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« La circulaire Guéant est une blessure pour l’identité de la France »

Vincent Peillon était ce matin l’invité de Pascale Clark sur France Inter pour développer les propositions de François Hollande sur l’éducation. Retrouvez l’intégralité de cet entretien :


Vincent Peillon par franceinter

« Investir dans l’école, c’est investir dans l’avenir de la France »

Vincent Peillon répond aux questions d’Emmanuel Davidenkoff sur le projet de François Hollande pour l’école.

 

Il n’y a pas qu’une seule politique possible

Vincent Peillon était ce jeudi l’invité de 20’12, l’émission politique de lexpress.fr et slate.fr. Cliquez ci-dessous pour en retrouver l’intégralité en vidéo.

« La priorité à la jeunesse portera dans tous les domaines de l’action gouvernementale »

Entretien de Vincent Peillon à la Fédération Nationale des Élus Socialistes et Républicains.

François Hollande a souhaité mettre la jeunesse et l’éducation au cœur de sa campagne, comment cela se traduit-il ?

François Hollande s’est engagé à faire de la jeunesse une grande cause nationale. Il a pris la responsabilité d’en faire la clef de voûte de son projet présidentiel.

Cela se traduit tout d’abord dans un engagement pour l’école. En blessant l’école, la droite a abîmé la France : presque 10% des effectifs enseignants ont été supprimés en 5 ans, les inégalités s’accroissent, la scolarisation des plus petits régresse. Le gouvernement essaie de cacher son échec mais le constat est désormais partagé : la dette éducative de notre pays se creuse comme jamais ; une dette dont nous paierons le prix à long terme . C’est là le sens des 60 000 postes nouveaux proposés par François Hollande. Il n’est pas vrai que l’on puisse faire mieux avec moins lorsque l’on part, dans tant de territoires et d’établissements, de si peu et il n’y aura pas de réelle refondation de l’école sans que nous nous en donnions les moyens.

Mais cette priorité à la jeunesse portera dans tous les domaines de l’action gouvernementale : démocratiser l’université en réformant la licence, repenser la vie étudiante autour du concept de parcours d’autonomie, lutter contre le fléau du chômage des jeunes avec le contrat de génération…

Plus spécifiquement, sur les questions d’éducation, quelles seraient les priorités de François Hollande une fois élu ?

François Hollande s’est engagé devant les Français. Il fera adopter une loi de programmation sur 5 ans, élaborée en concertation avec l’ensemble des acteurs de la communauté éducative, syndicats, mais aussi parents d’élèves et grandes associations.

Notre ambition pour l’école s’articule autour des piliers suivants : priorité à la lutte contre l’échec scolaire, ce grand gâchis français qui laisse tant de nos jeunes sur le bord du chemin et qui grève notre compétitivité ; priorité au primaire et aux zones les plus en difficultés, car c’est à partir de là que nous gagnerons la bataille pour l’égalité ; priorité à la reconstruction d’une formation des professeurs, initiale et continue, digne de ce nom.

Nous voulons refonder l’école de la République, pour refonder la République par l’école.

« La nation toute entière doit se mobiliser autour de son école »

Entretien de Vincent Peillon au Café Pédagogique.

Etes-vous sorti de la phase des consultations avec les acteurs de l’Ecole ? Sinon quand publierez-vous le programme Hollande pour l’Ecole ?

François Hollande est candidat à l’élection présidentielle. Il va proposer un projet pour la France. Dans ce projet, il a annoncé qu’il veut mettre un terme à la crise de l’avenir qui ronge notre pays, l’affaiblit, le désunit. Au cœur de cette ambition il y a l’école, non seulement parce qu’elle est au fondement de notre identité républicaine, mais parce qu’elle est la France de demain. Edgar Quinet disait de l’écolier qu’il est le « messager de l’avenir ». En abandonnant l’école, la droite a sacrifié notre avenir. Nous voulons retrouver le sens du progrès, la promesse républicaine, et nous savons que l’école est le vecteur pour le faire. Il appartient à François Hollande de donner du sens, de fixer une orientation, de défendre des valeurs, pas  seulement d’écrire un programme. 

D’où la deuxième volonté de François Hollande, celle de passer un nouveau contrat entre l’école et la nation. Cette idée n’est pas rien. Il s’agit de dire que l’école est l’affaire de tous, le bien de tous, qu’elle relève de l’intérêt général, et que donc tout le monde doit prendre en charge cette œuvre qui est une œuvre de refondation républicaine. C’est la nation toute entière qui doit se mobiliser autour de son école. C’est un choix de valeur et un choix de société.  Nous voulons porter le projet d’une société qui replace la connaissance, le savoir, l’avenir, la justice, la laïcité au cœur du pacte républicain  C’est dans cette perspective que François Hollande a souhaité que je puisse rencontrer, avec tous ceux et toutes celles qui m’entourent, l’ensemble des acteurs pour baliser ce que pourra être cet acte de refondation dont il avait précisé au salon de l’éducation qu’il devrait prendre, pour commencer, la forme d’une loi de programmation votée à l’automne.

Une première série de consultations est terminée, mais d’autres vont se poursuivre à travers des groupes thématiques pour approfondir plusieurs points et voir jusqu’où on peut aller. C’est un travail sérieux, discret, approfondi, respectueux des rôles de chacun, mais qui dit bien combien nous partageons tous la volonté de conduire ensemble ce redressement national autour et à partir de notre école. François Hollande aura à proposer son projet pour la France, et sa vision de l’école républicaine du XXI siècle, sans doute dans les premières semaines de 2012, et il aura plusieurs occasions de préciser ce projet jusqu’en mai.  

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« Il faut politiser l’Europe »

Interview de Vincent Peillon pour la Revue de l’Union européenne, par Florence Chaltiel.

Quelle différence faites-vous entre la fonction de député européen et celle de député national ?

Députés européens et nationaux remplissent les mêmes rôles, qui sont ceux de tout parlementaire : voter le budget, légiférer et contrôler le pouvoir exécutif. Le Parlement européen et l’Assemblée nationale présentent cependant des différences notables, particulièrement du point de vue de leur culture parlementaire ; différences qui sont essentiellement liées aux natures très dissemblables des régimes politiques – l’Union européenne d’une part, la République française de l’autre – dans lesquels ils s’inscrivent. Le fonctionnement de l’Assemblée nationale, élue au scrutin majoritaire, est relativement binaire : la majorité d’un côté, qui décide de tout ; l’opposition de l’autre, qui peut s’exprimer mais finalement réduite à l’impuissance. Les députés européens, eux, sont élus au scrutin proportionnel : aucun groupe politique ne détient donc la majorité à lui seul. De plus, des clivages « nationaux » se superposent aux clivages politiques, ce qui rend les groupes beaucoup moins homogènes et disciplinés qu’en France. Pour dégager une majorité, des alliances sont donc nécessaires – qui sont d’ailleurs changeantes selon les votes – et doivent être construites par la recherche de compromis rassembleurs. Car il ne faut pas oublier que le Parlement européen n’est pas seul législateur : partageant ce pouvoir avec le Conseil, il doit savoir surmonter ses oppositions internes pour se montrer, autant que possible, uni face aux Etats. Pour le député en charge d’un texte, l’élaboration de ces compromis constitue une bonne part de son travail. On peut également relever que les parlementaires européens, malgré le – ou peut-être à cause du ! – nombre relativement limité de domaines dans lesquels ils possèdent un véritable pouvoir, jouent beaucoup plus leur rôle de législateurs que leurs collègues français, qui se concentrent essentiellement sur leur rôle de contrôle du pouvoir exécutif. Les textes de loi français sont écrits dans les cabinets ministériels ; le Parlement européen, lui, peut réécrire entièrement une proposition de la Commission !

On pourrait citer d’autres différences, plus anecdotiques : par exemple, l’inutilité de tout talent oratoire au Parlement européen du fait de la traduction en plusieurs langues, ou encore une ambiance de travail beaucoup plus détendue qu’au Palais Bourbon, où continuent de régner des mœurs quelque peu surannées.

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« Une grande réforme pour refonder l’école »

VousNousIls – Vincent Peillon, député euro­péen (PS), est chargé de l’éducation dans l’équipe de cam­pagne de François Hollande, can­di­dat socia­liste à la pré­si­den­tielle. Il entame, ce lundi 5 décembre, une série de ren­contres avec le monde ensei­gnant. Entretien.

Si le PS revient au pou­voir en 2012, quelles seront les mesures d’urgence pour l’école ?

Il faut d’abord par­tir d’un diag­nos­tic. Le sys­tème sco­laire est confronté à des pro­blèmes struc­tu­rels : des temps sco­laires inadap­tés, qui ne favo­risent pas les appren­tis­sages, un échec sco­laire qui croît, de nom­breux élèves qui sortent du sys­tème sans qua­li­fi­ca­tion, des per­for­mances décli­nantes, des inéga­li­tés de réus­site crois­sante. Or les choix qui ont été faits ces der­nières années, au lieu de résoudre ces pro­blèmes, les ont accrus : on a divisé par trois l’accueil des jeunes enfants à la mater­nelle, on n’a pas fait les efforts néces­saires sur le taux d’encadrement au CP et en pri­maire, on a sup­primé la for­ma­tion des ensei­gnants, on a fra­gi­lisé les zones où se cumulent les plus grandes dif­fi­cul­tés… La consé­quence logique de cette œuvre de des­truc­tion, jus­ti­fiée par une approche comp­table mais sur­tout idéo­lo­gique, c’est une dégra­da­tion de la qualité pédagogique.

Face à cette situa­tion, nous avons un double objec­tif : cas­ser le noyau dur de l’échec sco­laire et mettre en place une réforme incluant la for­ma­tion des ensei­gnants, une remise à plat du temps sco­laire et des pro­grès concer­tés sur les méthodes et le métier. Les élec­tions ont lieu en mai, tout ne se fera pas immé­dia­te­ment. François Hollande l’a dit : les dés pipés de la ren­trée 2012 auront déjà été jetés par la droite. Il y aura quelques mesures d’urgence pour pal­lier le plus dif­fi­cile et réta­blir une confiance néces­saire. En revanche, nous pré­pa­re­rons dès l’été, en concer­ta­tion avec tous les acteurs de l’éducation, une loi de pro­gram­ma­tion qui devra être votée à l’automne.

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