 13, il est question de la taxe carbone. L’on trouve un équilibre entre droite et gauche sur la modification ou l’abandon. La modification l’emporte de peu – cette question est certainement moins connue. La taxe est complexe, et seules les autorités locales, qui perdront la taxe professionnelle, la comprennent. De toute façon, le réchauffement climatique et l’influence de l’être humain (si réchauffement climatique il y a) sont de plus en plus contestés. L’on pourrait se trouver devant le canular du siècle, et dans ce cas Dame Nature doit nous contempler avec un sourire ironique.
Ce sondage n’apporte guère de renseignement précis, et n’est-il pas plus opportun de se replonger dans certaines études ou évènements internationaux. Nous faisons référence à l’étude de Budge et Farley : « Explaining and predicting elections » – George Allen et Unwin – 1983, qui insiste sur le fait que toute intervention, réforme, modification devraient être présentés moins dans leur entité, mais sur tout ce qui représente un intérêt immédiat pour l’électeur. Celui-ci souhaite la stabilité et la prospérité – trop de changements l’irrite – nous y ajouterons « le désordre ».
Autre exemple venu d’ailleurs : Vatican II – l’Eglise Néerlandaise représentait une force sociale bien structurée et active. Elle a pris à la lettre l’esprit de réforme de Vatican II – enquêtes sur des sujets scabreux, réunions, activités débordantes. L’électeur du Parti Catholique n’a pas apprécié, et le parti a perdu, en l’espace de trois élections générales, la moitié de ses suffrages qui étaient jusque là d’une régularité exemplaire. Arrivé là, le parti, en tant que tel, a disparu pour reparaître en tant que « Démocrate Chrétien » avec deux des partis protestants qui avaient souffert du désordre politique. Le trouble de ces années a vu la création de petits partis ( proportionnelle oblige) D 66 – D 72 – les chiffres représentaient la date de création des partis.
Certes, le citoyen cherche de la réflexion et de l’action chez ses dirigeants, mais encore faut-il respecter ceux-ci. Que pense la France profonde du « tourisme sexuel », de campagnes nationales, qui peuvent remettre en cause la situation de minorités bien intégrées dans notre patrie ?
La gestion d’un Etat ne doit-elle pas éviter les bouleversements, mais mener à des choix pris dans le calme et la sérénité ?
Ce sondage apparaît donc comme conçu pour présenter une situation politique assez loin de la réalité en mélangeant des généralités positives alors que disparaissent les « réformes » liées à la création intempestive de commissions, d’inspirations qui mènent à des déclarations puis disparaissent laissant le citoyen perplexe devant la ligne directrice des autorités qui nous gouvernent.