« Un grand plan pour l’e-éducation »

Invité du chat « Elysée 2012″ de L’Internaute, Vincent Peillon explique que le numérique à l’école peut constituer « un incroyable facteur de progrès pédagogique » et déplore que la majorité sortante ait raté ce tournant fondamental pour l’avenir de nos enfants. Il propose, en cas de victoire de la gauche, « un grand plan pour l’e-éducation, pas simplement pour acheter des ordinateurs (…) mais essentiellement pour donner des contenus pédagogiques et apprendre aux enseignants, parce que cela s’apprend« .

Retrouvez ci-dessous des extraits de son intervention et l’intégralité de ce chat vidéo sur le site de L’Internaute.

 

 

    6 commentaires à l'article “« Un grand plan pour l’e-éducation »”


    1. Alexandre R.

      Cher Vincent,

      pour soutenir depuis longtemps votre action politique et suivre vos commentaires avec le plus grand intérêt, je me permets de vous faire part de mon étonnement, suite au visionnage de cette dernière interview.

      Le B2i n’est pas une formalité dont tous les enfants en classe de troisième se moquent, loin de là. De nombreux professeurs (de lettres classiques, notamment), passent des dizaines d’heures auprès de leurs élèves dans le but de les aider à apprendre le maniement des outils informatiques, et encore bien davantage à valider par le biais d’une interface informatique vieillie l’ensemble des « compétences » que vous semblez moquer.

      Tous les élèves de troisième n’ont pas les moyens de se servir d’un ordinateur chaque soir chez eux, cette validation des compétences en informatique peut paraître futile, mais ne l’est pas pour tous.

      J’ajoute qu’il est des professeurs qui maîtrisent aussi bien que possible l’outil informatique, et la transmission de ce savoir n’est pas honteuse, n’est pas risible, lorsqu’elle permet à un nombre non négligeable d’enfants d’avoir accès à une compétence que leur niveau social leur interdit.

      Ne doutant pas qu’il s’agissait d’une simple absence de préparation de votre part, de prise de recul insuffisante ou comme vous voudrez, j’espère que bien vite vous vous pencherez sur l’organisation du B2i, sur ses effets positifs, avant de réitérer ce type d’intervention pour le moins méprisante.

    2. Marc Terrisse

      Le B2i calque un système complètement usé qui guide aujourd’hui la pédagogie indigente de l’école et de l’université en France : reproduire des connaissances ou apprendre et recracher. Les grandes écoles atteignent au passage la paroxysme de la tête bien pleine. La place faite à l’innovation, à la créativité est beaucoup trop faible et c’est en cela que l’enseignement des TIC en France n’est pas adéquat. Vincent Peillon a critiqué avec raison le B2i. Développer la créativité à l’école, c’est offrir aux citoyens de demain le sens de l’initiative, de l’innovation. Or, du concours administratif en passant par le concours des grandes écoles, du brevet au bac, on se base sur une évaluation des connaissances d’une autre époque, ennuyeuse et bien peu épanouissante pour l’individu.

      Un post a également souligné le conservatisme des enseignants à l’égard de toutes réformes. C’est en effet une réalité. Les enseignants sont issus d’un système lui-même conservateur, le chemin vers les nouvelles formes de pédagogie ne passe logiquement que par une minorité d’entre eux…

    3. Véronique Rivière

      Monsieur Peillon,

      Je suis rééducatrice, ce qui signifie que je travaille dans un RASED (réseau d’aides spécialisées aux élèves en difficulté) comptant psychologue scolaire, rééducateurs et maîtres E chargés de l’aide pédagogique spécialisée. Mon action se porte sur le travail de restauration, chez l’enfant, de l’estime de soi, l’appétence scolaire, la confiance en soi, le désir d’apprendre… seul ou dans des petits groupes.
      Depuis plusieurs années, insidieusement, nous avons vu les postes RASED fermer un à un, au fur et à mesure que nos collègues partaient à la retraite, au fil des redéploiements à moyens constants, carte scolaire après carte scolaire, où les RASED étaient littéralement décimés.
      Nous ne sommes déjà plus assez nombreux pour répondre aux demandes d’aide des enseignants des classes, des familles, des enfants eux-mêmes et pour que notre travail soit efficace. Mais d’autres fermetures, drastiques, s’annoncent pourtant. Et dans notre département, il est prévu que soient fermés plus de la moitié des postes RASED représentant plus de la moitié des fermetures totales de postes. Cette hémorragie met en péril le fonctionnement de l’Ecole dans sa globalité et transforme la vision que l’on peut avoir du service public.
      Ce sont ainsi, dans les villes et dans les campagnes de toute la France, des centaines, des milliers, des dizaines de milliers… d’enfants, les plus fragiles bien sûr, qui resteront sans aide adaptée, au bord de la route, de la société, parce que leurs difficultés passagères se transformeront inéluctablement en échec scolaire.
      La rhétorique gouvernementale autour de l’aide personnalisée, qui équivaudrait aux aides spécialisées des RASED, n’est qu’un leurre. On ne peut avoir formé pendant plusieurs décennies des enseignants à des professions spécifiques pour leur annoncer, sous prétexte de restrictions budgétaires, que l’on n’a plus besoin d’eux, que leur spécialité n’est plus reconnue !
      Il n’est pas possible non plus d’orienter vers des prises en charge privées, tous les enfants aidés par les RASED. Qui paierait ? Et si aucune aide spécialisée mise en œuvre à l’Ecole, non médicale, n’est apportée, que deviendront ces mêmes enfants ?
      Ainsi, nous voici en 2012, à la veille d’élections majeures ! Et décisives ! Parce que les enjeux sociaux et sociétaux, économiques, écologiques, financiers… sont énormes et surtout, parce que espoir et désespoir se côtoient de près.

      Nous vous demandons de vous engager de manière claire, sur un moratoire de toutes les fermetures de postes dans l’Education Nationale et en particulier, de maintenir les postes RASED, d’en ouvrir autant que nécessaire, pour des prises en charge efficientes de TOUS les élèves, de tous les milieux, de tous les départements… pour que chaque enfant ait une chance de réussir sa scolarité.

      Véronique Rivière – rééducatrice – RASED Haut-Rhin

    4. DELVOLVE

      Le grand oublie dans l’Ecole est les conditions de vie et de travail des eleves. Quand comprendrons-nous que le jeune a des limites?
      Quand ferons-nous un lien entre decrochage scolaire et les violences que vivent les jeunes dans les etablissements scolaires?
      L’ergonomie affirme que tous les choix organisationnels techniques imposes aux eleves doivent leur permettre de faire ce metier extrement complexe qui est celui de l’eleve.
      A quand l’ergonomie au secours des élèves?
      Nicole Delvolve
      Ergonome du systeme scolaire
      auteur de :
      Tous les élèves peuvent apprendre, Ed hacjhette Education, 2005
      Stop à l’échec scolaire, Ed De boeck, 2010.
      blog:
      reussite-pour-tous.overblog.fr

    5. BRAUNBARTH Noëlle

      Monsieur Peillon,

      Ma collègue rééducatrice, Mme Rivière, ayant parfaitement recontextualisé les RASED, et suite à la fermeture des mon poste,je souhaite agrémenter son texte de quelques chiffres, spécialités E , G et psychologues confondues:

      Rentrée 2008: 13 946 personnels de RASED
      Suppressions 2009: 1500 personnels de RASED
      Suppressions 2010: 1800 personnels de RASED
      Suppressions 2011: 774 personnels de RASED
      Suppressions 2012 prévues: 1296 personnels de RASED

      Personnels survivants sur poste de RASED: 8576

      Outre l’arrêt de l’hémorragie des aides spécialisées aux élèves en difficultés, quelles sont vos intentions, en ce qui concerne la formation de nouveaux maîtres spécialisés, le rétablissement de ces aides, sous forme des RASED ou sous une nouvelle forme, et dans quelle proportion numéraire?

      Vous remerciant de votre réponse, qui, j’en suis persuadée, ne restera pas une vaine promesse électorale.

      Noëlle BRAUNBARTH – maître E – RASED du Haut-Rhin

    6. abel monniet

      J’ai été très intéressé par votre interview sur Mediapart, concernant votre « Projet pour l’école » et je vous remercie.
      J’apprécie l’importance que vous mettez sur l’évaluation mais j’ai été surpris que vous ne l’accompagniez pas de la régulation qui en est en quelque sorte son pendant, empêchant que cette évaluation ne soit considérée que comme un vulgaire contrôle.
      C’est ce que j’ai retenu des différents cours auprès de Mr le Professeur Jean Jacques BONNIOL spécialiste de « l’évaluation-régulation » et des « coordinations », qui était aussi directeur du département « Sciences de l’éducation » à l’Université de Provence. Très bon formateur par ailleurs.
      Je suis sûr qu’il pourrait vous aider dans votre réflexion.
      Vous priant de m’excuser de mon audace.
      Bien respectueusement